‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'église (volume 5)Chapitre 25 sur 57 · MARTYRS DE LA MACÉDOINE ET DE LA PANNONIE. 2S · texte numérisé non relu

MARTYRS DE LA MACÉDOINE ET DE LA PANNONIE. 2S

de sacrifier aux dieux immortels, et persévérant aujourd'hui dans la religion des chrétiens, j'ordonne qu'elle sera brûlée vive comme ses sœurs (1). »

La sainte, conduite au supplice, s'élança sur le bûcher en chantant des psaumes. Elle mourut le jour des calendes d'avril (-2). L'auteur des Actes termine ici sa relation, sans nous apprendre ce que devinrent Agathon, Cassia, Eutychia et Philippa. Peut-être n'avait-il pu se procurer les pièces de leur procès : son silence au sujet de ces quatre chrétiens serait une preuve de plus de sa sincérité quand il raconte ce qu'il sait des autres.

Vers le même temps eut lieu le martyre de Montan, prêtre de Singidunum, en Mésie. Il périt par l'ordre de Probus, gouverneur de la Pannonie-Inférieurc, qui venait de recevoir Tédit de persécution (3). Singidunum étant située sur la rive mésienne de la Save, il est à supposer que Montan avait franchi le fleuve et fut arrêté en Pannonie. La plupart des martyrologes placent, en effet, son supplice à Sirmium, le 28 mars. Maxima, épouse du prêtre Montan, fut, disent-ils, immolée avec lui : on leur donne même quarante compagnons de martyre, ce qui convient bien à cette période de la persécution [ï).

(1) Ad a, 6.

(2) « Consummata est in consulatu Diocletiani Augusti nono , Maximiani aulein Aiigusli octavo, Kalendis Aprilis ». Ada, 1 . Le jour des calendes d'avril équivaut au l^-- avril. Les marlyrologes placent le martyre de sainte Irène le 5 avril. Les Grecs célèbrent la mémoire des trois^ saintes le 16 avril.

(3) Passio S. Pollionis, 1, dans Ruinarl, p. 435.

(4) Voir Tillemont, Mémoires, t. V, art. sur saint Irénée.

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Peu après l'exécution de Montan, Tévèque de Sirraium, Irénée, fut arrêté à son tour. C'était un homme jeune encore, marié, père d'enfants en lias âge. On le conduisit au gouverneur. « Obéis aux divins préceptes, et sacrifie aux dieux, » lui dit Probus. « Quiconque, répondit l'évêque, sacrifie aux dieux, et non à Dieu, sera déraciné. — Les très cléments princes ont donné le choix de sacrifier ou de mourir dans les tourments. — Il m'a été commandé d'accepter les tourments plutôt que de renier Dieu en sacrifiant aux démons. — Sacrifie, ou je te ferai mettre à la torture. — Je me réjouis si tu le fais, car je participerai à la Passion de mon Sauveur. » Pendant que les bourreaux torturaient cruellement le martyr : « Que dis-tu, Irénée? demanda le gouverneur. — En confessant bien ma foi, je sacrifie à mon Dieu, à qui j'ai toujours sacrifié, » répondit l'évêque (1 ! .

Une nouvelle torture, plus délicate et plus pénible que toutes les autres , l'attendait. Son père et sa mère, sa femme, ses enfants, s'approchèrent en le voyant soufi'rir, se jetèrent à ses pieds, les inondèrent de larmes. Des serviteurs, des amis , de? voisins suivaient, pleurant et se laujentant. « Aie pitié de ta jeunesse , » criait-on de toutes parts. Irénée gardait le silence, repassant dans son cœur les promesses et les menaces divines. (( Allons, lui dit Probus, lâisse-toi fléchir par tant de larmes, pense à

(1) Passto S. Irenxi, episcopi Sir»iiensis,l, dans Ruinait, |). 433.

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