Nom» de tribus et de fractions kurdes
coup rapide ; la tête sanglante roule sous les pas de mon cheval ; mes gens s'emparent de la bête, que leur attribue la coutume persane. Le propriétaire, Séham-os-Soltan (la flèche du souverain), chef de police à Saoudj-Boulak, a confié à son oncle Sacdoun Agha l'administration de son bien. Les 80 maisons du petit village descendent vers la ravine, bordée de peupliers ; au delà, remontent vignobles et melonnières ; plus haut, les étables, dont le toit aigu s'enfonce dans la montagne. La maison du maître possède une galerie et un étage, meublés de tapis, de feutres et d'étoffes brunes à dessins noirs. Le repas est servi sur de grands plateaux : des pilaus, où des baies d'épines-vinette se mélangent au riz ; des ragoûts ; des kébabs, enfilés sur de longues tiges de fer et enveloppés de feuilles de pain ; des chirinis (bonbons) ; des bols de sirops et de laitage ; puis du café turc et des tchibouques à fumer.
Le chemin, à peine tracé, suit les pentes ; le village de Khatchi marque l'entrée de la large plaine où les deux rivières, venues du Sud, le Tatavou et le Djigatou, coulent parallèlement vers le lac d'Ourmiah ; quelques champs isolés de ricin et de coton ; un lac desséché recouvre d'une tache blanche les abords de Kerbé1 Réza Khan. Parmi les cavaliers et les paysans qui se pressent autour de nous, à côté du mouton qu'on égorge, le « joli garçon » du lieu, vêtu d'un pantalon rouge et d'une tunique verte, les cheveux longs et flottants, exécute une danse engageante, au son du tambour et de la flûte. Le village à 300 maisons, tout proche du Tatavou, qui forme la limite