‹ La PerseChapitre 22 sur 51 · RÉVOLTE DES IONIENS · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DES IONIENS

Avant de passer au récit de la révolte des Ioniens , qui fut peut-être la cause et certainement le prétexte de l'expédition de Darius contre la Grèce, il est indispensable de rapporter les circonstances qui placèrent les colonies grecques de l'Asie Mineure sous la puissance des Perses, et d'expliquer la nature des liens qui unissaient les deux Etats.

Les colonies grecques furent indépendantes jusqu au temps de Crésus , roi de Lydie, qui les subjugua et les rendit tributaires. Quand les Lydiens eurent été soumis par les Perses, les Ioniens et les Éoliens envoyèrent des ambassadeurs à Cyrus, qui se trouvait alors à Sardes, pour le prier de les recevoir au nombre de ses sujets, comme avait fait Crésus.. Cyrus leur répondit par l'apologue suivant : « Un joueur de flûte vit un jour des poissons dans la mer; il se mit à jouer, pensant les attirer ainsi sur le rivage. Se voyant trompé dans son attente, il jeta un filet qu'il tira sur le bord avec une grande quantité de poissons ; et comme

(*) Hérodote, liv. rv, chap. 44.

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il vît ces poissons qui sautaient : « Cessez, leur dit-il, cessez maintenant de danser, puisque vous n'avez pas voulu le faire au son de la flûte (*). * Cyrus tint ce discours aux ambassadeurs, parce qu'ayant frit solliciter auparavant les Ioniens d'abandonner le parti de Crésus, il n'avait pas pu les y décider. Ce fut seulement lorsqu'il eut subjugué une grande partie de l'Asie, que tes Ioniens se montrèrent disposés à lui obéir.

Les ambassadeurs rapportèrent à leurs compatriotes la réponse de Cvrus.

Aussitôt les Ioniens fortifièrent leurs villes, et sentant bien qu'ils étaient hors d'état de lutter a eux seuls contre la puissance de Cyrus, ils envoyèrent solliciter le secours et la protection des Grecs d'Europe. Les Lacédémoniehs recurent avec indifférence les ambassadeurs des Grecs d'Asie, et ne voulurent pas consentir à prendre les armes contre les Perses; mais ils tirent partir un vaisseau sur lequel ils embanjuèrent quelques citoyens de Sparte, chargés d'examiner l'état des affaires de Cyrus et des Ioniens. Lorsque ce vaisseau fut arrivé à Phocée, les commissaires lacédétnoniens envoyèrent à Sardes Lacrinès , le plus considérable d'entre eux, pour dire à Cyrus qu'il devait bien se garder de rien faire contre les villes greeques, ou qu'autrement Sparte ne le souffrirait pas.

Cyrus, justement indigné de cette menace, et voulant sans doute marquer tout le mépris que lui inspirait la jactance de l'envoyé de Sparte, demanda avec affectation, à quelques Grecs qui se trouvaient alors auprès de sa personne, quelles gens étaient les Lacédémoniens et à quel nombre d'hommes montait leur armée, pour oser tenir un pareil langage; puis, quand on eut satisfait à cette question, il se tourna vers Lacrinès, et lui dit : « Je n'ai jamais redouté cette espèce de gens qui ont au milieu de leur ville une place où ils s'assemblent pour se tromper les uns les autres par des serments réciproques ; si les dieux me conservent la

(*) Hérodote, liv. i, chap. 141.

santé, ils auront plus sujet de s'entretenir de leurs malheurs que de ceux des Ioniens (*). »

Cyrus ayant ensuite quitté la ville de Sardes, chargea un de ses lieutenants, appelé Mazarès, de soumettre F ftoluie, la Doride et l'Ionie. Mazarès se rendit maître de la ville de Priène, fit une incursion dans la plaine du Méandre et pilla Magnésie. Peu de temps après, il tomba malade et mourut. Harpage, qui lui succéda, réduisit en peu de temps toutes les villes grecques de l'Asie Mineure. Les Ioniens qui habitaient les îles, voyant que la résistance devenait impossible , firent leur soumission. Ce fut ainsi que tous les États grecs des fies et du continent de l'Asie Mineure passèrent sous la domination des Perses. Les Milésiens obtinrent de Cvrus des avantages particuliers dont ifs avaient joui sous Crésus , on ne sait trop *à quel titre.

Les colonies grecques de l'Asie Mineure suivirent presque toujours la religion, les lois et la forme de gouvernement de la Grèce. Soumises d'abord à des rois et partagées en petits États, elles adoptèrent ensuite le gouvernement républicain établi dans la mère patrie. Mais il arrivait souvent que des citoyens ambitieux , employant la violence et l'intrigue, et profitant des dissensions qui agitaient ces petites républiques, s'emparaient de la puissance souveraine. Les Grecs donnaient à ces usurpateurs le nom de tyran, par lequel ils désignaient tout homme qui changeait la forme du gouvernement et s'arrogeait un pouvoir absolu, soit que cet homme agît selon la justice ou d'une manière contraire aux lois établies. Les tyrans des villes grecques de l'Asie Mineure, détestés par les habitants de ces villes, étaient presque toujours favorables aux Perses, sans lesquels ils auraient eu beaucoup de peine à conserver leur autorité.

(*) Hérodote, livre 1, chap. 1 52 et 1 53. Cyrus voulait parler des marchés publics où Tes Grecs allaient acheter et vendre leurs dea • rées. Ces marchés étaient iocouuus en Perse.

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Plusieurs d'entre eux jouissaient d'un grand crédit auprès des rois de Perse, qui acceptaient volontiers un ordre de choses au moyen duquel ils obtenaient des Grecs asiatiques toute l'obéissance compatible avec le caractère de ce peuple.

Telle fut la position respective des deux nations depuis la conquête de Cyrus jusqu'à l'époque où la révolte des Ioniens vint à éclater (an du monde 3500; avant J. C. 504) , voici à quelle occasion. Quelques citoyens des plus riches de l'île de JSaxos, exilés par le peuple, se retirèrent à Milet, alors gouverné par Aristagoras, gendre, cousin et lieutenant d'Histiée, que Darius retenait à Suse. Les exilés de Naxos prièrent Aristagoras de leur donner les secours nécessaires pour rentrer dans leur patrie. Celui-ci pensant <jue si les bannis recouvraient leur position par son entremise, il aurait dans Naxos une très-grande autorité, leur dit qu'il n'avait pas de forces suffisantes pour les faire rentrer dans Pile malgré les habitants, mais qu'il userait de tout son crédit auprès d'Artapherne, Gis d'Hystaspe et frère du roi Darius, pour obtenir de lui des troupes et des vaisseaux. Les bannis pressèrent Aristagoras de s'entendre avec Artapherne, et lui promirent de subvenir à l'entretien aes troupes, et de faire de grands présents à Artapherne s'ils réussissaient dans leur expédition.

Aristagoras étant allé à Sardes , siège du gouvernement d'Artapherne, présenta la demande des exilés sous un jour si avantageux, que ce seigneur s'engagea à lui fournir deux cents vaisseaux au lieu de cent qu'il demandait, si toutefois le roi Darius voulait y donner son consentement. Aristagoras retourna à Milet très-content de la promesse que lui avait faite Artapherne. Quant à celui-ci, dès qu'il eut reçu l'approbation du roi , il fit équiper deux cents trirèmes, et leva une armée considérable, dont il donna le commandement à Mégabate, de la maison royale des Achaeménides et proche parent de Darius. Mégabate s' étant embarqué à Milet avec Aristagoras, fit

annoncer, pour donner le change aux Naxiens-; que l'expédition allait vers l'Hcllespont. Quelques différends s'étant élevés entre les deux chefs, Aristagoras dit à Mégabate : « Artapherne ne vous a-t-il pas envoyé pour m'obéir et pour faire voile partout où je vous l'ordonnerai ? » Mégabate , outré de ces paroles, envoya, aussitôt qu'il fut nuit, avertir les Naxiens du danger qui les menaçait. Ceux-ci transportèrent immédiatement dans la ville les effets précieux qu'ils avaient à la campagne, firent entrer des vivres dans la place, et prirent toutes les dispositions nécessaires pour soutenir un long siège. Cependant les Perses investirent la ville de Naxos et la tinrent assiégée pendant quatre mois, après lesquels ils renoncèrent à la prendre et se retirèrent. Aristagoras, qui avait dépensé de très-fortes sommes pour cette expédition, se trouva hors d'état de tenir les promesses qu'il avait faites à Artapherne, d'ailleurs Mégabate l'accusait, et il craignait qu'on ne lui imputât le mauvais succès de l'entreprise, et qu'on ne forçât Histiée à choisir un autre gouverneur pour la ville de Milet. Toutes ces raisons le portèrent à secouer le joug. Histiée, que Darius retenait toujours à Suse, et qui ne voyait aucun terme à cette espèce de captivité , engagea aussi sous main Aristagoras à se révolter.

Quoique jouissant de la plus grande faveur auprès de Darius, le Milésien ne pouvait s'accoutumer aux manières des Perses , et regrettait toujours sa patrie, où il avait occupé le premier rang. Il espérait que, si un soulèvement éclatait à Milet, Darius l'enverrait dans cette ville pour y rétablir l'ordre.

Aristagoras voyant que tout concourait à favoriser ses vues, se démit de l'autorité souveraine, et rétablit Pégalité dans Mildt. Il agissait ainsi afin d'engager les Milésiens à soutenir chaudement sa cause. Il livra ensuite les tyrans aux habitants des villes dans lesquelles ils commandaient. La tyrannie se trouva donc éteinte dans toute l'Ionie. Sentant qu'il avajt besoin de se faire des alliés, Aristagoras passa en Grèce pour réclamer en faveur ut*

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Ioniens l'assistance de leurs frères d'Europe. Les Lacédémoniens s'étant refusés à entrer dans sa ligue, il partit pour Athènes. Cette ville venait de recouvrer la liberté, après avoir chassé le tyran Hippias, Gis de Pisistrate.

Celui-ci s'étant rendu auprès d'Artapherne, mit tout en oeuvre pour soumettre la ville d'Athènes à Darius. Les menées d'Hippias étant venues à la connaissance des Athéniens, ceux-ci envoyèrent des députés à Sardes pour engager les Perses à ne point ajouter foi aux paroles du tyran. Artapherne ordonna aux députés de rappeler Ilip-

Ïiias, s'ils ne voulaient pas avoir à utter contre la puissance .de Darius.

Sur ces entrefaites , Aristagoras arriva à Athènes, et trouvant le peuple trèsirrité contre les Perses, il obtint facilement qu'on envoyât au secours des Ioniens une flotte de vingt vaisseaux.

Aussitôt après avoir obtenu cette promesse, il s'embarqua pour Milet, où les Athéniens arrivèrent peu de temps après avec les vingt vaisseaux qu'ils avaient promis de fournir, et cinq trirèmes des Érétriens qui s'étaient jointes à eux. Dès que les forces des alliés furent réunies, Aristagoras envoya une expédition contre la ville de Sardes. L'armée s'embarqua pour Éphèse, y laissa ses vaisseaux, et marcha vers Sardes. Les Grecs s'emparèrent sans peine de cette ville, dans laquelle ils ne trouvèrent aucune résistance; mais ils me purent réussir à se rendre maîtres de la citadelle, qif Artapherne défendait avec une garnison nombreuse. Cependant un soldat ayant mis le feu à une maison, comme presque toute la ville était construite de cannes et de roseaux, l'incendie se communiqua rapidement, et Sardes fut réduite en cendres. Au milieu de cette catastrophe, les Perses et les Lydiens, menacés par le fer et le feu, attaquèrent les Grecs : ceux-ci abandonnèrent la ville, et se mirent en marche pour retourner à Éphèse et remonter sur leurs vaisseaux. A la nouvelle de l'invasion , les généraux perses qui commandaient dans l'Asie Mineure accoururent au secours des Lydiens. Ils

atteignirent les Grecs à Éphèse, et

livrèrent une bataille dans laquelle ils leur tuèrent beaucoup de monde: Après cette défaite, l'armée combinée se dispersa. Les Athéniens se retirèrent, et refusèrent, malgré les prières d' Aristagoras, de continuer a soutenir les Ioniens. Darius ayant appris que la ville de Sardes avait été prise et brûlée par les Athéniens et les Ioniens, ordonna à un de ses officiers de lui dire trois fois, lorsqu'il se disposerait à prendre son repas : Seigneur, soiwenez-vous des Atfiéniens.

Les relations d'amitié et de parenté qui existaient entre Aristagoras et Histiée , faisant craindre à Darius que le tyran de Milet ne fût pas étranger à la révolte de son lieutenant, il lui avoua ses soupçons et l'engagea à se justifier. Histiée se défendit avec beaucoup de talent, et finit par engager Darius à le renvoyer au plus tôt en Ionie pour y rétablir son autorité et s'emparer de la personne d'Aristagoras.

Dès qu'il eut obtenu le consentement de Darius, il partit de Suse, et se rendit à Sardes. Là, ayant compris aux discours d' Artapherne que ce satrape le regardait comme la véritable cause du soulèvement des Ioniens , il s'enfuit , et passa dans l'île de Chios , d'où il écrivit à quelques Perses établis à Sardes et qu'il avait engagés à se révolter. Le messager chargé de ces lettres les ayant remises à Artapherne , la conspiration se trouva découverte. Déchu des espérances qu'il avait de ce côté % il essaya de rentrer à Milet , d'où il fut repoussé par les habitants.

Cependant les révoltés, quoique privés de l'appui des Athéniens, n'en continuèrent pas moins la guerre. Ils envoyèrent dans l'Hellespont une flotte qui s'empara de Byzance et de toutes les villes voisines qui étaient sous la dépendance des Perses. Us se rendirent ensuite en Carie dont la plus grande partie des habitants se joignit a eux , ainsi que les Cypriotes.

Les Perses de leur côté étaient loin de rester dans l'inaction. Ils déployèrent même une prudence et un courage dont on ne voit plus de traces

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dans les luttes qu'ils soutinrent plus tard contre les Grecs. Leurs généraux partagèrent l'armée en trois corps qui, agissant sur plusieurs points à la fois, devaient amener bientôt la fin de l'insurrection.Daurisès, gendre de Darius, tourna d'abord ses armes contre les villes de l'Hellespont, qu'il soumit avec une grande rapidité. Apprenant ensuite la révolte des Gariens, il marcha contre eux et les attaqua sur les bords du Marsyas. Le combat fut rude et long ; les Cariens se virent obligés de céder après avoir perdu dix mille des leurs. Les Perses n'eurent que deux mille hommes de tués. Les Gariens perdirent encore une autre bataille plus meurtrière que la précédente. Enfin ils détruisirent une

Sartie de cette même armée perse qu'ils rent tomber dans une embuscade; mais ce dernier avantage était loin de suffire pour rétablir les affaires des Grecs asiatiques. En effet , Artaçherne s'étant rendu maître de Clazomène en Ionie et de Cyme dans l'Éolide , Aristagoras fut tellement abattu par la prise de ces deux villes, qu'il résolut de pourvoir par la fuite à sa sûreté personnelle. Il confia donc le gouvernement deMilet à Pythagore, citoyen de cette ville, et se retira en Thrace avec tous ceux qui voulurent le suivre, abandonnant lâchement ses compatriotes qu'il avait jetés dans un abîme de maux. Ge misérable fut tué avec tous ses compagnons au siège d'une place à laquelle il avait refuse une capitulation (*).

Cependant les généraux perses dont les troupes avaient été partagées en trois corps , comme nous venons de le voir, réunirent ces divisions et se disposèrent à attaquer la ville de Milet. Aussitôt les Ioniens renonçant à toute autre opération militaire , mirent cette place en état de défense et y concentrèrent toutes leurs forces de terre et de mer. La flotte combinée était de trois cent cinquante-trois trirèmes , et les Perses avaient six cents voiles. Toutefois malgré cette supériorité , ils jugèrent prudent de différer

(*) Hérodote, liv. v, ebap. ia5 et 126.

le combat jusqu'à ce qu'ils eussent décidé les habitants de Samos et de Lesbos à se retirer. La flotte ionienne, alors réduite à une centaine de vais-* seaux , fut aisément détruite. Après la défaite de cette flotte , les Perses assiégèrent Milet par terre et par mer, prirent cette place d'assaut, et réduisirent les habitants en servitude , la sixième année après la révolte d'Arist agoras.

Une fois maîtres de Milet, ils tournèrent leurs armes contre les Gariens et les firent aisément rentrer dans le devoir (*).

H is tiée ayant été fait prisonnier en Mysie dans une bataille contre Harpage

3ui commandait les forces des Perses ans ce pays , fut conduit à Sardes et mis en croix, aussitôt son arrivée, par l'ordre d'Artapherne et d'Harpage. Ces deux généraux craignaient que, si on l'envoyait à Suse , Darius ne lui pardonnât sa révolte en considération du service signalé qu'il lui avait rendu en conservant le pont sur lister. Artapherne fit ensuite saler la tête d'Histiee et l'envoya à Darius. Ce prince , très-affligé, fit laver cette tête et voulut qu'on lui donnât une sépulture honorable comme aux restes d'un homme qui avait rendu de grands services à tous les Perses* et auquel il était luimême redevable de la vie (**). •

PREMIERE EXPÉDITION DE DARIUS COlTTRE * LA GRÈCE.

Après avoir soumis les Ioniens, Darius songea à tirer vengeance des Athéniens et des Érétriens qui les avaient encouragés et soutenus- dans leur révolte. Le commandement de l'expédition fut confié à Mardonius, fils de Gobryas. Ce chef, jeune encore, n'avait rien fait pour justifier une pareille distinction. Mais il était gendre de Darius, dont il avait épousé une fille appelée Artozostra , et fut pour cette raison préféré à tous les autres généraux. La vingt-huitième année du règne de Darius (an du monde 3510 ;

(*) Hérodote , liv. vi , cliap. a5.

(**) Hérodote, liv. vi, ebap. 3o.

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avant Jésus-Christ 494) , au commencement du printemps, Mardonius se rendit en Cilicie, d'où il partit avec la flotte, tandis que l'armée de terre s'avançait vers i'Hellespont , sous la conduite d'autres généraux. Après avoir côtoyé l'Asie , il arriva en Ionie, déposa les tyrans des Ioniens, et rétablit dans les villes le gouvernement démocratique. Cela fait, il mit à la voile pour Pilcllespont , et lorsqu'il eut réuni toutes ses forces de terre et de mer, il passa en Europe pour se rendre à Érétrie et à Athènes.

Ces deux places étaient l'objet apparent de l'expédition des Perses; mais ils avaient réellement l'intention de subjuguer le plus grand nombre de villes grecques qu'ils pourraient. La flotte soumit les Thasiens , et l'armée de terre réduisit en esclavage ceux d'entre les Macédoniens qui ne l'avaient pas encore été. De Tbasos la flotte fit voile vers Acanthe, d'où elle partit pour doubler le mont Athos(*). Près de ce promontoire les vaisseaux des Perses furent accueillis par une violente tempête qui en détruisit trois cents.

Plus de vingt mille hommes perdirent la vie dans cette occasion.

Mardonius,campé en Macédoine avec l'armée de terre , fut attaqué pendant la nui» par les Thraces Bryges, qui lui tuèrent beaucoup de monde et le blessèrent lui-même. Malgré cet échec, il ne quitta point le pavs avant de les avoir mis sous le joug. Enfin, obligé de renoncer à son expédition, il repassa eu Asie avec les débris de l'armée perse.

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