‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 64 sur 91 · LOT REN · texte numérisé non relu

LOT REN

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Dans le monde supérieur, le souverain administre au moyen des lettres dont l’ensemble forme le nom ineffable de Dieu; celui qui peut imaginer quelque chose de ces lettres ‘voit s’ouvrir devant lui le grand mystère; celui qui en est privé reste dans l’aveuglement de l’ignorance, de l'oubli, de la stupidité, de la préoccupation, en face des quatre forces spirituelles.

Les Mazdékites s'étaient divisés en quatre sectes, qui, du temps des khalifes de Bagdad, étaient les Kôdhakites qui habitaient en Susiane, dans le Fârs et dans les montagnes du Kurdistan, à Chabrizour, les partisans d’Abou-Mosiim, les Mâhânites, et les Ispéd-djâmékites dont le nom indique qu’ils portaient des vêtements blancs ; ces trois dernières se rencontraient en Sogdiane et dans le Turkestan.

[ Tous les novateurs socialistes et communistes posent des | règles qui ne pourraient être mises en pratique que par des sociétés de saints ; mais il y a partout des êtres vicieux, des paresseux, des criminels nés, et la Perse n’échappa pas àce sortcommun des utopistes :la lie du peuple s’empara avidement de ces théories égalitaires ; il s’ensuivit des désordres tels que le pouvoir politique dut s’en mêler et extirper la nouvelle. secte. Toutefois, comme nous l’ayons vu, ce ne fut qu’au début j du règne de Chosroës [®% que la royauté se sentit assez forte pour lutter contre le communisme.

Mazdek avait, lui aussi, un livre que nous n’avons plus, mais que les Arabes ont connu, puisqu’on en cite deux traductions, l’une par Ibn-el-Moqaffa' et l’autre par Abân el-Lahiqt (1).

BiH-AFRin.

A l’époque d’Abou-Moslim, le protagoniste de la dynastie

suiv. Cf,, Zeitschr. d. deutsch. morgend. Gesellschaft, t. XXII, p. 531 suiv. et CV, t. IT, p. 232 suiv., où la traduction de Haarbrücker est reproduite incomplètement. dia :

(1) Ibn-en-Nadtm al-Warrâq, Fihrisi, éd. Flügel (Leipzig, 1872), t. I, p. 118 et 163 ; cf. t. Il, p. 342. * Fe CE ER

abbasside, un individu né à Zoûzen se manifesta dans un endroit nommé Sérâwend, dans le district de Khwäf, province de Nichâpoûr. Îl se nommait Bih-Afrid, fils de Mähforoûdhin. Après avoir séjourné en Chine pendant sept ans, il en rap- Portä des curiosités, et parmi celles-ci une chemise de soie si fince ét si flexible qu’en la roulant elle pouvait tenir dans le creux dè la main. Étant monté dans un temple pendant la nuit, il en descendit au matin et fut aperçu par un paysan occupé à labourer son champ; il raconta à cet homme que, pendant son absence, il était monté au ciel, qu’on lui avait montré le ciel et l’enfér, que Dieu l’avait inspiré, l'avait revêtu de cette chemise et l'avait envoyé sur la terre. Le paysan crut à ses paroles et raconta aux gens qu’il avait été témoin de sa descente du ciel. Îl trouva des adhérents parmi les Mazdéens.

Il admettait la doctrine de Zoroästre, bien qu’il en différât par certains rites. Il affirma recevoir des révélations célestes, et institua sept prières, la première à la louange d’un seul ins. eue à la création et à É “DouttiLS des animaux, la quatrième se rapportant à la mort, la cinquième au sujet dé la résurrection et du jugement dernier, la sixième à propos des élus et des damnés, la septième en l'honneur des habitants du paradis. Il composa un livre en langue persane, et ordonna à ses sectateurs d’adorer la substance du soleil en me = tant ‘un genou en terre, de toujours se tourner vers cet astre en quelque “endroit | qu’il se trouvât, de laisser pousser leurs cheveux, de renoncer ; marmotter les patenôtres ou zamzama pendant le dîner” de ne pas sacrifier le petit bétail à moins qu’il ne fût déjà décrépit, de ne pas boire de vin, de ne pas manger la chair des animaux morts subitement, d’évitet le Xhwéiuk-das ou mariage entre proches parents, et de ne pas dépasser, en constituant un douaire à leurs femmes, la somme de quatre cents dirhems. Il ordonnait de consacrer le

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septième de la propriété et du revenu du travail à l'entretien des ponts et des routes.

Dénoncé à Abou-Moslim, quand celui-ci vint à Nichapour, par les chefs de la communauté zoroastrienne, celui-ci envoya un de ses lieutenants le combattre; le réformateur | fut arrêté dans les montagnes de Bâdghis et amené devant Abou-Moslim, qui le fit mettre à mort, ainsi que ceux de ses | partisans sur lesquels on put mettre la main. Il en resta

| néanmoins quelques-uns, qui racontaient que leur prophète : | était monté au ciel sur un cheval bai brun, qu ’il en redescen- | drait de la même façon qu'il y était monté et tirerait venes geance de ses ennemis.

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