‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'église (volume 5)Chapitre 11 sur 57 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

l'établissement de la tétrarcuie et la persécution DANS l'armée (292-302).

I. L'ÉTAULISSF.MENT DE LA TÉTISARCIIIE. — COIlférCnCC (ICS (leUS AuiJUSlOS à

Milan. — Ils docidcnt de s'adjoindre deux Césars. — Conséquences i>cdiliques et religieuses do eetle décision. — Élection de Constance Ciilore el de Maximien Galère. — Nouveau partage de l'eiiipiie. — Vices et l'anatisme païen de Galère. —Douceur et tolérance de Constance. — Activité guerrière des quatre empereurs. — Activité lègislati\e : édit sur les mariages, — édit contre les Manicliéens. — Souffrances du jieuple. — Édit de Maximum. — Réorganisation administrative. — II. La persécction dans l'ahmée. — Grand nombre des soldats chrétiens. — Répugnance de quelques chrétiens d'Atrique |)our le service militaire. — Intluence sur eus des idées montanistes. — Levée de troupes en Afrique. — Le conscrit Maximilicn refuse de servir. — Il est condamné à mort. — Pour quel motif il mérite le titre de martyr. — Commencement des vexations contre les soldats chrétiens. — On leur donne le choix entre un congé ignominieux et l'apostasie. — Quelques-uns sont mis à moit. — Soldats martyrises ai>rés rex[)édition de Galère contre les Perses. — Velurius chargé de l'épuration de l'armée dans les États de Galère. — Soldats niartvrs en Mésie : Pasicrate et Valent ion. — Le vétéran Jules. — Nicandre et Marcien. — La persécution dans les États d'Hercule : soldats martyrisés à Rome. — Les quatre cornicularii . — Saint Sébastien. — Autres martyrs militaires en Italie. — Le centurion MarcelàTanger.— Le greflier militaire Cassien. — Emeterius et chelidonius en Tarraconaise. — Dioclétien se décide tardivement à molester les soldats chrétiens d'.\sie. — H les met en demeure de quitter l'armée ou de sacrilier. —Mais il s'abstient encore de verser le sang.

L'établissement de la tétrarchie.

Les deux Augustes n'étaient point parvenus à pacifier l'empire. Malgré la prudence politique de Dioclé-

tien et l'énergie guerrière de Maximien Hercule, toutes les frontières restaient menacées, tandis qu'au dedans des ambitieux se soulevaient. Carausius tenait toujours laBretagne; les Perses s'avançaient à l'Orient; les Qiiinquegentans. que nous avons déjà vus en mouvement sous Valérien (1), de nouveau s'agitaient aux confins de la Numidie et de la Mauritanie (2). On dit qu'à la faveur de ces trouldes un usurpateur avait pris la pourpre en Afrique. La turbulente Egypte, qui allait, elle. aussi, se donner un empereur, remuait peut-être déjà. La Syrie venait d'être pillée par les Sarrasins. Enfin, les peuples barbares, comme pris de vertige, se heurtaient les uns contre les autres dans le vaste champ clos borné par le Danube elle Rhin (3) : agitation toujours périlleuse pour le monde romain, dont les frontières s'ouvraient presque fatalement sous la pression des masses germaniques. Inquiet, Dioctétien, après avoir longuement visité les provinces danuljiennes (i), donna, à la fin de 290 ou au commencement de 291, rendez-vous à son collègue dans Milan. Il avait conçu un plan de réorganisation

(1) Les Dernières Persécutions du troisième siècle, p. 147.

(2) Eusèbe, CJiron.; Aurelius Victor, De des., 39, 22,39. Tillemont {Histoire des empereurs, t. IV, p. 20) dit des Quinquegentans qu'on « n'en parle pas hors de ce temps-ci, » ce qui est inexact; voir la note précédente. Cf. Mullendorf. Appendice aux Mémoires sur les provinces romaines deMommsen, trad. Picot, p. 61.

i3) (I Ruunl oninesin sanguinerasuum populi. « Paneg. vet., III, 16. v'i) Et peut-titre remporté alors une victoire sur les Sarmates dont ))arlent les panégyristes.

de l'empire, qui ne pouvait s'exécuter que par l'accord des deux Augustes.

Ce plan consistait à partager effectivement les contrées soumises à la domination romaine. La division établie naguère entre Dioclétien et Maximien Hercule l'avait été par la force des choses plutôt qu'en vertu d'une convention formelle : Dioclétien s'était chargé de garder l'Orient, 31aximien de défendre l'Occident, comme, vingt-cinq années auparavant, Valérien et Gallien, ou, plus récemment, Numérien et Carinus. Aujourd'hui, c'était d'un partage véritable qu'il s'agissait. Cependant, même partagé, l'empire serait encore trop vaste. Si bon général qu'il fût, Hercule ne pouvait être cà la fois au nord et au midi, guerroyer tout ensemble contre les Francs et contre les Kabyles. Dioclétien, de son côté, n'eût pu sans cesse passer et repasser les Dardanelles, pour courir au Danube si les Goths remuaient, à l'Euplirate si c'étaient les Perses. Le plan de Dioclétien se complétait donc en subordonnant à chacun des Augustes un César investi pareillement d'un gouvernement territorial, mais cependant maintenu dans la dépendance de l'Auguste , qui exercerait sur lui et sur ses États une sorte de suzeraineté. Les deux empereurs, dont l'accord, depuis le commencement de leur règne simultané, avait été inaltérable, convinrent aisément de ce régime nouveau, et s'entendirent sur le choix des personnes. Si ces questions furent agitées par eux, comme je le suppose, dans l'entrevue de Milan, ils ajournèrent à

une année la proclamation des Césars. "

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