PRÉFACE VII
qui a bien voulu revoir les orthographes persanes, contenues dans ce livre, et M. G. Hutin, géographe-adjoint du ministère des Affaires Étrangères, qui a dressé la carte ci-jointe.
La vieille Perse achève de mourir ; une nouvelle est en train de naître. L'avenir dira si la révolution persane est capable de créer dans l'Orient Moyen un état de choses définitif. Seuls parmi les musulmans, les Persans ont l'avantage de former une nation compacte, douée des plus éminentes facultés naturelles. La déformation chiite de l'Islam, l'évolution des sectes issues du soufisme y peuvent faciliter le progrès des réformes. La race est patriote et sent vivement l'opportunité de l'heure actuelle, où le consentement des puissances intéressées, paraît favoriser la constitution d'un tampon solide entre les ambitions atténuées des empires de l'Asie.
La révolution persane, qui dure déjà depuis deux années, se prolongera, sans doute, longtemps encore. Le temps n'est plus des bouleversements rapides et l'évolution de l'Orient Moyen devra se faire aussi lente que celle de la Russie, dont, par la force des choses, les destinées réagissent sur les siennes. Le libéralisme persan est né dans un groupe restreint de mollahs philosophes et de gens cultivés, mis en contact avec l'Europe; l'appel, qu'ils ont fait à notre culture, leur attire