‹ La PerseChapitre 15 sur 51 · VILLES PRINCIPALES · texte numérisé non relu

VILLES PRINCIPALES

Irak-adjémi

Tabaristan

Grande Médie , Partkie. . . .

Pays des Tapyres, Hyrcanie.

Pays des Tapyres, Hyrcanie.

Pays desGelœ ou.Cadusicns.

Medie Atropatène

ÉJymaïs ou pays d'Alain. . .

Susiane . ..,.....,-.-.-.-

Tehran, Ispahan, Caschan,Kom, Hamadan, Casbin, Zendjan, Soultanieb.

Dama vend, Damegan.

Sari , Amol , Farababad , Ascbraf, Barforouscb, Asterabad.

Rescbt , Enzili.

Mazenderan

Guîhn '. .

Aderbidjan

Curdistan persan.. . .

Tamis ou Tébriz, Oudjan, Méraga, Ahar, Ardébil , Khoï , Selmas, Mianeh,Ourmia, Sabalag.

Kirmanschab , Senneh.

Schouster, Dizfoul, Khouiremabad,

Persis •••.«•••••••

Ahvaz , ou Haviza Goba».

Scbiraz , Istakhar, Mourgab , Fesa on Bessa, Darabguerd, Firouzabad, Cazeroun, Sourma, Yezdkhast, Yezd, Ardjan, Baft, Djaroun, Bender- Abouschehr ou Bouschehr , vulgairement appelé Bouschir.

Lar, Velazguerd, Gomroun ou Bender-

Ltrtslan. ***.«.. t r *

Carmania et tarais

Gannania .....•-..;

Kirman ...........

Âbbasi." Kirman.

Khorasan occidental.

Parihyène , Aria.

Meschehed, Nîscbabottr, Cabouschan.

Tehran. Cette capitale 'est située dans une vaste plaine à trois lieues au sud du mont Albourz , qui la couvre du côté de la mer Caspienne et la garantit des vents du nord. Tehran est à environ vingt-cinq ou trente lieues de la mer Caspienne , et près des ruines de l'ancienne ville de Reï. Pietro délia Valle appelle Tehran la ville des platanes y à cause du grand nombre de ces arbres qu'il vit dans les rues. Sous . les Sopbis, de 1501 à 1721, Tehran était j>eu considérable, quoique cette ville fût déjà la résidence d'un khan et la capitale de la contrée. Vers la fin du siècle dernier, sous le règne d'Aga- Mohammed-Khan , Tehran devint; par des raisons toutes politiques, capitale du royaume de Perse. Cette ville a de quatre à cinq milles de circonférence, et compte, dit-on, cent trente mille habitants pendant l'hiver; le reste de Tannée , la population ne dépasse guère quarante mille âmes : différence énorme, due à l'insalubrité du climat pendant Tété. Les chaleurs, jointes aux vapeurs des marais dont la ville est

entourée, et à la mauvaise qualité des eaux, qui sont d'ailleurs légèrement purgatives, comme presque toutes celles de la Perse, occasionnent des fièvres malignes et putrides, et des dyssenteries souvent mortelles. Pour éviter ces fléaux , les habitants quittent la ville. Les pauvres et les personnes que leurs occupations attachent à Tehran sont les seuls qui y restent : ceuxci même sont dans l'usage d'envoyer leurs femmes et leurs entants dans If s villages des environs passer les deux derniers mois de l'été et le premier de • l'automne.

La ville, qui forme un carré, est entourée d'un mur de terre flanqué de tours et d'un fossé profond. Vers le milieu de chaque face du carré se trouve une porte défendue par une grosse tour ronde placée à trois cents pas ordinaires en avant. Ces portes, ornées d'incrustations et de figures d'animaux , sont hautes et couronnées d'une coupole. Les maisons de la ville, bâties de briques cuites au soleil, sont d'un aspect triste et désagréable. La

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façade ne donne point sur les rues , qui sont étroites et non pavées, ce qui les rend si peu praticables dans les mauvais temps, gu'on ne peut guère les parcourir qu'a cheval. L'intérieur des maisons est disposé d'une manière agréable et commode. Les terrains pour bâtir, qui coûtent peu de chose dans les autres villes de la Perse, sont aussi chers à Tehran que dans les capitales de l'Europe. La planche 36, qui représente la maison de Vamin-eddaula, second ministre de Perse à Tehran , donne une idée exacte de l'extérieur des habitations des Persans de la classe élevée. Cette maison fut habitée, en 1811 , par Sir Gore Ouseley, ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté Britannique en Perse. Le talar ou divankJianeh , saUe ouverte destinée ^aux réceptions, était devenue la salle à manger de l'ambassadeur; à droite, se trouvait la chambre de M. Gordon,, chargé lui-même plus tard d'une mission diplomatique en Russie ; à gauche , et en face de l'appartement de M. Gordon, était une chambre semblable occupée par le savant Sir William Ouseley, secrétaire particulier et frère de l'ambassadeur. Le corps de logis appelé andéroun en persan, et qui se compose des appartements secrets, avait été réservé pour sir Gore et lady Ouseley. Un bâtiment séparé et placé derrière l'hôtel formait l'appartement du spirituel auteur du roman de Hadc(}i-Baba> M. Morier. L'hôtel de l'amin-eddaula avait déjà été occupé antérieurement par le général Gardane, ambassadeur de Napoléon près la cour de Perse. Sir William Ouseley remarqua sur les murs de la chambre au'il occupait plusieurs inscriptions en français, et entre autres les vers suivants:

Les rois De l'antiquité Netcs que Des berot Destée fuient la nege comme les irondelle Pour beat la victoire ennirer n'aroit point Dvlle mais napoléon marche malgré la graille.

Le seul édiûce digne de ce nom est la citadelle, qui renferme le palais du roi, les casernes des gardes, et plusieurs autres bâtiments, tels que la

chambre des archives {de/ter khaneh) , la trésorerie {sandouk khaneh) , le palais du soleil (imaraU khorschid) , où Feth-Ali-Schah recevait les ambassadeurs. C'est aussi dans la citadelle que se trouvent le harem, les bains et les jardins du prince.

La principale mosquée, ou mosquée royale, n'est point achevée. Il y en a six autres petites, mesquines, sans minaret, et deux oii trois medreseh ou collèges. On dit que Tehran renferme cent cinquante caravanserais et autant de bains; mais ce nombre paraît exagéré. £n entrant à Tehran par la porte appelée de Casbin, on trouve un vaste espace plein d'excavations larges et profondes qui conduisent à des habitations souterraines, dont plusieurs servent d'asile à de pauvres familles, et d'autres sont des écuries pour les bétes de charge. C'est là , suivant toute probabilité, qu'il faut reconnaître le village de Tehran, tel qu'il nous est décrit par un écrivain persan du quatorzième siècle.

On fabrique à Tehran des tapis de laine feutrée de toutes les grandeurs, destinés à meubler les appartements, à servir de lit aux voyageurs et à plusieurs autres usages. Ces tapis ne durent pas autant que les beaux tapis pluches que l'on exporte de Perse, et ne sont pas aussi chers, quoique faits avec la laine la plus fine du pays. Les tapis feutrés sont teints en diverses couleurs; mais le plus grand nombre est d'un gris rougeatre, avec un dessin au milieu et aux quatre angles. On fabrique aussi à Tehran de petits objets de peu d'importance, et entre autres des fers propres à garnir le talon des souliers. Le métal en est si doux,

2u'on le travaille presque à froid. Ce 3i* est tiré des montagnes à l'est de Tehran, sur le chemin de Firouzcouh.

A trois milles environ au nord-est de Tehran, on trouve le Takhti-Kadiar, maison de plaisance construite par le roi Feth-Ali-Schah, sur le penchant d'une colline. Ce palais présente de loin une masse imposante, et semble former plusieurs étages; mais, en approchant, on reconnaît une réu-

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nion de constructions différentes placées sur des terrasses, et élevées comme des degrés les unes au-dessus des autres. L'édifice est entièrement bâti de briques et très-inférieur aux constructions des siècles précédents.

L'entrée est peu majestueuse, et se compose d'une simple porte surmontée d'un pavillon. Cette porte donne sur un vaste enclos, dont le milieu est occupé par une grande allée plantée de peupliers et de cyprès. L'édifice construit sur la première terrasse est de forme octogone, et se compose d'arcades à jour et d'un plafond soutenu par des colonnes et terminé par un toit plat. Dans la pièce la plus jolie, qui est placée sur la terrasse la plus élevée , sont réunis des échantillons de peintures sur verre, et de mosaïques représentant des portraits de Persans et de Persanes et aussi de quelques Européennes. Les panneaux des portes sont ornés de passages de différents poèmes persans qu'on y a incrustés.

A un demi-mille environ de Tehran , et dans la même direction que Takhti- Kadjar, il y; a une autre maison de plaisance qui appartient également au roi et qu'on nomme Nigaristan. Le voyageur Ker Porter a vu dans les jardins du Nigaristan des rosiers hauts de près de quatorze pieds.

Nous ne pouvons quitter les environs de Tehran sans parler de Reï, la Rhagès de l'Écriture et d'Arrien. Cette ville, autrefois résidence de plusieurs souverains, était remarquable par ses palais et ses temples maguitiques. Les ruines de Reï sont à environ cinq railles anglais au sud-est de Tehran.

L'emplacement de la ville est marqué aujourd'hui par des excavations et des débris d'anciennes constructions. Une forte citadelle placée sur un roc élevé défendait la ville. En visitant les ruines de Reï , Sir Robert Ker Porter remarqua une tour élevée bâtie de briques et d'une admirable construction , quoique d'une forme singulière. Cette tour est ronde et divisée en vingt-quatre compartiments, qui forment chacun I es deux côtés d'un triangle dont la base

a quatre pieds dix pouees anglais (*).

La surface de cette tour présente us zigzag continuel. Au sommet, il y a une inscription coufique tracée sur les briques(**).Onentredanslatourparuii portique extrêmement orné. La hauteur de cette tour, suivant le calcul de Sir Robert Ker Porter, est d'environ soixante pieds anglais. Maintenant, la partie qui couvrait l'édifice n'existe plus. En dehors des murs de la ville, on trouve encore une autre tour ronde tout à fait semblable à celle dont nous venons de parler, mais entièrement construite de pierres.

Cette tour, moins élevée que la première, est aussi ouverte par le haut.

Son diamètre est d'environ trente-neuf pieds anglais. Le dessin de Préaux, que nous donnons planche 37, repré- ^ sente la première de ces tours.

Ispahan. Cette ville dont le nom se prononce en persan S/ahane ou Isfahane, est située sur la rive gauche du Zendehroud, et au milieu d'une plaine des plus fertiles, des plus productives et des mieux cultivées de la Perse. La ville au premier coup d'oeil

£ résente un aspect très- imposant; les ocages , les avenues , les jardins qui l'entourent, dissimulent l'état de désolation et de ruine de plusieurs de ses anciens quartiers. La plus belle entrée est celle du sud. De ce côté les objets qui frappent d'abord la vue sont des ponts de la plus élégante architecture , mais dont plusieurs tombent en ruine. Celui qu'on appelle pont de Djoulfa et pont (ÏAUqhverdi-Khan excite surtout l'admiration des étran-

§ers. Ce pont a trois cent soixante pas e long et vingt de large. Le milieu est destinéaux cavaliers et aux bétes de somme : on a construit de chaque côté, pour les piétons , une galerie en arcades , large de huit à neuf pieds, haute de vingt-cinq à trente. La plate-forme

(*) Nos lecteurs se rappellent sans doute que le pied anglais fait onze pouces , quatre lignes et demie du pied de roi.

(**) Les lettres couôques ont été ainsi nommées de la ville de Coufa, dans l'Irak, qù , suivant toute apparence, on les inventât

L'UNIVERS

de cette galerie, sur laquelle on peut également passer, est garnie, de chaque côté , de garde-fous hauts de trois piedj et quelques pouces : on y monte par lin escalier construit dans la tour

2ui se trouve à chaque extrémité de i galerie. Tout le pont est bâti de brigues et de pierres de taille calcaires fort dures. On y compte trente-quatre arches fort grandes. *

Quand l'eau du Zendehroud est basse, on peut aussi passer sous les arches du pont. On a pratiqué à cet effet une galerie qui les traverse , et on a pavé tout le ht de la rivière en grandes pierres de taille bien liées entre elles :

quelques-unes s'élèvent au-dessus des autres, à des distances convenables, et permettent à un homme d'y mettre le pied sans se mouiller. On peut voir le dessin de ce pont planches 39 et 40. Du temps.de Chardin il y avait encore à Ispahao un autre pont appelé pont de Hasanabad et pont de Baba- Jlocneddin.Ge pont, d'uneconstruction plus admirable, s'il est possible, que celui d'Allahverdi-Khan , est représenté dans notre planche 46. Voici la description qu'en donne le voyageur

Îiue nous venons de citer : « Près ae ce aubourgest le pontdeBabarouc (*)qui n'est pas moins beau que celui que j'ai décrit, quoiqu'il ne soit pas si grand, à cause que le lit du fleuve est plus étroit en cet endroit. Les deux côtés ne sont pas également beaux , et cela vient de ce que la première face , donnant sur le sérail d'une maison de plaisance du roi , du dedans duquel seulement on peut voir cette face, on ne l'a pas embellie comme l'autre qui est exposée à la vue de tout le monde. Ce pont a cent soixante et dix pas de long et vingt-quatre de large, aveedes chaussées au bout, en talus, de vingt-cinq pas , flanquées de murs de pierre , et terminées par deux gros piliers de marbre brut. Le pont est bâti sur un fondement de grandes pierres de taille, lequel est une fois plus large que le

(*) Il paraît que du temps de Chardin le peuple a'Ispalian disait Dabarouc , au lieu lie Baba-Rocneddin.

pont , et si haut , que , durant Tété , l'eau ne saurait monter au-dessus pour couler sous les arches , mais passe par de grands soupiraux faits à ce fondement, d'où elle tombe en cascade dans son lit accoutumé; ce qui surprend merveilleusement, et produit un murmure tout à fait agréable, surtout lors- 3ue l'on se promène sur ce fondement, 'diïi'on voit et l'on entend l'eau couler sous ses pieds. Les arches sont percées en long , d'un bout à l'autre du pont, à six pieds au-dessus du fondement, et entre les arches il y a des pierres de six pieds de haut disposées de manière qu'on peut traverser le pont par-dessous, même quand l'eau coule à six pieds de hauteur sur le fondement. Le dessus du pont n'est pas moins beau que le dessous Les murs ou parapets , qui sont hauts de plus de douze pieds, sont bâtis en arcades, et percés d'un bout à l'autre dans leur longueur, par une ouverture assez large pour qu un homme s'y puisse promener fort à l'aise. Ces murs sont revêtus de carreaux d'émail dedans et dehors. Le dessus est en terrasse munie d'un double parapet, façonné en jalousies , et si large aussi que trois hommes s'y peuvent promener fort aisément. Au bout du pont il y a quatre beaux pavillons, et au milieu il y en a deux plus grands qui forment une place hexagone, couverte d'un riche plafond, le dessus étant fait en terrasse, par laquelle on va d'un côté du pont à l'autre. Le dedans de ces pavillons est orné de riches peintures et dorures de haut en bas , avec des cartouches qui offrent aux yeux de sages proverbes en vers et en prose. Voici le sens d'un qui est en prose : .

«Le monde est un vrai pont : achève de le passer.

Mesure, pèse tout ce qui se trouve sur le passage :

le mal partout environne le bien et le surpasse.»

Ispahan, qui du temps de Chardin avait douze lieues de tour et six cent mille habitants , nombre que d'autres faisaient monter encore plus haut , est réduite à deux milles d'étendue et à environ soixante mille habitants.

Cette ville paraît comme ensevelie dans ses ruines; il semble, ditMorier,

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