RITES ET CÉRÉMONIES
Les Persans donnent aux Mazdéens lépithète d’étechpérèst, « adorateur du feu ». Le culte adressé au feu est en effet ce qui frappe le plus les étrangers dans l’ensemble de rites qui constitue la partie extérieure de la religion zoroastrienne. Le feu est le symbole d’Ahura-Mazdâ ; peut-être faut-il y voir le débris de croyances naturistes auxquelles se sera superposée une foi venue d’ailleurs. Le feu brille sur Pautel devant lequel se tient Darius, et le Dieu suprême plane au-dessus, dans les airs. Le baresma, sorte de faisceau de licteur, composé de baguettes de bois assemblées, que Voffiéiant tient à la main, était connu de Strabon (1), ainsi que le petit voile (païtidana, panôm) Wé autour de la bouche du prêtre, pour ne pas souiller le feu de son souffle.
La préparation de la boisson tirée du haoma et la consécration de ce breuvage sacré forment le point central du culte mazdéen. Il s’y joint l’eau bénite (zaothra), le sacrifice du lait et du beurre, la distribution des dons (myazda) et l’offrande des pains de sacrifice (draonah). La cérémonie du nirang consiste dans la consécration de l’urine de vache (gao-maéza) employée dans toutes les purifications. Les sacrifices sanglants mentionnés par Hérodote et les traditions locales ont entièrement disparu du rituel mazdéen.
De soigneuses purifications sont prescrites aux fidèles. Tout vase, tout ustensile, tout vêtement qui est le moins du monde souillé est immédiatement mis de côté et attentivement netintitulée Qiçça-r Sendjän, qui a été traduite en anglais dans le Journal of the Bombay Branch of the Asiatic Society, t. 1, p. 167-191. Cf. également Dosa- 8HAI FRAMJ1 KAREKA, Hisiory of the Parsis. 2 vol., Londres, 1884; SEERVAï
et PATEL, Gujarat Parsis, Bombay, 1898 ; D. MENANT, Les Parsis, Paris, 1898. (1) xv, 15, D 733.
toyé et purifié en le frottant avec de la terre et de l’eau mélan-
__, gée d’urinede vache, ou en l’enterrant dans le sol pourun temps — déterminé. Il est resté quelque chose de cet usage dans les
habitudes des musulmans chiïtes, qui ont soin de briser immédiatement toute vaisselle qui a été touchée par un être impur, c’est-à-dire n’appartenant pas à leur croyance ; de là la difficulté pour les voyageurs de se faire servir à manger dans certains villages chiïtes, les pauvres paysans reculant à l’idée de sacrifier leur dernière vaisselle en donnant l’hospitalité au mécréant de passage.
Le dakhma, appelé par les voyageurs européens Tour du Silence, est un édifice d’un caractère particulier ; c’est un enclos de forme ronde, entouré de hautes murailles, dont le sol est divisé en cases où l’on expose les corps des défunts, que les vautours ne tardent pas à venir déchiqueter. Quand il ne reste plus que des os desséchés, on rassemble ceux-ci dans un ossuaire. C’est le cimetière zoroastrien. On les construit généralement à l’écart des villes, dans les montagnes.