‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l' église (volume 2)Chapitre 9 sur 39 · LA FIN DE MAXIMIN. 2G · texte numérisé non relu

LA FIN DE MAXIMIN. 2G

remettant leurs casques, ramassant leurs boucliers, ils attendirent le signal du combat. L'armée de Maximin, rangée à l'autre extrémité d'une vaste plaine, entendit les voix, vit le mouvement : une vague terreur la saisit. Peut-être ce sentiment ne futil pas étranger à la condescendance avec laquelle son chef se prêta à une entrevue; mais, dans le colloque rapide échangé avec Licinius, au milieu de la plaine, sous les regards des deux armées, il ne voulut entendre à aucune proposition de paix (1). Bientôt le clairon sonna, les étendards s'agitèrent : en un instant la mêlée devint terrible. La foi au Dieu qu'ils venaient d'invoquer doublait les forces des soldats de Licinius. La victoire se déclara promptement pour eux. Des meilleures troupes de Maximin une partie périt, une autre partie l'abandonna. Les gardes du corps eux-mêmes firent défection (2). Quand le malheureux souverain vit la bataille perdue, il quitta son manteau de pourpre, jeta sur ses épaules une misérable casaque d'esclave, et, fuyant à travers la plaine jonchée de cadavres, gagna le rivage, où il s'embarqua (3).

Sa désertion fit déposer les armes à ceux qui lut-

Brachia noslra ad te tendimus. Exaudi, suinine Deus. » Laclance, loc. cit. On remarquera le rythme de cette prière, faite pour être répétée en chœur, phrase par phrase, comme une sorte de litanie. Elle ressemble beaucoup à celle que Constantin fit composer pour être récitée en commun , le dimanche , par ceux de ses soldats qui n'étaient pas encore chrétiens; Eusèbe, De vita Constantini , IV, 19-20.

(1) Lactance, De mort, pers.j 46.

(2) Eusèbe, Hist. Eccl.,l\, 10, 4.

(3) Eusèbe, loc. cit.; Lactance, De mort, pers., 47

talent encore. Ce qui restait de l'armée de xMaximin se soumit, et passa sous les drapeaux de Licinius. L'empereur fugitif arriva à Nicomédie le 1" mai, huitième anniversaire du jour où cette même pourpre, qu'il venait d'abandonner honteusement, lui avait été remise par Dioclétien (1). De là, sans s'arrêter, il passa en Cappadoce, rassembla quelques troupes, et reprit le costume et les allures d'un empereur. Pendant ce temps Licinius traversait le Bosphore et entrait à son tour dans la capitale de la Bithynie. Un de ses premiers soins fut la promulgation de l'édit de Milan (2). Le 13 juin, on put le lire sur les principales places de la ville, au lieu même où, dix ans et quatre mois plus tôt, avait été affiché le premier édit de Dioclétien, ordonnant la fermeture des égUses. Licinius engageait maintenant les chrétiens à les rouvrir, à rebâtir celles qui avaient été abattues, à rentrer en possession de leurs biens confisqués. Non content de publier les articles de loi qui en réglaient minutieusement la restitution, il exhortait de vive voix les fidèles à reprendre leur vie de communauté, que la peur de Maximin avait suspendue : et déjà les ouvriers se mettaient à l'œuvre pour relever de ses ruines la cathédrale de Nicomédie, rasée par les prétoriens en 303 (3).

(1) Lactance remarque que Maxence avait de même été vaincu le jour anniversaire de son intronisation.

(2) Lactance, De mort, pers., 48.

(3) « His litteris proposilis, etiam verbo hortatus est ut convenlicula lu statum pristioum redderentur. Sic ab eversa Ecclesia usque ad res-

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