‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'église (volume 5)Chapitre 23 sur 57 · MARTYRS DE LA MACÉDOINE ET DE LA PANNONIE · texte numérisé non relu

MARTYRS DE LA MACÉDOINE ET DE LA PANNONIE

mes généraux que tous, en tout pays, dans chaque ville, offrissent publiquement des sacrifices et des libations aux idoles (1). » C'était la guerre déclarée, non plus seulement aux églises, aux livres saints, aux membres du clergé, mais à l'universalité des fidèles, mis, sans distinction de condition, d'âge et de sexe, en demeure d'apostasier.

Bien que la première allusion au quatrième édit se rencontre sous la plume d'un écrivain asiatique, on doit croire qu'il fut d'abord appliqué dans les contrées qui formaient l'apanage immédiat de Galère. Que le tyran séjournât ou non, à ce moment, dans l'Europe orientale, sa pensée fut sans doute obéie avec empressement par des gquverneurs imbus de ses idées, animés de ses passions, et qui tenaient de lui seul leur fortune. Cependant les documents que nous possédons sur l'application de l'édit de SO'i-

(1) AcUTEp&u ô' £Tou; GiaXaêôvToi;, y.al or, cç&5p6ir£pov £7;tTa6svTO; xoù xaO' r,(iwv TzrAt\i.o\), Tr.i; £7iap/ta; riycyfjiÉvou TYivixâSs Oùpêavoû, Ypa(A[Jt.àTwv T&ûxu) TrpwTOV êttdO.ty.wv îieçstTYixÔTUV, èv ol; xa9o),txw 7tpocrTâY(xaTi TtàvTa; 7:avST,[/£l tov; xaxà 7tô/tv6Û£iv te xaî anhôz'.v toTç EtStoXoi; £X£- >eûeTo. Eusèbe, De Mart. Pal., 3. — Traduite comme nous l'avons fait, la phrase d'Eusèbe laisse incertaine la date exacte de ledit et le place à une époque quelconque de 30 i ; mais, si l'on serre de plus près le texte grec, on arrive à une détermination plus précise. Littéralement, les mots employés par Eusèbe, OEviTe'p&y ô'exoyi; StaXaêôvxo;, signifient « la seconde année se partageant, » et semblent en marquer le milieu. Comme Eusèbe suit habituellement le calendrier syro-macédonien, (|ui commence en octobre, le milieu de l'année tombe en avril. C'est vraisemblablement vers celte date que l'édit parvint au gouverneur de Palestine. 11 fut certainement promulgué pins tôt dans les États de Galère, car nous l'y voyons appliqué dès la lin de mars el le commencement d'avril.

278 LE QUATRrEME EDIT EN ORIENT 30i].

dans les provinces voisines du Danube sont peu nombreux : ils ne représentent vraisemblablement qu'un petit nombre des épisodes d'une guerre qui, dans ces régions, dut être particulièrement sanglante.

Pendant le mois de mars 30V. un chrétien et plusieurs chrétiennes furent traduits à Thessaloniquc devant Dulcetius, gouverneur de Macédoine, pour n'avoir pas voulu obéir au nouvel édit en mangeant des viandes provenant des sacrifices. L'homme s'appelait Agathon ; parmi les femmes se trouvaient trois sœurs qui, l'année précédente, s'étaient enfuies dans les montagnes après avoir caché de nombreux manuscrits des Écritures (1). Elles étaient, après quelque temps, revenues dans leurs maisons, où on les avait arrêtées (2;. Leurs noms, empreints de ce symbolisme aimable où se plaisaient les premiers chrétiens, rappellent les idées d'amour, de paix, de blancheur immaculée : elles s'appelaient Agape,

(Ij Voir |iliis liant, )•. 178.

(2) Cela résulte de l'interrogatoire d Irène, Ac(a SS. Agapes, Chioiti,v, Irenes, 5, dans Ruinart, p. 423. Le paragraphe 2 semble en contradiction avec lui, car on y lit que les trois saintes lurent arrêtées dans les montagnes mêmes où elles s'étaient réfugiées. Mais les deux premiers paragr;i|)lies sont un jirologue oratoire, mis en tôle des .\cles [iroprcment dits et ne faisant pas corps avec eux. Les .\ctes ne commencent qu'au paragraphe 3. Dans ceux-ci, Tiilemont {Mémoires , t. V. note I sur sainte Agape) ne voit « rien qui ne s'accorde parfaitement avec les monuments du temps, et ((ui n'ait l'air d'une pièce authentique cl originale ». Mais il faut les distinguer d'autres Actes des mêmes saintes que leur préfère Bollandus (Acta SS., avril, t. I, p. 245], et qui, au jugement motivé de Tiilemont et de Ruinart, sont remplis d'inventions fabuleuses.

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