‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'égliseChapitre 22 sur 39 · MARTYRS DE LA GIUCIE ET DE LA THRAGE · texte numérisé non relu

MARTYRS DE LA GIUCIE ET DE LA THRAGE

était immédiatement suivie de la sentence. Le magis** trat et le martyr essaient maintenant de se convaincre.. Au lieu d'un jugement dédaigneusement rendu, humblement OQ joyeusement accepté, c'est un duel, à la fin duquel il y aura un vainqueur et un vaincu. Aussi le ton des accusés s'élève-t-il. On entend plus souvent qu'autrefois sortir de leur bouche des paroles hardies, piquantes, indignées : on voit voler, en quelque sorte, « ces traits de Dieu, qui allumaient la colère des juges, mais parfois leur faisaient des blessures salutaires (1). » Aux prises avec Tarachus, Probus et Andronicus, le gouverneur de Cilicie va recevoir quelques-uns de ces traits, et y répondre par la main du bourreau.

Après une première comparution à Pompeiopolis, dont ni la date ni le procès-verbal n'ont été conservés, les trois accusés furent présentés à Tarse devant le tribunal de Maxime, le 25 mars selon certains manuscrits, mais plutôt le 31 mai ou le 20 juin, selon d'autres (2). Le gouverneur s'adressa d'abord à Tarachus : « Comment t'appelles-tu? car, étant le plus âgé, tu dois être interrogé le premier. Réponds. — Je suis chrétien. — Cesse de prononcer ce nom impie. Dis-moi comment tu t'appelles. — Je suis chrétien. »

(1) Saint Augustin, Enarr. in psalm, xxxix, 16.

(2) Voir la note de Ruinart, p. 458. Quant à la désignation consulaire de l'année, elle est donnée d'une manière incomplète ou inexacte dans les Actes soit grecs, soit latins ; mais les faits eux-mêmes ne peurent convenir qu'à l'an 304; voir l'avertissement de Ruinart, p. 456; TUlemont, Mémoires, t. V, note ii sur saint Taraque ; la note de Valois sur Ensèbe, EisL Eccl.j IX, 5.

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Maxime commanda aux bourreaux de lui frapper la bouche en répétant : « Ne réponds pas une chose pour une autre (1). » Tarachus reprit : « Mon vrai nom, je le dis. Mais si tu veux savoir comment on m'appelle parmi les hommes, mes parents me nomment Tarachus; et, quand j'étais soldat, on m'a donné le nom de Victor. — De quelle condition es-tu? — Romain et soldat, né à Claudiopolis en Isaurie. Mais, étant chrétien, j'ai renoncé à larmée. — Tu n'étais pas digne d'y servir, malheureux. Mais comment t en es-tu retiré? — J'ai demandé mon congé à mon chef Publius, il m'a renvoyé. — Considère ta vieillesse : je veux que tu sois de ceux qui obéissent aux ordres des princes : tu recevras de moi, en récompense, de grands honneurs. Approche donc, et sacrifie à nos dieux; car les empereurs eux-mêmes, qui gouvernent le monde entier, leur rendent un culte. — Ils se trompent, égarés par les ruses de Satan. — Frappez-le encore à la bouche, ordonna Maxime, pour avoir dit que les empereurs se trompent. — Je le dis et je le répète, ils se trompent, car ils sont hommes. — SacriQe à nos dieux, et abandonne toute cette malice. — Je ne violerai pas la loi de mes pères. — Il y a une autre loi que celle-là, ô mauvaise tète! »dit le gouverneur, qui fit flageller Tarachus. Mais, loin d'être ébranlé, le martyr confessa plus courageusement encore la divinité du Christ. « Laisse

(1) Sur celte formule, voir Edmond Le Biant, les Actes des mar^ iyrs, p. 84.

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