‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'église (volume 5)Chapitre 45 sur 57 · FECIT · texte numérisé non relu

FECIT

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(3j Ilnd.., 1.. 171.

430 L1-: QLATRIKME ÉDIT EX OCCIDENT (30 i}.

Une autre inscription conserve la mémoire de martyrs inconnus de la Mauritanie Sitifienne. Elle pro- \ ient dun monument votif, cella ou basilique élevée en leur honneur par Colonicus et sa femme dans le cimetière chrétien de Sétif : les ruines de l'oratoire et les vestiges du cimetière se voient encore (1). c Colonicus et son épouse chérie remplissent avec joie le vœu fait aux saints Diartyrs. Ici repose Justus, ici repose avec lui Decurius, qui l'un et l'autre par nne courageuse confession surmontèrent les armes ennemies et, victorieux, méritèrent en récompense les couronnes que donne le Christ (2). »

Enfin, en Numidie, sur le bord de la mer, à Philippeville, l'antique Rusicade, ont été découverts les restes d'un grand édifice chrétien « dont lïnscription, dit iM. de Rossi, parle d'une martyre appelée Digna . à laquelle fut consacrée une basilique construite par un évêque du lieu, nommé Navigius (3);

(1) Bull, di arcli. crisl., 1875, p. 172.

(2) MARTIRIBVS SAXCTIS PIIOMISSA COLO.\[CVS INSONS SOLVIT VOTA SVA LAETVS CVM COMVGE CARA

IIIC SITVS EST IVSTVS HIC ATQ. DZCVRIVS V\A OVI BENE COM'ESSI VICERVNT ARMV MALICNA PRAEMIA VICTORES CRISTI MEUVERE COUO.NAM.

IhiiL, p. 171. et 1876, pi. III. ii° 1. — Dans le TiitlleHino de 1875. p. 173, M. de Rossi a démonlié. par les termes mêmes de l'inscription rapprochés des paroles de saint Optât, De schism. doiuit., III, 8. qn'il ne peut s'agir ici de ])rélendus martyrs donalistes.

(3) MAG.\A QVOD ADSVRGVNT SACKIS ^ FASTIGIA TECTIS

yUAE DEDIT OFFICIIS SOLLICITVDO PUS MARTVRIS ECnr.ESIAM VENERAN

LES MARTYRS DE LAI" RIQL E ET DE L'ESPAGNE. iSl

divers indices portent à croire que cette martyre lut immolée dans la persécution de Diocléticn, mais l'histoire et les martyrologes n'en parlent pas (1). Sous

l)(t DOMINE IHC.WR •

NOBILIS ANTISTES PKRPEÏVVS

yUE PATKU

XAVIGIVS POSVIT CIIRISTI LE

r.ISQVE MIMSTER

SVSPICIANT CVNCTI RELICIOMS OPVS.

« Voici que s'élèvent les hauts faites des toits sacrés, qu'une i)ieuse sollicitude a donnés pour église à la vénérable martyre Digna. Le noiile pontife, celui qui est toujours notre père, le ministre^ de la loi du Christ, Navigius, lésa construits. Que tous contemplent son religieux ouvrage. » Jiullclliao di archeologia crtstianu, 1886, p. 26.

(1) Récemment M. Edmond Le Blant a élevé quelques doutes au sujet de la martyre Digna. « Je ne trouve — écrit-il dans le Bullvlin (lu comité des travaux historiques et scient ififjues, 1887, p. 370-371 — dans les catalogues de l'Église d'Afrique ni le nom de l'évèque Na>'igius ni celui de Digna. Étaient-ils catholiques? étaient-ce de ces donatistes qui couvraient le sol africain des tombeaux de ceux d'entre eux qu'ils saluaient comme martyrs? D'après la forme des lettres (fort mal gravées bien qu'il s'agi.sse ici d'un marbre de type ofliciel, ayant dû ligurer sur la façade de l'église), l'inscripliou de Philippevillc ne peut avoir été exécutée avant la lin du quatrième siècle. Si la mort de Digna n'est juis beaucoup antérieure, il est à croire que ni cette femme ni l'évèiue Navigius, dont les noms manquent, je le répète, dans les catalogues africains, ne doivent être conq)lés au nombre des catholiques. « A ces paroles de l'éminent épigraphiste M. de Rossi avait d'avance répondu dans une note du Butl. di arc/i. crist. de 1886, p. 28 : » A Rusicade , les donatistes et les catholiques eurent chacun un évèque cf. Morcelli, Africa cristiana, t. I, p. 26ô;. L'inscription de Navigius, qui invite tous, cunclos, à contempler son reli- (jionis opus. ne porte en soi aucune trace de conciliabule schismali([ue. .\ucune allusion n'y est faite aux circonstances spéciales du martyre de Digna, qui semble une martyre antique, nomine vcncrundo, d'un nom honoré par un culte solennel et incontesté. D'autres martyrs de la persécution de Diocléfien en Numidie, prceside Floro, nous ont été révélés par les inscriptions, martyrs ignorés, comme Digna, des

une dalle ornée de mosaïques était placé un sarcophage contenant les ossements d'une jeune fille et quatre grands clous. Serait-ce la vénérable dépouille de la martyre Digna? Les clous trouvés dans le sarcophage n'appartiennent pas à un cercueil de bois, dont il n'y avait nul vestige : peut-être étaient-ils déposés dans la tombe comme instruments et preuves du martyre (1). »

Obligés de nous contenter de ces vestiges presque etfacés de la persécution, recueillis çà et là par les archéologues dans les ruines romaines de la Numidie, nous sommes à peine mieux renseignés sur ses rigueurs dans la province proconsulaire. Ici. cependant, un document écrit, heureusement conservé, vient nous apporter un tableau doué de quelque vie.

Anulinus, que nous avons vu, au commencement de Tannée, juger en vertu des premiers édits Saturnin. Dativus et leurs compagnons, préside maintenant à l'application du quatrième édit. Trois chrétiennes, Maxima, Donatilla et Secunda, qui avaient refusé d'oirrfr de l'encens aux dieux^ venaient d'être

lasles martyiologiques. A celle classe devra probablement être jointe la martyre de Rusicade. »

(1) « J'ai demandé, conlinue M. de Rossi, que Ion vérifiât si l'emplacement du sépulcre correspondait à celui de 1 autel dans l'abside de la basilique; car, en ce cas, on y pourrait reconnaître la véritable tombe de la martyre. Malheureusement il n'a pas été i)ossiblc de dessiner un plan exact et d'explorer l'aire de la basilique, aujourd'hui en grande partie occupée par des constructions modernes, y Bull, di (inh. crisl., p. 28.

LES MARTVHS DE LAl-KIQLE ET DE LESPAONE. 433

immolées à Tliulnirbo (1). Crispine, leur compagne de prison (2), riche et noble matrone de Tagare (3), élevée jusque-lcà dans tons les raffinements du luxe romain, fut introduite à son tour, les mains liées, devant le tribunal (i). « Connais-tu la teneur du précepte sacré? » lui demanda le proconsul. « J'ignore ce précepte, » répondit Crispine. « U t'ordonne.

(1) « Uiu vivcrc desideras, aut ir.oriiii piiMiis, sicut et c^leneconsortes tuai Maxiina, Donalilla el Secunda? » Acta S. Crispinx, dans Ruinait, p. 495. Le martyrologe d'Adon el ceux qui en dépendent mettent au 30 juillet, sous le juge Anulinus, àTliuburbo, le inarr\re de Maxiina, Donalilla cl Sccunda, mais le placent par erreur au temps de Gallien.

(2] La mention de ïliuhiirbo dans les martyrologes permet de corriger une indication inexacte des Actes de sainte Crispine. D'après ceuxci, Crispine aurait étéjug^e par Anulinus à Tebessa ou Theveste, apvd coloninm Thebestiaum. C'est impossible, car le proconsul d'Afrique n'avait |ias juridiction dans celle Tille, qui appartenait à la Numidie. Puisque Ma\ima, Donalilla el Secunda sont a]>i)elées « les compagnes u ou « les complices » de Crispine, consoiies lux, celle-ci a dû ôlre martyrisée dans la même ville que ces trois chrétiennes. Tebessa doit donc être très vraisemblablement corrigée, dans les Actes, en Thuburbo.

(3) Ou pin lût de Tbagora. ville de la portion de la Xumidie qui faisait partie de la province proconsulaire.

{'ij Les Actes disent Diocletiano If et Maaimiano consulibtis. Le second consulat de Dioclélien est de 286, année fort éloignée de la persécution générale, el où il eut pour collègue non Maximien, mais Aristobuie. 11 faut sup|ioser que l'original portait IX et qu'un copiste maladroit la remplacé par 11. Les détails sur la famille, la forlune. l'éducation de Crispine ne sont pas dans les Actes, (jui ne disent pas non |dus qu'elle ait été juésentéc au tribunal les mains liées; mais saint Augustin [Enurr. in ps. c\x, 13) rai>pelle /"rw/nrtHi divitcm el delicafam et ajoute : « Ilanc enim, fratres, nuniquid est qui in Africa ignoret? Clarissima enim fuit, nobilis génère, abundans deliciis. « Dans VEnarr. in ps. r.xxxvu, 3, il ajoute : « Gaudebat cum tenebalur, cumad judicem ducebalur, cum in carccrem mittebalur, cum ligala producebatur... /)

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