‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l' église (volume 2)Chapitre 10 sur 39 · LA FIN DE MAXIMIN · texte numérisé non relu

LA FIN DE MAXIMIN

Maximiii s'était retire en Cilicie, à l'abri du Tau rus, dont il avait fortifié les passages (1). Derrière cette ligne de montagnes, la résistance paraissait encore possible; mais, pour se défendre avec succès, il fallait n'avoir pas d'ennemis intérieurs, et pouvoir compter sur le dévouement de toute la population. Maximin s'aperçut enfin de la lourde faute commise en persécutant les chrétiens. Il les voyait défiants , indignés, tandis qu'au nord leurs Églises se reformaient joyeusement et bénissaient Licinius comme un sauveur. Sans doute , l'expérience lui avait montré que les chrétiens ne se révoltent pas contre les pouvoirs établis; comme tous les persécuteurs, il avait eu sous les yeux des exemples d'héroïque patience : cependant il craignait que les fidèles de ses dernières provinces ne jetassent des regards d'envie au delà du Taurus, et ne fissent au moins des vœux secrets pour le succès de son adversaire. A ce sentiment tardif se joignait chez Maximin une sourde colère contre les conseillers auxquels il attribuait ses échecs. Qui lui avait inspiré tant d'ambition et d'audace, sinon les prêtres, les mages, les devins dont il remplissait naguère sa maison, et qui, en inspectant les victimes ou en faisant parler les oracles, l'avaient excité à prendre les armes? Maximin fit massacrer un grand nombre de ces malheureux (2), dupes de leur fanatisme ou

titutam fuermit anni decem, menses plus minus quatuor. » Lactance, De mort, pers., 48.

(1) Lactance, IbitL, 49.

(2) Eusèbe, Ilist. EccL, IX, 10, 6.

flatteurs du sien; puis, s'imaginant peut-être avoir par ce sang apaisé les chrétiens, il rédigea en faveur de ces derniers un édit dont les dispositions étaient calquées sur l'édit de Milan, mais dont le langage trahit à chaque ligne le mensonge et la peur (1).

« L'empereur César CaiusValeriusMaximin, Germanique, Sarmatique, pieux, heureux, invincihle, auguste. Toujours et de toutes les manières nous nous efforçons de procurer l'avantage des habitants de nos provinces, et de favoriser par nos bienfaits tout à la fois la prospérité de la République et le bien-être des particuliers : personne ne l'ignore , et nous avons la confiance que chacun, interrogeant sa mémoire, en est persuadé. Aussi, ayant appris précédemment qu'en vertu de la loi rendue par nos divins parents Dioctétien et Maximien, pour ordonner la destruction des lieux où s'assemblaient les chrétiens , beaucoup d'excès et de violences avaient été commis par les officiers publics, et que le mal s'était chaque jour fait sentir davantage à nos sujets, dont les biens sont, sous ce prétexte, lourdement atteints, nous avons, l'année dernière (2), par des lettres adressées aux gouverneurs des provinces, déclaré que si quelqu'un voulait s'attacher à cette secte et observer cette religion , il lui serait permis de suivre sans empêchement son dessein, et personne n'oserait le lui interdire; mais que

(1) Euseb., Hist. Eccl, L\, 10, 7-1 1.

(5!) Ttô 7:ap£).96vTi Èvta'jTû). Ce mot fait bien voir que le rescrit à Sabinus, cité plus haut, est de 312, par conséquent antérieur à l'édit de Milan.

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