XXXIV INTRODUCTION
formule inscrite sur les marbres et dans les calendriers ; quorum nomina Deus scit.
Cependant la destruction des monuments chrétiens ne fut pas partout poussée avec une égale rigueur : elle semble avoir été moins complète en Orient, où nous voyons à Césarée la bibliothèque fondée par Origène et accrue par Pamphile, à Jérusalem la bibliothèque instituée par l'évêque Alexandre, survivre à la persécution. Dans les villes mêmes ou la police fut impitoyable, comme à Rome, quelques pièces purent certainement échapper au naufrage. Nulle part la pénurie d'Actes authentiques n'est aussi grande que dans cette capitale du monde chré* tien, ce qui suppose, pour une Église d'une telle importance et où les persécuteurs firent tant de victimes, l'anéantissement presque complet de ses collections anciennes, en même temps qu'une brusque interruption de sa vie régulière, empêchant de recueillir ou de classer de nouvelles relations. Cependant, dès que la paix fut revenue, Tautorilé ecclésiastique put travailler avec succès à rassembler, en vue de la renaissance du culte public, les renseignements sur les martyrs romains tant de la dernière persécution que des persécutions précédentes. De nombreux indices font reporter à Tépiscopat de Miltiade et à l'année 312, c'est-à-dire au lendemain même de la persécution de Dioclétien, la compo-
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sitioD d'un calendrier romain, aussi précis pour les indications lopographiques que les deux tables des Depositiones episcoporum et martyrum publiées au milieu du quatrième siècle, mais beaucoup plus riche en noms de martyrs : on reconnaît aisément les membra disjecta de ce calendrier dans la vaste et confuse compilation du cinquième siècle connue sous le nom de Martyrologe hiéronymien (1). Si bien enracinées pourtant que fussent à Rome les traditions locales, et si fortement lié que le souvenir des martyrs demeurât aux cimetières où reposaient leurs corps, le calendrier des premiers jours de la paix contient bien des lacunes. Plusieurs portent sur des noms que leur illustration eût dû, semble-t-il, sauver de l'oubli : par exemple Flavius Clemens, les Domitilles, Acilius Glabrio, Liberalis, autre noble témoin du Christ, de date inconnue, factus de consule martyr, selon l'expression employée dans un des poèmes gravés sur sa tombe. Même le pape Télésphore, dont saint Irénée célèbre a le glorieux martyre, » saint Justin, dont on possède des Actes authentiques, sont passés sous silence. <c Quand, après la persécution de Dioclétien, furent rétablis le
(1) Dadiesne, les Sources du Martyrologe hiéronymien, dans les Mélanges d'archéologie el d'histoire pabliés par l'École française de Rome, Urage à part, 1885, p. 25-32. Voir l'édition critique da martyrologe publiée par MM. de Rossi et Ducbesne, 1894, à la suite du tome U des Acta Sanctorum de novembre.
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