‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l' église (volume 2)Chapitre 8 sur 39 · LA 1 IN DE MAXIMIN · texte numérisé non relu

LA 1 IN DE MAXIMIN

La fin de Maximin.

En préparant Tédit de Milan, les deux empereurs s'étaient peut-être demandé avec inquiétude par quels moyens ils contraindraient Maximin à l'observer sincèrement. Celui-ci les tira d'embarras. Le cauteleux Barbare, profitant de l'éloignement de Licinius, jeta soudain le masque. Les fêtes du mariage n'étaient pas terminées (1), qu'en plein hiver il s'était rendu de Syrie en Bilhynie, avait passé de là en Thrace, pris Byzance, et mis le siège devant Héraclée. Licinius courut défendre son empire. Ses troupes, rassemblées à la hâte, étaient inférieures en nombre à celles de Maximin : aussi se proposait-il de retarder les mouvements de l'ennemi et de secourir les villes investies plutôt que de combattre en rase campagne. Cependant, après la prise d'Héraclée, les deux armées se trouvèrent si proches, qu'un combat devint inévitable (2).

Constantin était à ce moment sur les bords du Rhin, où une invasion de Francs l'avait appelé pendant que son beau-frère se rendait en Thrace (3) ; mais le souvenir de sa victoire sur Maxence animait les soldats

(1) « Maximinus ubi eos inldlexit nuptiarum solemnibus occupa tos... » Laclance, De mort, pers., 45.

(2) Ihid.

(3) Paneç/. vet., 6.; Zosime, II.

de Licinius : ils comptaient sur le secours du Dieu qui était si visiblement intervenu en sa faveur. On racontait dans leur camp que Maximin venait de promettre à Jupiter la complète extinction du nom chrétien si le succès restait à ses armes (1). La guerre, ainsi entendue, devenait une guerre religieuse. Soit conviction passagère, soit calcul habile, Licinius entra dans les dispositions où il voyait ses soldats. Par ses ordres une formule de prières qui, sans contenir une profession de foi nettement chrétienne, séparait cependant la cause pour laquelle on allait combattre de celle du polythéisme (2), fut lue devant les troupes le matin de la bataille. Officiers et soldats, ùtant leurs casques, posant à terre leurs boucliers, répétèrent trois fois : « Dieu souverain, nous te prions. Dieu saint, nous te prions. Nous te recommandons notre juste cause, nous te recommandons notre salut, nous te recommandons notre empire. Par toi nous vivons, par toi nous sommes heureux et vainqueurs. Dieu saint et souverain, nous te prions. Nous tendons vers toi nos bras. Exauce-nous, saint et souverain Dieu (3). » Puis,

(1) « Tune Maximinus ejusmodl votum Jovi vovit, ut si vicloriam cepisset, chiistianorum nonien exstingueret penitusque deleret. » Lactance, De mort, pers., 46.

(2) Laclance, loc. cit., dit qu'un ange montra celte formule à Licinius pendant son sommeil. On peut trouver suspect ce récit, qui ne repose pas, comme celui de la vision de Constantin, sur des témoignages précis.

(3) « SummeDeus, te rogamus. Sancte Deus, te rogamus. Oinnem justitiam tibi commendamus, salutem nostram tibi commendamus, imperium noslrum tibi commendamus. Per te vivimus, per te vietores et felices existimus. Summe sancte Deus, preces nostras cxaudi.

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