‹ La Perse en automobile, à travers la Russie et le CaucaseChapitre 16 sur 35 · DE RES HT A TEHERAN · texte numérisé non relu

DE RES HT A TEHERAN

e qualité a une vingtaine de gens au moins dont la seule occupait de s'accroupir sur leurs talons pour se raconter d’intermila Mes histoires* Jl faut à chaque courtisan deux tentes, l une dans ^ quelle il couche, l'autre qui est envoyée en avant pour le camp lendemain; ses domestiques ne se passent pas de tentes non lls * Il emmène plusieurs chevaux de selle, et autant de palefren] eis que de chevaux, des chameaux, des mulets pour porter les j s mobilier des tentes, de nombreux tapis, luxe de tous ^ plus indispensable à un Persan, tapis de Kerman, d’Yesd ou ïspahan, qu'à la halte on étendra sur le sol ; deux ou trois malles " UI '^quelles sont peints en couleurs vives des ornements ou des UlSl comme le voyage se fait à travers le désert, des provisions 01 Vent êtres emportées. Enfin un millier de soldats veille sur la séc urité du Chah,

b voyage pour arriver au chemin de fer russe demande deux

car Sa Majesté n’aime pas faire plus de vingt kilomètres par

• Encore, à ce train-là, elle s’essouffle. Lorsqu’elle arrive dans

v il les comme Kaswyn ou Resht, elle s ? y repose pendant plusieurs jours*

Au bord de la Caspienne, le Chah ne prend pas le bateau* 11

laui t ht nier et, d'une façon générale, Peau, Une diseuse de bonne

lU cinlire, voulant sans doute s'amuser aux dépens de Sa Majesté,

a prédit qu’il mourrait par Peau. Et dès lors le Chah évite la

Ies rivières et même les ruisseaux. Nous avons traversé le

J ourdab ; le Chah 11 'ose s‘y risquer* Il prend une route sablonneuse

H 11 on vient de tracer et qui mène avec un immense détour a LnzelL

automobile en profitera*

ha diseuse de bonne aventure doit rire lorsqu'elle voit le Chah énoncer à traverser sur Bakou par un des excellents vapeurs de la C °mpaguie russe et entreprendre par terre le pénible voyage le long ^ la Caspienne sur une route à peiné tracée, à travers le pays le Phis fiévreux de Perse, 11 faudra au Chah trois semaines pour arriver c brizeli à Bakou où un bateau l’aurait mené en quinze heures.

C est à la Iroutière russe qu’il laissera quatre mille cinq cents Personnes, sans compter les chameaux et mulets* Il ne restera qu une cinquantaine de ministres et courtisans pour l'accompagner en Europe. Celte armée de courtisans, de domestiques qu'il traîne avec

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lui est redoutée par les populations des pays qu'il traverse. Les domestiques du Chah portent un uniforme éclatant, niais ils ne sont que rarement payés* Sans doute estime-t-on qu’endosser 1 uniforme impérial est un honneur suffisant. A eux de se tirer d’alfeire- Àussi quand on les voit arriver, les habitants s’enfuient; et les c h a ~ meliers quittent la route avec leurs chameaux et leurs mulets*

La note moderne et délicieusement baroque de ce tableau es donnée par rautomobile du Chah, car le Chah a un automobile a vapeur et deux mécaniciens français.

A quoi lui sert son auto?

Rien ne serait plus satisfaisant que de voir le Pôle de 1 Univers » adopter la façon la plus rapide et la plus nouvelle de voyager, monter en auto à Téhéran pour faire en une journée les trois cent cinquante kilomètres qui séparent la capitale de la mer Caspienne-

II serait beau que Sa Majesté fût l’homme le plus « vite » de sou empire. On peut imaginer les légendes que créerait ce peuple crédule autour d’un souverain qui aurait h extraordinaire pouvoir d’être le matin à Téhéran et le soir à Resht.

Le Chah n'a pas compris cela. En outre, il a mal aux reins*

Il se sert de l’automobile comme vous et moi nous servirions

d'une petite voiture à bras pour malade. Il se promène dans ses y n" dins. Sur route, il ne couvre que vingt ou vingt-cinq kilomètres par jour. Encore ne les fait-il pas en une demi-heure, fl faut que les soldats qui Lentourent puissent suivre la voiture au pas.,*.

Ainsi le Chah, parti à sept heures du matin en automobile pom un voyage de huit cents kilomètres, s'arrête à dix heures en ayant parcouru une vingtaine.

Du reste il alterne et ne prend P auto que de deux jours Lun* J e pense qu’il sera en voiture aujourd’hui pour ne pas effaroucher ses lidèles sujets de Kaswyn,

Vers dix heures, enfin, un coup de canon retentit. Le Chah a franchi la porte de la ville. Aussitôt après nous voyons arriver une nuée de gens à pied et à cheval armés de longs bâtons* Ce sont les ferraches de Sa Majesté qui rangent la foule, laquelle se laisse faire de bonne grâce* Elle ne témoigne du reste que d’une curiosité modérée.

Puis défile un peloton de gens de la maison impériale en livrée

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‘ ca] Iate a bran débours d’or: à leur tête marche un majordome,

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’ t:11 °nne, espèce de pot à tabac à grands favoris, qui brandit Maladroitement une haute et lourde canne de tambour-major à I 0I nme d argent ; puis vient une fanfare à cheval, puis des cosaques eiSans avec , à leur tête, un général rouge comme une écrevisse, puis e ° mie voiture à six chevaux dont la capote d’arrière est fer-

mée > ^ Roi des Rois.»

H est vêtu à reuropéenne ; il est assis de travers, très affaissé ; il '*ttible un vieux notaire de province, fatigué*

j - L can °n tonne, mais la foule ne crie pas* Elle reste indifférente, paiait qu'il en est toujours ainsi. Les Persans n’ont jamais été

en tu *

usiastes des rois ou des chahs qui, depuis vingt-cinq siècles et P 11 i es gouvernent.

De Kaswyn a Téhéran. — Les portes de Kaswyn sont assez pitioiesques, mais les pilastres émaillés, modernes et sans valeur. A au plus fort de la chaleur, nous sommes sur route de nouveau. ° Us rencontrons I.’arrière-garde du Chah et ne cessons de croiser des auieaux et des mulets. La route qui mène à travers le désert jus- C I U à Téhéran, est d'une redoutable monotonie. Pendant des lieues ^ es houes elle s’en va droit devant elle. A gauche, au loin, c'est la ^aîne de l'EIbourz. Là-haut, dans les montagnes, s’élevait autrefois e château du Vieux de la montagne, du chef de ces Haschieliiiis ou bassins qui jouèrent un rôle dans les guerres entre musulmans e f croisés. Là était ce Jardin du Paradis où ses fidèles goûtaient es su btiles et artificielles délices de l'opium.

A droite s'étend le plateau sans fin de ITrau. Pas une forêt, pas Un ar bre; des pierres et des sables à perte de vue. A gauche, les pohaux du téléphone et du télégraphe russe; à droite, ceux du télé- L 1 aphe indo-européen, qui arrive de Tabriz et d'Odessa.

Tous les vingt-cinq ou trente kilomètres, un relais île poste avec Quelques bosquets d’arbres. On perd à chaque lois près d une heure ;l changer les chevaux. Malgré ie passage du Chah, nous sommes assez heureux pour trouver partout des chevaux. Mais les malheufeuses hôtes sont exténuées de fatigue; nous avançons avec lenteur.

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