‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'égliseChapitre 29 sur 39 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

SOMMAIRE. — Les martyrs de Rome. — Séjour de Maximien Hercule à Rome.

— Exécution des cdits. — Sacriflces exigés de ceux qui fréquentaient les marchés ou les Tontaines. — Martyres de Marc et Marcellien, — de Castulus, — Tiburtius, — Gorgonius, Genuinus, trente soldats, — Pierre et Marcellin, — Artemlus, Candide, Pauline, — Sotère. — Noyades. — Simpïicius et FausUnus jetés dans le Tibre. — Enterrés par Yiatrix dans la catacombe de Çenerosa. — Sépulture de Vlatrix, de Rurus ou Rufinianus, dans la même catacombe. — Groupe de chrétiens du Latium décapités sur la Toie Salaria. — Martyre de leur prêtre Abundius et de leur diacre Abundantius. — Martyre de Basilla. — Mort du pape Marcellin, sa sépulture au cimetière de Priscille. — Vacance du siège apostolique.

— Martyre de Cyriaque,.Saturnlnas, Sisinnius, Apronianus, Smaragdus, Largus, Crescentianus, Papias, Maurus, etc. — Martyre de Timothée. — Martyre d'Agnès. •— Dévotion des Romains pour elle. — Son tombeau et son cimetière. — Martyre et sépulture d'Emérentienne. — II. Les Martyrs DE l'Italie et de la Rbétie. — Jules et Montanianus, à Piperno. — Valentin et Hilaire, à Surrena. — Eutychius, confesseur, à Corneto. — Secundus, Firmina, Félix, Casslen, Yénustien, Sabin, Grégoire, Carpophore, Abundius, Marcel, Exsuperantius, en Ombrie. — Martyrs de la Campanie et de la Lucanie. — Euplus, à Catane. — Lucie, à Syracuse.

— Martyrs du Picenum et de l'Emilie. — Victor et Agricola, à Milan.

— Cassien, à Imola. — Martyrs de la Yénétie et de la Transpadane. — Martyrs de Sardaigne. — Martyrs de Corse. — La persécution en Rhétie : sainte Afra. — III. Les martyrs de l'Afriqde et de l'Espagne. — Cruauté de Florus, président de Numidie. — Les dies lAurt/ïcalt'ont». — Martyrs enterrés à Mastar. — Cippes des martyrs Nivalis, Matrona, Salvus, entre Kalama et Cirta. — Inscription de Sétif en l'honneur des martyrs Justus et Decurlo. — Basilique de la martyre Digna, à Rusicade. — Martyrs à Hippone. — Martyrs de la Mauritanie. — Le vétéran Typasius. — Le portedrapeau Fabius. — Martyrs de la province proconsulaire. — Maxima, Donatilla et Secunda, à Thuburbo. — Crispine, à Theveste. — Martyrs d'Espagne. — L'hymne quatrième du Péri Siephanôn, — Martyrs anonymes à Saragosse. — Catus, Crementius, la vierge Encratis, confesseurs dans la même ville. — Mart3rrs de Girone, Barcelone, Alcala, Cordoue. — Sainte Eulalie, à Mérida.

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Les martjrrs de Rome.

Haximien Hercule, qui était veou à Rome avec Dioclétien pour la célébration des vicennales, y demeura probablement après le départ précipité de son collègue, et y célébra son huitième consulat (1). En tout cas, il était soit dans la capitale de TEmpire, soit au moins en Italie, au commencement de 304, et l'on peut croire qu'il y prit une part personnelle à la persécution (2).

(i) Tillemont, Histoire des Empereurs, t. IV, p. 101.

(2) La Passio S. Savini (Balaze, Miscellanea, t.1, p. 12) donne des détails très précis et très pittoresques sar la manière dont le peuple de Rome, réuni au Grand Cirque en présence de Maximien Hercule |)onr les Itidi ceriales du 17 ayril, aurait réclamé à grands cris la proscription des chrétiens ; sur la séance tenue quelques Jours après au Capitole par le sénat; sur le message impérial reçu par la haute assemblée ; sur les acclamations répétées en chœur par les sénateurs, et cite, d'après l'exemplaire envoyé à Vaugustalisàe Toscane (lisez au correcteur d'Ëtrurie et d'Ombrie), le reste du rescrit contre les chrétiens adressé par Maximien aux gouverneurs de ses provinces : a Commonemus ut ubicumque christiani nomen auditum fuerit, superstitionem colentes aut sacrificare cogantur diis, aut certe poenis intereant, facultatibusque nudati,eaedem fisco cum tributis adplicandae socientur. » La Passio S, Savini (saint Sabin, évéque d'Assise), dont Baronius (Ann., ad ann. 301) avait reproduit le commencement, et que Baluze a publiée tout entière, a été jugée par l'un et par l'autre une pièce excellente. Tillemont (Mémoires^ t. IV, art. xiv sur la persécution de Dioclétien) Ta critiquée le premier, en faisant ressortir les invraisemblances dont le corps de la pièce est rempli, malgré les apparences historiques du début. Frappé par ce début, M. de Rossi, au contraire, a réhabilité la Passion, au moins pour certaines parties : « elle a vrai-

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L'exécution de Tédit commença aussitôt à Kome^

ment, dit-il, des caractères intrinsèqaes et certains d'une grande antiquité, mais ils sont mêlés d'inexactitudes qui en altèrent la pureté, et trahissent Tépoque de l'auteur ou du dernier compilateur, qui n'est point contemporain des faits racontés. » (Bull, di archeologia cristiana, 1871, p. 90). M. de Rossi ajoute, à propos du préambule relatif 4 la scène du cirque, que celle-ci y est « décrite avec un si évident caractère de vérité, et des particularités si minutieuses, que Marini et d'autres critiques ont raison de louer ce passage comme tout à fait sincère. » (Ibid., 1883, p. 156). Edmond Le Blant {Les Actes des martyrs, p. 187-188), Mason {The persécution of Dioeletian, 1876, p. 212, 215), Vigneaux (Essai sur Vhistoire de la préfecture urbaine à Rome, p. 256), parlent de même. II y a quelques années, cette opinion favorable a été ébranlée par une étude critique de M. Lanzoni (la Passio S, SaHni ou Savini, dans Bômische Quarlalschrifl, t. XVll, 1903, p. 1-26). Passant de nouveau en revue, comme l'avait fait Tillemont, les défauts de la Passio Savini^ il est d'avis que celte pièce fut rédigée entre la (in du cinquième siècle et le commencement du sixième par un clerc ou moine romain, et est entièrement légendaire. Il n'admet même pas que la scène du cirque soit historique, et la croit inventée de toutes pièces par un écrivain familier avec les jeux du cirque et les agitations populaires auxquels ils donnaient encore lieu au cinquième et au sixième siècle. A ce jugement adhère le P. Delehaye, pour qui « rélément historique de la Passio Savini se réduit à fort peu de chose, et les vives couleurs de la scène du cirque n'ajoutent rien à la valeur de l'ensemble. » (ÀTUilecta Bolland,, t. XXIII, 1904, p. 95). Tel est également l'avis de M. Dufourcq (Étude sur les Gesta roartyrum romains, t. lî, p. 87-97), qui fait remarquer la popularité dont jouissaient les jeux de cirque au temps de Théodoric, et la connaissance que peut en avoir eue un écrivain de ce temps (cf. Cassiodore, Var,, I, 31; Migne, P. £., t. LXIX, col. 529). Cependant M. Dufourcq ne peut s'empêcher de noter la surprenante exactitude avec laquelle un passion naire de si basse époque cite les ludi ce* riales: « qui croira, dit-il, que le souvenir en ait longtemps survécu, passé leur disparition, ou qu'ils aient persisté jusqu'au sixième siècle? » Il y a 14, peut-être, un trait antique, emprunté à une rédaction primiUve, dont quelque chose se serait conservé, comme le suppose De Rossi, dans le préambule de la Passion. Néanmoins, l'incertitude sur ce point est devenue si grande, que je n'ose plus me servir de ce passage, comme je l'avais fait dans les éditions précédentes. Je ferai remarquer, cependant, que M. P. Monceaux (Histoire litté-

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De cruelles roses (1) mettaient les chrétiens dans l'alternative d'apostasier ou de se trahir. Ces inventions perfides sont fréquentes dans la dernière persécution. Déjà Ton a vu, & Nicomédie, des autels placés dans tous les prétoires, et les plaideurs invités à sacrifier avant d'exposer leur cause (2). En Galatie, les denrées alimentaires n'étaient mises en vente qu'après avoir été consacrées aux idoles (3). A Rome, des statues, devant lesquelles on devra offrir de l'encens avant d'acheter ou de vendre, furent posées de même dans tous les marchés : il y eut des gardes postés près des innombrables fontaines publiques, avec défense d'y laisser puiser ceux qui refuseraient de rendre hommage aux dieux (4).

Dans cette crise violente périrent plusieurs des mar-

raire de V Afrique chrélienne, t. III, 1905, p. 28) se sert encore de la Passio Savini pour fixer au 22 avril la ratification par le sénat et la promulgation à Rome de l'édit de persécution.

(1) Cf. saint Optât, De schism, donat,, lîl, 8 : « artificiosa crudeUtas. »

(2) Voir plus haut, p. 168.

(3) Voir plus haut, p. 331.

(4) a Facta est persecutio talis, ut nullus emeret aut venumdaret aliquid nisi qui' statunculis positis in eodem loco, ubi emendi gratia ventum fuissel, ttiuris exhibuisset incensnm. Circa insulas, circa Ticos, circa nymphœa quoque erant positi compulsores, qui neque emendi copiam darent aut hauriendi aquam ipsam facultatem tribuerent, nisi qui idolis delibassent. » Acia 5. Sebasiiani^ 65, dans Acla SS,, janvier, t. II, p. 275.— « Exierat enim edictum, ut nullus anderet emere, neque vendere panem, neque haurire aquam, nisi prius sacrificaret. » Actes des martyrs grecs, dans De Rossi, Eoma sotterranea, t. III, p. 208. — Cf. Tillemont, Mémoires, U V, art. sur la persécution de Dioclélien ; De Rossi, l, c, p. 212; Bullettino di arch. erisL^ P* 166.

tyrs que nomme la Passion de saint Sébastien (1). Peut-être Marc et Harcellien, inhumés entre la voie Appienne et la voie Ardéatine, dans un cimetière contigu à celui de Gailiste (2), avaient-ils reçu la mort dans une phase antérieure de la persécution (8) ; mais le supplice du zétaire Castulus est bien de ce temps. On raconte que, arrêté sur la voie Labicane, « les bourreaux le précipitèrent à Tinstant dans une

(1) J'ai déjà dit que les nombreux épisodes rapportés dans ces Actes sont rattachés les uns aux autres par un lien probablement très artificiel. Baronius {Ànn., ad ann. 286, S ^) reconnaît de même que ce qui est rapporté dans les Actes de saint Sébastien peut aroir été £ait en des temps fort éloignés l'un de Tautre.

(2) Corriger De Rossi, Roma sotterranea, 1. 1, p. 180-181 ; Armelllni, Antichi cimiieri cristiani di Roma, p. 437-440, par Wilpert, Nuovo Bullettino di archeologia cristiana, 1903, p. 44-50. La crypte des saints Marc et MarceUièn a été découverte en 1902 par W^ Wilpert, dans la partie de cimetière, en communication avec celui de Calliste, dans laquelle M. de Rossi arait tu à lort le cimetière de Balbine. Varcosolium de la tombe bisome des deux martyrs est orné de peintures. Au fond, les deux saints, de grandeur naturelle, et entre eux une femme, beaucoup plus petite, peut-être la fondatrice de la crypte. Dans la Toute de l'arc, plusieurs représentations du cycle accoutumé des peintures cémétériales : Moïse frappant le rocher. Moïse se déchaussant, multiplication des pains, sacrifice d'Abraham. Le centre de l'arc est occupé par un buste du Christ, et, à droite, un homme. Têtu de la tunique et du pallium, qui monte à une échelle, sous laquelle est un serpent; la figure correspondante de gauche est détruite. M" Wilpert reconnaît dans cette représentation, jusquici sans exemple dans les catacombes» une image du martyr montant au ciel après avoir triomphé du dragon infernal : traduction plastique de la célèbre Tision de sainte Perpétue {^ovt Histoire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3* éd., p. 112). La crypte est dans remplacement marqué IL* au plan général du cimetière de Calliste, tav. XL-L de la Roma sotterranea de M. de Rossi, 1. 1.

(3) Acla S. Sebastiani, b.

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fosse, et firent tomber sur lui une masse de sable (1). » Le saint se rendait peut-être à une réunion chrétienne qui se tenait dans quelque arénaire à cause de la confiscation des cimetières et des églises (2), quand il fut ainsi surpris et enterré vivant par les persécuteurs. Autour de son tombeau se creusa peu à peu une catacombe, dans la pouzzolane humide des infiU trations de Taqueduc Claudia : la dévotion aux reliques du martyr explique seule le choix d'un terrain aussi défavorable (3). Plus près de Rome, sur la même voie, fut décapité Tiburtius : son tombeau [k) est dans un autre cimetière de la voie Labicane, contemporain de Dioclétien (5), et primitivement appelé, d'une dénomination locale, ad duos lauros (6).

(1) a llissus est in foYeam, et dimissa est super eum massa areaaria. » Acta S. Sebasliani, 83.

(2) Cf. De Rossi, Borna soUerranea, t. I, p. 201-202, et 2* partie, p. 15, 37.

(3) De Rossi, BuUeltim di archeologia crisUana, 1865, p. 9-10; Annellini, Antichi cimiteri cristiatii di Roma, p. 284-287. a Castulus est un martyr absolument historique, et sa mort dans un puits (genre de martyre dont l'bagiograptiie romaine offre plusieurs exemples) fut sans doute suggérée par la présence de son tombeau au fond d'un arénaire. » Franchi de' Cavalieri, Nuovo Bull, diarch, erist,^ 1903, p. 125.

(4) Représenté par une petite basilique encore visible, que mentionne la Passion des SS. Pierre et Marcellin, remontant probablement au sixième siècle, et l'itinéraire de Salzbourg, du septième; de là partait un escalier descendant à l'intérieur du cimetière. Voir Nuovo BuileUino di archeologia criêiiana, 1898, p. 178-182.

(6) De Rossi, Borna soiterranea^ t. I, p. 178-179. Voir l'inscription mise sur le tombeau par le pape Damase, Inscriptiones christianx urbis Bonut, t. U, p. 64, n» 12; p. 96, n»48. Un graffito : TIBVRTIVS IN ^ CVM S Vis AMEN est peut-être une allusion au martyr : Armellini, Antichi cimiteri cristiani di Borna, p. 291.

(fi] Sur ce cimetière, voir Bullettino di archeologia cristiana, 1864,

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Ce cimetière, où reposèrent entre autres martyrs Gorgonius, Genuinus, un groupe de trente soldats (1), reçut bientôt le nom des saints Pierre et Marcellin, en souvenir de deux des plus célèbres victimes de la persécution (2). Le premier était prêtre, le second exorciste. Décapités dans la forêt Blanche (3), sur la voie Comelia, ils furent transportés dans la catacombe de

p. 10,82; 1873, p. 147; 1877, p. 21; 1878, p. 46,69-71, 149; 1879, p. 76- 87; 1881, p. 164, 165 ; 1882, p. 1 11-130; Nuovo BulletUno, 1898, p. 137- 183. Les caractères archéologiques du cimetière paraissent à M. de Rossi « cooTenir à la période qui précéda la paix constantinienne plutôt qu*à la période suivante. » Bull., 1882, p. 120.

(1) Roma soUerranea, 1. 1» p. 178-179. Inscription damasienne du tombeau de Gorgonius, Inscr. christ, urbis Romx, t. II, p. 64, «o 13; p. 107, n"" 52; p. 374, n** 120. Je ne reproduis pas cette inscription, non plus que celle de Tiburtius, parce qu'elles ne contiennent aucun renseignement historique. Selon le Martyrologe romain, Gorgo- «lios serait un martyr de Nicomédie, dont le corps aurait été transf>orté à Rome. Mais ce martyrolpge le dit enterré sur la^oie Latine, -ce qui est faux. Le Martyrologe hiéronymien porte : « Romœ via Labicana inter duas lauros in cimiterio ejusdem natale sci Gorgoni. » Tous les itinéraires du septième siècle désignent également le cimetière de la Toie Labicane. La chambre funéraire de Gorgonius est probablement celle où se voit au fond, à gauche, un siège taillé dans le tuf, et dont la voûte, décorée de peintures du cinquième ou sixième siècle, porte Fimage de Jésus-Christ entre les apôtres saint Pierre et •saint Paul, avec, au-dessous, TAgneau divin entre quatre saints désignés ainsi : PETRVS MARCELLINVS TIBYRTIVS GORGONIVS. •Gomme Tiburtius fut enterré au-dessus du cimetière, et que la cham- •bre funéraire de Pierre et Marcellin est distincte de celle que nous ve- •nous de décrire, celle-ci paraît bien avoir servi à Gorgonius. Voir Nuovo BulletUno di archeologia cristiana, 1898, p. 184.

(2) Pierre et Marcellin sont parmi le petit nombre de martyrs nomvinés tu canon de la messe.

(3) Là avaient été également décapitées, sous Yalérien, les saintes .Rufine et Seconde; voir les Dernières Persécutions du troisième siècle, 3* éd., p. 103.

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la voie Labicane (1) par une sainte femme nommée Lucille, parente de Tiburtius (2). Le pape Damase a composé pour leur tombeau (3) une inscription en vers, dans laquelle il rapporte, d*après la confession du bourreau lui-même, les circonstances de leur martyre. « Harcellin, Pierre, écoutez le récit de votre triomphe. Quand j'étais enfant, le bourreau m'a raconté, à moi Damase, que le persécuteur furieux avait ordonné de vous trancher la tête au milieu des broussailles, afin que personne ne pût retrouver votre sé-

(1) Le 2 juin : a III non. jun. Komœ in cimiterio td duas lauros Tia Lavicana miliario quarto Marcellini presb. et Petro exorcista. » Martyrologe hiéronymien.

(1) Aeta SS. Marcellini et Pétri, dans Acta SS,, Juin, t. II, p. 171. Voir sur ces saints, Briider, Die heiligen martyrer Marcellinus und Petrtu, ihre Verehrung und ihre Jteliquien, nach gedruckten und ungedrukten Qwllen, Mayence, 1878.

3) La crypte des saints Pierre et Marcellin a été découTerte par M. Stevenson, lors des travaux faits dans la catacombede 1895 à 1897. Un escalier y conduisait. Près de la cliambre, un antique pèlerin avait tracé an graffito en leur honneur. La chambre est vaste, et a été taiUée de manière à recevoir de nombreux visiteurs. Au centre, devant l'abside, subsiste, isolé, un bloc de muraille, contenant deux loctUi. H est évident que ce pan de mur a été conservé à dessein, quand tout autour on démolissait une galerie et l'on abattait les parois pour créer le sanctuaire souterrain. Les deux tombes qui y restent ont contenu les corps des martyrs que, par un sentiment de respect, on n'avait pas voulu transporter dans une sépulture plus monumentale : on s'est contenté de décorer sur place les humbles loculi de pilastres et de marbres. Voir Nuovo Bullettino di archeologia cristiana, 1897, p. 117-125; 1898, p. 148-178 et pi. I-II, XII, XUI. ConstanUn avait élevé au-dessus du cimetière une vaste basilique en Thonneur des saints Pierre et Marcellin (Liber Pontificalis, Silvester, éd. Du* cbesne, t. I, p. 182), mais toute trace en a disparu. La petite basilique existante encore, et d'où part l'escalier qui descend dans le cimetière, est celle de Gorgonius, dont il a été quesUon plus haut, p. 381, note 1.

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pulture. Joyeux, vous avez préparé celle-ci de vos propres mains. Après que vouseûtes pendant quelque temps reposé dans une blanche tombe (1), vous fîtes savoir ensuite à Lucille (2) qu'il vous plairait d'avoir vos très saints corps enterrés ici (3). »

Quelques jours avant les saints Harcellin et Pierre, avaient péri trois membres d'une famille convertie par eux, Artemius, qui fut, dit-on, leur geôlier, réponse et la fille de celui-ci, Candide et Pauline. Arrêtés comme ils sortaient d'une crypte de la voie Aurélia (4), où Marcellin avait célébré la messe, Artemius fut frappé du glaive (5), Candide et Pauline précipitées par le luminaire et accablées sous les pierres (6). Cette exécution, aussi barbare dans son

(1) Allusion à lear tombeau primitif dans la Silva Candida. (3) Cf. Acia SS. Mareellini et Pétri, 6.

(3) MABCELUNB TVOS PARITBR PETBB NOSCE TRITMPHOS PBRCTSSOR RBTTUT Mini DAMASO CVM PTBR E6SEH HAEC SlBl CARNIFICKM RABIDYH MANDATA DEDISSE 8EP1BTS IN MEDIIS VESTRA TT TVNC COLLA 8ECARET RE TTMTLTIf YESTRUM QVISQVAM COGNOSCBRE P0S8ET TOS ALACRBS YESTRIS MANIBVS MVNDASSE SBPYLCRA CANDIDYLO OCCTLTE POSTQDAM lACTlSTlS IN ANTRO P08TEA GOmtONITAM YBSTRA PIETATE LTCILLAM

HIC PLACVISSE MA018 8ANCTI88IXA CONDBRE MBMBRA

Cette inscription est rapportée dans les Acta SS, Mareellini et Pétri, 8; voir à ce sujet les observations de M. de Rossi, Inscript, christ, urbis Bonue, t. II, p. 45.

(4) Au cimetière de saint Calépode ; cf. De Rossi, BuUettino di ar» cheologia cristiana, 1881, p. 104-106; Roma sotterranea, t. î, p. 165, 182.'

(5) Les itinéraires des pèlerins du septième siècle marquent le tombeau d'Artemius sur la voie Aurélia. De Rossi, Borna sotterranea, 1. 1, p. 182.

(6) a Sanctam vero Gandidam atque rirginem Paulinam per prœci-

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genre que celle de Gastulus, convient à un moment où rentrée des cimetières était défendue, et où ceux qui s'y aventuraient couraient risque de la vie. Mais la manière dont moururent les deux martyres, jetées de dehors dans les profondeurs de la catacombe par le puits qui y faisait pénétrer l'air et le jour, montre que, dans les temps qui précédèrent la persécution, les chrétiens avaient possédé en paix leurs cimetières, et n'avaient pas craint d'y faire des travaux extérieurs et apparents (1).

Candide et Pauline étaient de condition médiocre; mais la persécution n'épargnait pas les plus illustres Romsdnes. Saint Âmbroise a célébré le martyre de sa parente Sotère, descendant comme lui de la gens Âurelia (2). « C'était une belle et noble vierge : à l'illustration des aïeux, aux consulats et aux préfectures gérés par les ancêtres, elle préféra la foi : quand on la somma de sacrifier, elle répondit par un refus. Le persécuteur ordonna de souffleter la jeune fille, espérant qu'elle céderait, sinon à la douleur, au moins

pitiuin, id est per luminare cryptae, jaclantes, lapidibas obrueruQt. » Acta SS, Marcellini et Pétri, 7. La vraie leçon donnée par plo^ieors manuscrits de Rome (Bosio, Roma soUerranea, p. IIA) et par le plus ancien des manuscrits de Paris contenant ces Actes (Le Blant, les Actes des martyrs, p. 275] est Inminare et non, comme d'autres le portent, Uminare. Cf. l'inscription du diacre Severus (295-303) :

CTBICYLVM DVPLBX CTM LTHINARE

(De Rossi, Roma sotUrranea, t. IIL p. 46 et pi. V, n*» 8). Voir d'auires inscriptions faisant allusion au luminare dans Le Blant, /. c.

(1) De Rossi, Roma sotterranea, t. III, p. 422-413.

<2) Sur la famille et la noblesse de sainte Sotère, t6td.,p.23*29.

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à la hoDte. Hais elle, à ces paroles, découvrit son front, et parut voilée de son seul martyre : elle alla au-devant de Toutrage, présenta ses joues, pressée de sanctifier par la souffrance des attraits qui eussent pu causer sa ruine. Elle se réjouissait de perdre une beauté périssable, afin de mettre sa pudeur à Vabri du péril. On put meurtrir son visage : la beauté intérieure demeura intacte (1). » Quelle lumière jettent ces paroles sur les dangers que la jeunesse et la beauté faisaient courir aux femmes chrétiennes, en ces jours où ni l'innocence ni la noblesse ne pouvaient plus les protéger contre de honteux caprices ! Elles en étaient réduites à bénir la main brutale qui, s^abattant sur leur visage, le défigurait jusqu'à lui faire perdre toute forme humaine. « Ainsi, continue saint Ambroise, à travers les injurieux traitements réservés aux esclaves, elle atteignit le faite de sa passion, si courageuse et si douce que le bourreau se fatigua de frapper ses joues avant que la martyre fût fatiguée de souffrir ses outrages. On ne la vit ni baisser la tête, ni détourner le front; elle ne poussa pas un gémissement, ne versa pas une larme. Enfin, après avoir épuisé tous les tourments, elle reçut du glaive le coup désiré (2). » On enterra Sotère dans la région cémétériale qui porte son nom, contigué au cimetière de Calliste, et creusée en toute liberté pendant les premières années du règne de Dioclétien (3). Cette area parait avoir

(i) Saint Ambroise, De exhoriatione virginitaiiSf 12.

(2) Saint Ambroise, De Virginibus, III, 6.

(3) Voir plus baat, p. 63.

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échappé à la confiscation, probablement parce qu'elle était restée de droit privé, n*ayant pas encore été donnée à TÉglise quand la persécution éclata, bien que de longue main préparée pour Tusage de la communauté chrétienne (1).

(1) Borna soUerraneOt t. IH, p. 36. — Les anciens documents citent plusieurs martyres du nom de Sotère; la clairroyante critique de M. de Rossi a pu les distinguer, renvoyer à la persécution de Yalérien la Sotère honorée le 12 mai sur la voie Aurclia en même temps que saint Pancrace (voir les Dernières Persécutions du troisième siècle, 3* éd., p. 104), et retenir pour la persécution de Dioclétien celle dont la commémoration est marquée sur la Toie Appienne, au 10 février dans le petit Martyrologe romain, au 11 février dans une inscription de 401 et plusieurs manuscrits du Martyrologe hiéronymien, au 6 février en d'autres manuscrits de la même compilation (Borna sotlerranea, 1. 111, p. 18-23). Cependant deux manuscrits des Actes de saint Pancrace contiennent l'addition suivante : « Eo tempore passa est virgo nomine Soteris, nobili génère orta, sab Diocletiano imp. novies et Maiimiano octies consulibus » (Ruinart, p. 406), ce qui est la date consulaire de 304; mais il est facile de voir qu'une confusion anciennement établie entre les deux saintes homonymes a fait introduire dans les Actes de ce martyr contemporain de Yalérien une mention relative à la Sotère immolée sous Dioclétien. Reste une difGculté : celle-ci est honorée en février; or, selon toute apparence, la persécution générale n*était pas commencée à Rome dès février 304, époque où Dioclétien malade, fatigué d'avoir pris à Ravenne son neuvième consulat, voyageait lentement vers les provinces danubiennes, et n'avait pas encore pu subir les conseils du véritable auteur du quatrième édit, Galère, resté en Orient. Je me demande si la date demeurée flottante entre le 6 et le 11 février serait, non celle de la mort, peut-être oubliée quand furent compilés les manuscrits hiérony miens et l'inscription de 401, mais plutôt celle d'une translation des reliques de la sainte après la paix de l'Église. La chambre où avait été déposée primitivement sainte Sotère (X,39, sur le plan général du cimetière de Calllste,'Aoma sotter» ranea, t. lU, pi. XLIl-XLV) paraît avoir été pendant un certain temps visitée par les pèlerins, comme en témoignent les travaux faits pour leur donner accès {ibid., p. 33, 86-87); cependant elle ne reçut pas la décoration accoutumée des sanctuaires historiques des catacombes, parce que le tombeau de la martyre fut plus tard transféré dans une

En Occident comme en Orient, le caractère dominant de la dernière persécution est Textréme brutalité. Aux supplices légaux on substitue des expédients barbares, qui tiennent du massacre plutôt que d'exécutions régulières. La noyade, réservée par le droit pénal aux parricides, devient d'un usage fréquent : elle est considérée comme le mode le plus expéditif de se débarrasser des condamnés, sans bruit, sans exciter chez les spectateurs ces mouvements de pitié qui commencent à paraître plus souvent que ne voudraient les bourreaux. A Nicomédie, sous les yeux de Dioctétien, les noyades ont eu lieu dès 303 : nous les avons vu continuer en province. A Rome, en 304, on fait usage aussi de ce sauvage et hypocrite supplice, que renouvellera chez nous la Terreur.

C'est ainsi que du « pont de pierre, r, pons lapideus, au-dessous de l'Ile du Tibre (1), Simplicius et Faus-

petite basilique à trois absides (cella trichora) construite sur le sol, à quelque disUnce (ibid., p. 36; cf. 1. 1, p. 259-264; t. III, p. 17, 469, et pi. XXXIX). Je Terrais volontiers dans la date de février un souvenir de cette translation.

(1) « Corpora eorum ligato saxo in colla eorum mittebantur per pontem, qui dicitur lapideus, in Tiberis rheuroatibus. » Àcta SS. Bea* tricis, Simplicii, FaïuUni, dans les Acta S5., juillet, t. VII, p. 47.— Le cosmographe Ethique (sixième siècle) place ce pont en aval de l'tle : « Post iteruro, ubi un us effectus (Tiberis), per pontem Lepidi, qui nunc abusive a plèbe lapideus dicitur, juxta Forum boarium, quem locum Cacum dicunt, transiens adunatur gratissimo sono, depictus verticibus suorum turbinum, » etc. ; cité par De Rossi, BulieUino di archeologia crisHana, 1869, p. 11. Ce pont est nommé aussi par les Actes de saint Pigmenius : « Pontem lapideum, quem omnes pontem majorem appellant; » Acta 55., mars, t. III, p. 479. C'est le Ponte Rotto d'aujourd'hui. Voir cependant, sur la controverse relative à l'identification du Pons lapideus ou Lepidi, soit avec le Ponte Rotto,

tinus furent jetés dans le fleuve. Le courant les entraîna; sainte Viatrix (1), sœur des martyrs, assistée des prêtres Crispus et Jean (2), put, le 29 juillet, repêcher leurs cadavres au lieu dit Sextum Philippi (3). L'emplacement appelé de ce nom était un très vaste latifond, qui parait s'être étendu sur la rive droite

soit avec le Pont Fabrieios (aujourd'bai Quatlro Capi) qui relie Tile à la rive roiDaine, Mommsen, MonaUbericht der K. Akad. der Wistenschaften zu Berlin, 1867, p. 535-536; Preller, Die Regionen der Stadl Rom, p. 153; Canina, Indic. iopogr. dell reg. di Roma, 4* éd., p. 560-561 ; Jordan, Topographie der Stadt Rom in Àlterthum, t. II, p. 200-202. M. Maurice Besnier a démoatré que le pons lapideus des documents de basse époque est bien le pons Emilius, c'est-à-dire le Ponte Rotto d'aujourd'hui : L'Ile Tibérine dans Vantiquité, 1902, p. 129-132.

(1) Les fragments consenrés de rinscription damasienne en l'honneur des martyrs et de leur sœur portent : FAVSTINO VIATRICI. Viatrix est la forme féminine du cognomen Viator, fréquent chez les premiers chrétiens, et non, comme on Ta cru, une corruption de Beatrix. Les plus anciens documents désignent la sainte dont il est question ici par le nom de Viatrix : plus tard on le corrigea maladroitement en Beatrix. De Rossi, Roma soUerranea, t. III, p. 652-653; cf. BulleUino di archeologia criitiana^ 1883, p. 144.

(2) Le prêtre Jean est nommé dans plusieurs autres Passions, comme enseyelisseur de martyrs (S. Marcel, S. Marins, S** Bibiane); le prêtre Crispus lui est seulement associé dans les Acta SS. Beatricis, etc. Mention est faite de tous deux, au 18 août, dans le Martyrologe d'Adon : <K XV Kl. Sep. Romae, in Sexto Philippi, natale beatorum presbyterorum Jobannis et Crispi, qui persecutione Diocletiani et Maximiani mulla sanctorum corpora officiosissime sepelierunt. Quorum meritis et ipsi postmodum sociati gaudia yitae promeruerunt. » Cf. De Rossi, Romasotterranea, t. III, p. 663. Sur cette mention du Martyrologe, voir Quentin, Les martyrologes historiques du moyen rîye, p. 574.

(3) « Quoniam corpora Dei nutu inventa sunt juxta locum, qui appellatur Sextum Philippi via Portuensi. » Acta SS, Beatricis, etc. Le cosmographe Éthique décrit ainsi ce lieu : « Circa Sextum Philippi, quod prœdium missale appellatur, geminatur (Tiberis) et in duobus ex uno efiectus insulam facit inter portnm Urbis et Ostiam civitatem. » Bullettino di archeologia cristiana^ 1869, p. 11.

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du Tibre, entre le sixième et le dixième mille, et avoir appartenu à Tadministration des jeux du cirque, dépendant de la préfecture urbaine (1). Son extrémité la plus rapprochée de Rome touchait presque au bois sacré des Arvales. Les eaux étaient basses et le courant peu rapide à cette époque de Tété : Viatrix et ses compagnons retrouvèrent aisément les restes des martyrs vers Tendroit où le fleuve, un peu avant d'arriver au Sextum Philippin fait un demicercle autour de la colline couverte par le bois sacré (2). On ne pouvait songer à porter les corps dans quelqu'un des grands cimetières, tous confisqués à ce moment, et d'ailleurs trop éloignés ; mais, prenant le chemin antique qui de la voie Gampanienne ou de la voie de Porto gravissait la colline le long du bois (les fouilles récentes en ont révélé la trace), le courageux groupe arriva au champ de la chrétienne Generosa, voisin du domaine arvalique (3). Ces lieux, autrefois si animés, étaient maintenant déserts et infestés de brigands {k). Depuis le milieu du troisième siècle, le collège des Arvales avait cessé de se réunir et d'offrir à la Dea Dia les sacrifices commandés par le rituel : les somptueux édifices qui avaient abrité ses

(1) Ibid,, p. 10-11, et Roma soUerraneaf l. Ul, p. 6^9.

(2) Aussi iioscripUon (appareinaieot da septième siècle) relative à SimpUcius et FaasUnus qui passi sunt in {lumen Tiberis ne les dit pas enterrés an Seitum Philippi, mais en amont, super (Sextum) Philippi, Bullettino di archeologia cristiana^ 1866, p. 44-45 ; 1869, p. 2.

(3) Roma soUerranea, t. lU, p. 665.

(4) Inscription païenne du troisième siècle; ibid,, p. 683.

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390 LE QUATRIÈME ËDIT EN OCCIDENT (30i).

fêtes, le CdBsareum, la salle tétrastyle, les exèdres, se dressaient abandonnés au milieu des grands arbres (1). Profitant de cette solitude, les chrétiens pouvaient enterrer leurs morts dans les sablonnières qui s'étendaient sous la colline, et où Ton avait probablement accès par le champ de Generosa (2). C'est ce que firent Viatrix et ses compagnons : ils déposèrent les corps des martyrs dans une chambre de Tarénaire : une sorte de sarcophage adossé à la muraille et formé de débris de marbres maçonnés à la hâte remplaça les tombes que Ton avait coutume de creuser dans les parois des cimetières souterrains (3).

A son tour Viatrix, étranglée par les païens quelques mois après la mort de ses frères, fut enterrée dans le même arénaire par les soins de la matrone Lucine (4.). Un autre martyr eut sa sépulture dans ce

(1) De RosAi, Ann. delV Instit. di corresp. archeoL, 1858, p. 54l^,Bulleit, di arch. crisL, 1869, p. 14; G. de La Berge, art. Arvales, dans le Dictionnaire des Antiquités, t. I, p. 453; Histoire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3* éd., p. 254-255. Le bois sacré n'était plus fréquenté par les païens qu'une fois par an, le 29 mai, pour les ambarvalia, qui se prolongèrent pendans le quatrième siècle et même au delà, et ne disparurent qu'après l'institution de la fête des Rogations; voirDe Rossi,jRo7/ia sotterranea, t. III, p. 690-691; Bull, arch, corn,, 1889, p. 117. On a d'autres exemples de monuments religieux abandonnés à l'époque païenne; ainsi, le groupe de monuments en l'honneur du Soleil, remontant au second siècle, et délaissés dès le règne d'Aurélien, qui a été découvert sur le Janicule. Bull. arch. corn., 1887, p. 92.

(2) Roma sotterranea, t. ni, p. 690; Bull, di arch. crist., 1869, p. 14. L'inscription du septième siècle ùïi : ccemeterium Generosx super Philippi; Bull, di arch. crist., 1866, p. 44.

(3) Roma sotterranea.t. III, p. 670.

(4) u Quam etiam sancta et Tenerabilis Lucina una cum suissanctis-

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simis fratribus ibidem in Sexto Philippi sepeliWt IV Kal. Aug. » Acta SS, Beatricis, Simplicii, Faustini, dans Acta SS,, Juillet, t. VU, p. 36.

— « QDam sancta Lucina cum suis fratribus ibidem, in Sexto Philippi sepelirit. » Acta S, Anlhimii, 13, dans Acta ^5., mai, t. VII, p. 617.

— La Passion de saint Anthiroe le dit enterré au 28* mille de la voie Salaria; le Martyrologe hiéronymien (il mai) place son tombeau « ria Salaria mil. XXII. » M. Stevenson a retrouvé au 23* mille de la voie Salaria un petit cimetière souterrain et les ruines d'une église; la col-. Une où s'élevait celle-ci porte encore le nom de a colline de saint Anthime. » Nuovo Bull, di arch, crisL^ 1896, p. 160. — Les détails donnés sur la matrone Lucine par ces Passions et par celles de saint Sébastien, de saint Gyriaque, de saint Marcel, par la notice de ce pape au Liber Ponti/icalis, la représentent comme une grande dame, occupée de la sépulture des martyrs. On la dit petite-fille par sa mère de l'empereur Gallien, fille de Sergius Terentianus, préfet de Rome, et veuve de Faltonius Pinianus, proconsul d'Asie. La liste des préfets Insérée dans le recueil philocalien ne contient pas Sergius Terentianus, et parmi les proconsuls d'Asie aujourd'hui connus on ne trouve pas FaHonins Pinianus; voir cependant sur ce point les observations de M. Mowat, Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1898, p. 270-272. Le Martyrologe de Notker (x* siècle) mentionne au 10 mai l'anniversaire de l'ancien préfet (converti) Faltonius Pinianus et de sa femme Anicia Lucina. On a cru reconnaître celle-ci dans la Turrania Lucina, dont le sceau se verrait empreint sur le mortier d'une tombe du cimetière Ostrienet d'une tombe du cimetière de sainte Agnès (De Rossi, Bull, di arch. crist., 1876, p. 151 ; Arinellini, La cripla di S. Enterenziana, p. 76; Il cimitero di S. Agnese, p. 175 et pi. XIII, n» 5) : on pourrait admettre, dans ce cas, que le Sergius Terentianus dont nous parlons plus haut est une déformation de Turranius, préfet de Rome en 290, lequel serait le père de Turrania Lucina. Ce qui est certain, c'est que toutes ces familles sont historiques : les Piniani sont bien connus au quatrième siècle, et entre les Anicii, les Faltonii et les Turranii existent à cette époque des rapports de parenté et d'alliance (Armellini, // cimitero di S. Agnese, p. 175, 177). Comme l'une au moins des tombes sur lesquelles on a lu le sceau de Turrania appartient à une région cémétériale postérieure à la paix de TÉglise, cette empreinte prouverait (comme l'indiquent, du reste. les Passions de sainte Viatrixet de saint Anthime; Acta SS.» mai, t. II, p. 619; juillet, t VII, p. 36) que Lucine survécut à la persécution, et continua encore l'œuvre charitable de pourvoir A la sépulture des chrétiens. Mais un examen plus attentif des empreintes donne des doutes sur leur lecture, et peut-être sont-elles seulement des marques, laissées par les ouvriers qui cimentèrent les tombes, marques qui n'auraient

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cimetière improvisé, Rufus ou RuBnianus (1), qui avait appartenu à la milice palatine et rempli la charge de vicaire d'un des préfets (2) : la peinture de basse époque qui lui fut plus tard consacrée lui en donne Tuniforme, une chlamyde fixée à l'épaule par ^ne riche agrafe (3). C'est probablement le Rufus dont parlent les Actes de saint Chrysogone, qui, ayant, en vertu de sa charge, la garde de ce prisonnier chrétien, fut converti par lui avec toute sa famille et donna sa vie pour sa nouvelle foi (&).

point de rapport arec rhistotre oa la légende de Lncine vdans ce sens, Jabaru, Sainte Agnès, p. 166).

(1) Les Romains donnaient indifféremment au même personnage le nom ou son diminutif, Rnfus ou Rufinianus, Faustus, FausUnus ou Faustinianuf , Clementinus ou Clémentianus. Voir les exemples dtét par De Ko&s\, BulleUino di archeologia cristiana^ 1869, p. 7; Roma soUerranea,' t. III, p. 657-658.

(2) Cf. Lactance, De mort, pers.y 7.

(3) Roma sotterranea, t. III, p. il ; cf. p. 659-660, et Bull, diarck* crist.y 1866, p. 5, 7-8. — Sur la chlamyde comme insigne disUnctif des vicaires, Toir NotUia e?iynt<., Occid., Btfcking, p. 428; Gassiodore, Vflr., VI, 15.

(4) « Erat autem in Tînculis jussu Diocletiani... Chrysogonus... Hic erat apud Rufum quemdam Yicarium, quem dominus Jésus Christus cum oroni domo sua per Ctirysogonum lucratus est. » Martyrium SS, Anastasix et Chrysogoni, dans Surius, Vitx SS,, t. XII, p. 313. — « Natalis S. Rufi martyris, quem dominus noster Jésus Christus cum omni domo sua per Chrysogonum martyrem lucratus est; quem cum omni domo sua Diocletianuspunilum, Christo martyrem dédit.» Adon, Mariyrol., 28 noT.Les Actes de saint Chrysogone, personnage romain martyrisé le 22 novembre à Aquilée, et de sainte Anastasie, martyrisée le 25 décembre à Sirmium, sont mêlés de trop d'Inventions légendaires pour qu'il soit aisé d'en extraire, avec quelque certitude, ce qu'ils peuvent contenir d'éléments traditionnels. Je me bornerai à rappeler la célébrité acquise de bonne heure à Rome par saint Chrysogone dont le Utulus primitif , sur l'emplacement duquel fut édifiée l'église moderne, paraît remonter à l'époque de Constantin, et l'importance

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D'autres martyrs immolés à Rome en ces jours sanglants eurent leur tombeau plus loin encore de la Ville étemelle (1). Vingt- trois chrétiens se tenaient cachés au vicus Canarius, dans la maison de la matrone Théodora (2), sous la conduite du prêtre Abundius et du diacre Abundantius (3). C'étaient probablement des habitants d'un bourg duLatium, qui, effrayés de la persécution, avaient fui à Rome dans Tespoir d'y échapper plus facilement aux recherches. Cet espoir fut déçu : les fugitifs furent arrêtés le 5 août et menés sur l'ancienne voie Salaria, où on les décapita. Leurs corps, disent les Actes, reçurent la sépulture sur la même voie, dans un cimetière voisin de la « montée du Concombre (&), » au lieu dit « les sept Colombes (5). » Abundius et Abundantius n'avaient

que le coite de sainte Anastasie obtint à Rome Ters le sixième siècle, au point qu'une des trois messes de Noél lai était propre. Voir Tillemont, Mémoires, t. V, art. sur sainte Anastasie, veuve et martyre; Duchesne, Notes sur la topographie de Rome au moyen âge, III; Bickersteth Birks, art. Chrysogonus^ dans le Diclionary of Christian biography, t. I, p. 516; Armellini, le Chiese di Roma, p. 202.

(1) Passio SS, Abundii et Abundantii, dans Acta 55., septembre, t. V, p. 300. On ne peut guère emprunter A cette Passion (dont M. de Rossi dit seulement qu'elle est antérieure à l'an mille) autre cbose que des noms et des indications topographiques ; mais celles-ci sont très remarquables.

(3) « In domo Theodorœ, in vicum qui dicitur Canarius. » Ibid. Le vicus Canarius n'est-il pas une corruption du vicus Caprarius nommé dans d'anciens documents? Voir Jordan, Topogr. der Stadl Rom in Alterthum, i, II, p. 103.

(3) A ce groupe fait probablement allusion, 7 aoOt, le Martyrologe hiéronymien : « Rome Passio Scôrû XXV marty. » De Rossi- Duchesne, p. 102.

(4) « In crypta in clivo Cucumeris. » Passio.

(5) Le cimetière portait anciennement le nom Ad septem columbas^

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pas été jugés en même temps que leurs paroissiens : les persécuteurs, voulant sans doute instruire plus solennellement leur procès, les firent comparaître au forum de Nerva, où était le secretanum du préfet de Rome et où ce magistrat rendait souvent la justice (1). Après de cruelles tortures, le prêtre et le diacre furent

comme d'autres s'appelaient également, de désignalions locales, Ad duos lauros. Ad insalsatos, Ad unum pileatum; De Rossi, Roma soUerranea, t. I, p. 132. Après la paix de l'Église il fat connu sons le nom de Ad caput S. Joannis, parce que la tête d'un martjrr Jean, par une exception presque unique à cette époque, avait été mise séparément du corps sous l'autel de la petite basilique érigée au-dessus du cimetière. Parmi les martyrs qui reposèrent dans celui-ci était le consul Liberalis, dont deux inscriptions en yers célébraient la mo rt pour le Christ, sans qu'aucun document ait gardé son souvenir, et par conséquent sans qu'on puisse savoir dans quelle persécution il périt. Voit Inscripiiones christianx urhis Romx, t. Il, p. 101, n"" 23, et 102, n' 38; Bull, di arch. crisf., 1888-1889, p. 54-55.

(I; tf Praesentati in Tellude in foro ante templum.» Pa«5io. Le temple de Tellus, élevé en 484 de Rome, dans le quartier des Carines, est sourent nommé dans les Passions des martyrs (cf. Jordan, Topogr, der Stadt Rom in AUerthum, 1. 1, p. 71 ; t. Il, p. 381, 488-492). Ce lieu est quelquefois désigné, comme dans la Passion de saint Abundius, par la formule abrégée In Tellude [et De Rossi, Roma sotUr» ranea, t. III, p. 206, et le Liber Ponlificalis, Cornélius, éd. Duchesne, t. I, p. 150), qui se retrouve sous la forme incomplète IN TEL... dans un des fragments du plan de Rome gravé sur marbre au temps de Septime Sévère (Jordan, Forma Vrhis Romx, fr. 6). Dans les Actes des saints Parthenius et Calocerus, le passionnaire emploie l'expression précise : In Tellure in secrelario. Le secretarium Tellurense est nommé dans une inscription du quatrième siècle (voir Gatti, Di una iscrizione relativa agit uffi ci délia prefetlura Vrbana, dans Rendiconti délia R. Accad, deiLincei, 1897, p. 105-188). Ce secretarium dépendait de la prmfectura Urbis, dont les édiûces s'étendaient de la Suburre aux thermes de Trajan. De c6té de la Suburre étaient les prisons et les salles de torture (voir dans leRheinisches Muséum, 1894, p. 629, le commentaire de M. Uuelsen sur Martial, II, 17).

conduits au dixième mille de la voie Salaria, près du bourg de Rubrae (1), et décapités le 28 août. Le choix d'un lieu si éloigné de Rome semble indiquer que les persécuteurs voulurent les exécuter dans la contrée même où s'était naguère exercé leur ministère apostolique (2). Les corps, mis en un cercueil de plomb (3), furent enterrés dans un domaine que possédait, seize milles plus loin, leur hôtesse de Rome, la chrétienne Théodora, et qui devint le noyau d'un grand cimetière (4).

(1) Passio; cf. BulL di arch, crisL, 1883, p. 136. Rubr» est nommé par Martial, IV, 6i.

(2) Bull, diarch. crist., 1883, p. 159. Ce détail est JDgé invraisemblable par l'auteur de l'article sur « l'AmphithéÂtre Flayien et ses environs dans les textes hagiographiques. » Analecta Bollandiana, 1897, p. 245. L'indication de Rubras comme lieu du martyre ne peut cependant être imaginaire.

(3) it In loculo plumbeo. » Sur l'usage des cercueils de plomb chez les Romains, voir Cochet, Mémoire sur les cercueils de plomb dans l'antiquité et au moyen âge, Rouen, 1870, p. 6-47; De Rossi, Borna sotterranea, t. T, p. 95 ; Bullettino di archeologia cristiana, 1866, p. 76; 1870, p. 10; 1871, p. 87; 1873, p. 77 et pi. IV-V; Crespellanî, dans Memorie delV Accademia di Modena, 1888, p. 52, 53, 59. Les Grecs d'Asie s'en servaient aussi : le Louvre possède un sarcophage de plomb, avec l'image de Psyché, rapporté de Saïda par M. Renan.

(4) Sur le territoire de Rignano. Bull, di, arch, crist., 1883, p. 134 et suiv.; Stevenson, dans Kraus, Beal-Encyklopûdie der christlichen Alterthilmery t. II, p. 125. L'épitaphe suivante, aujourd'hui au musée de Latran,

ABVNDIO PBR MARTYRI SANCT DBF. Vil IDVS DEC.

doit provenir de ce cimetière, et avoir été gravée, après la paix de rÉglise, lors de la translation solennelle du martyr Abundius (Bull., 1883, p. 152, 158). Un fragment de verre, gravé en creux, et portant près de la représentation d'un personnage les lettres ABV\., fait pro*

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Le 32 septembre eut lieu rinhumation d'une chrétienne dont on connaît seulement le nom et la sépulture. La liste des Dépositions des martyrs contient cette mention : « Le 10 des calendes d'octobre, (mémoire) de Basilla, sur Tancienne voie Salaria, Dioclétien étant consul pour la neuvième fois et Haximien pour la huitième (1). » On sait la valeur de cette liste, qui énumère les plus solennelles fêtes de martyrs célébrées à Rome et dans les principaux sièges suburbicaires (Ostie, Porto et Albano) avant le milieu du quatrième siècle (2). C'est la tradition toute vivante, au sortir de la dernière persécution. Par une exception presque unique dans le catalogue des Dépositions (3),

bablement allasion A ce mhriyr (ibid., 1880, p. 86). Le cimetière dans lequel M. de Rossi a reconnu celui de Tbé(>dora contient une série d'^inscriptions datées, de 339 à 424 {inscr. christ, urbis Romm, t. I, n** 55, 58, 75. 76, 77, 81. 86. 90, 116, 165, 166, 291, 327, 428. 430. 519, 520, 581, 640), et, dans des galeries plus anciennes, des inscriptions sans dates, dont la forme paraît à M. de Rossi appartenir aux dix premières années du quatrième siècle. c'est-A-dire A l'époque toute voisine du martyre et de la sépulture d'Abundius {Bull,, 1883, p. 139-151). La tradition locale de la sépulture d'Abundius et Abundantius A Rignano est encore attestée par des peintures du moyen âge, représentant ces martyrs, dans une antique église dédiée A saint Abundîus (Nuovo Bull, di arch, crisl,, 1903, p. 8).

(1) d X Kal. Cet. Basill» Salaria Vetere Diocletiano IX et Maximiano VIII Cons. » Depositio martyrum, dans Ruinart, p. 692.

(2) or. Roma sotterranea. t. I. p. 116.

(3) Outre la date consulaire de Tannée 258 indiquée pour saint Pierre et saint Paul et se rapportant A leur translation temporaire ad calacumbas sur la voie Appienne. celle de 304 est marquée pour Partenius et Calocerus; mais elle s'applique, comme Ta montré M. de Rossi. A une translation faite alors des reliques de ces saints, de leur tombeau primitif A une chambre plus obscure de la catacombe de Calliste, ^n de les dérober aux profanations qui suivirent la confiscaUon des

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la date consulaire de la sépulture, et probablement du martyre, est marquée ici (1). Le cimetière de la voie Salaria auquel s'attache le souvenir de Basilla est bien connu : c'est celui où reposèrent Hermès, Protus et Hyacinthe, et dont nous avons plusieurs fois parlé au cours de ces études (2) : de touchantes preuves s'y rencontrent de la dévotion des fidèles pour la sainte, à laquelle ils recommandent « Tinnocence » de leurs enfants (3).

En calculant d'après les chiffres d'un autre document du même temps, le catalogue des papes compris dans la collection philocalienne, on fixe au 2i. octobre SOk la mort du pape saint Marcellin. Mais si cette date (quant au jour et au mois) n'est pas assurée (&), plus obscure encore est l'histoire des derniers moments du pontife. Il est impossible que le chef de l'Église de Rome ait passé inaperçu pendant la per-

cimetières; Toir Roma sotterranea, t. II, p. 211 et suiTanles, et BU' toire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3* éd., p. 313.

(1) La probabilité de la translation de Partenius et Calocerus, dont Il est question A la note précédente, résulte de l'examen des lieux mêmes et de leurs inscriptions; mais, à défaut de tels indices, qui n'ont pas été relevés pour Basilla, je pense qu'il y a lieu de considérer la date consulaire jointe à son nom comme étant celle, non d'une translation hypothétique, mais de sa première inhumation.

(2) Voir Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècles, 3* éd., p. 222; les Dernières Persécutions du troisième siècle, 3* éd., p. 102, 392-400.

(3) Domina Basilla, commendamus tibi Crescentinus (Crescentinum) et Micina(m) filia(m) nostra{m) Crc5ccn(tinam). — Commendo Basi(\)la innocentiam Gemelli, — Bullettino di archeologia cristiana, 1876, p. 28.

(4) Duchesne, le Liber PontificaliSy t. I, p. ccxlix.

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sécution. Tous les écrits qui ont conservé son souvenir le mettent en rapport avec celle-ci. Le catalogue philocaiien dit qu'il mourut « pendant le neuvième consulat de Diocléden et le huitième de Haximien, à Tépoque où la persécution sévissait (1). » D'après Eusèbe, « il fut enveloppé par elle (2). » Théodoret, plus explicite, ajoute qu'il « s'y distingua (3). » La tradition de son martyre nous est parvenue par des récits suspects, qui le montrent cédant d'abord aux ordres des persécuteurs, puis se relevant pour attester son repentir et mourir en confessant le Christ (&). J'ai déjà dit comment l'imputation des donatistes, qui l'accusaient d'avoir livré les saintes Écritures, est invraisemblable (5) ; mais d'autres documents, dont la trace se retrouve dans sa notice au Liber Pontiftcalis, prétendent qu'il consentit à offrir de l'encens aux dieux, à « thurifiçr, » selon le langage du temps (6). Quand on sait à quelles sources troublées puisa quelquefois le rédacteur des biographies pontificales, on n'attache

(1) « Marcellinus ano. VIII m. III d. XXV. Fuit temporibus Diocletiani et Maximianii ex die prid. Kl. Juiias, a cons. Diocletiano VI et ConstantioII usque in cons. Diocletiano VIIII et Maxiiniano VIII, quo teropore fuit persecutio etcessavitepiscopatus ann. VII m. VI d. XXV. » Ihid,, p. 6.

(2) ^'O xal aOrbv ô Ôitoyiièç xaxtiXyiqpe. Eusèbe, Hist, EccL, VII, 32, 1.

(3) Tôv h 6i(0Y(iâ Ôiairpé^/avra. Théodoret, Hisl. EccL^ I, 2.

(4) Voir la notice de saint Marcellin an Liber Pontificalis, empruntée Traisemblableinent à une Passio MarcelUni perdue (cf. Duchesne, t. I, p. Lxxiv, xcix), et les Actes du faux concile de Sinuesse (Mansi, ConciL, t. I, p. 1250; Héfélé, Histoire des conciles^ Irad. nouvelle, t. I, p. 207).

(5) Voir plus haut, p. 183.

(6) « Ipse Marcellinus ad sacrificium ductus est ut thurificaret, quod

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qu'une médiocre importance à ce renseignement (1). Il montre cependant qu'au cinquième siècle plusieurs croyaient à une faiblesse passagère du pape. Ce préjugé défavorable est peut-être plus ancien encore, car le nom de Harcellin manque au catalogue romain de la Déposition des évéquesy ce qui semble un blâme indirect de sa conduite (2). Il ne se lit pas non plus dans celui de la Déposition des martyrs; mais on sait qu'un petit nombre de saints y figurent, ceux-là seulement qui étaient l'occasion de fêtes solennelles (3). Omission plus significative, Harcellin n'est pas nommé au Martyrologe hiéronymien, où sont cités tant de martyrs de Rome. Un fait, cependant, pourrait, indépendamment de récits plus ou moins sûrs, déposer en faveur de son martyre, et faire croire que saint Harcellin mourut sous les coups des bourreaux ou dans les souffrances de la prison, c'est la vénération dont fut entouré son tombeau. Celui-ci avait été choisi par

et fecit, » dit le Liber Poniificalis. Cf. u ut thurificarem, » dans les Actes do concile de Cirta; saint Augustin, Contra Cresconium, III, 27 ; et IN DiEBvs TVRiPiCATiONis, daos Une inscription de Numidie, BulL di arch. crUt,, 1875, p. 162; 1876, p. 59.

(1) Voir par exemple la biographie du successeur de Harcellin. le pape Marcel, dont le récit est en contradiction formelle avec les faits relatés de source sûre par saint Damase; Duchesne, t. I, p. 166.

(2) Ibid,, p. Lxxi-Lxxii. Voir cependant l'explicaUon différente que donnent de cette omission les Bollandistes (Acta 55., iuin, t. VII, p. 185), Mommsen (Chronogr. von Jahre 354), De Smedt. (IntroduC" tio ad hisU eccL^ p. 512, note).

(8) De Rossi, Roma sotterranea^ t. I, p. 116. — Le pape saint Télesphore, que l'on sait par Eusèbe {Hist, EccL, IV, 19) avoir été martyrisé sous Antonin, n'est pas nommé dans la DeposUio martyrum.

Digiti

lui-même (1) dans la catacombe de Priscille, nécropole restée de droit privé, où avaient été faits de grands travaux afin de suppléer aux cimetières communs confisqués parole premier édit (2). Marcellin y reposa dans une crypte bien éclairée (3), près du martyr Crescentio (fc), et les pèlerins du septième siècle, suivant les pas de leurs devanciers, y venaient encore prier devant ses reliques (5).

Après la mort de Marcellin, la persécution continua de désoler TÉglise de Rome, destinée à demeurer pendant quatre ans sans pasteur. Aux derniers mois de 304 et aux premiers de 305 doivent probablement être rapportés les martyres de Cyriaque, Saturninus,

(1) Voir sa notice aa Liber Pontificalis : les travaux faits dans le cimetière de Priscille pendant le règne de Dioclétien semblent conGrmer sur ce point l'assertion du biographe.

(2) Voir plus haut, p. 64.

(3) « In cubiculum qui patet usque in hodiernum diem. .. » Liber Pontificalis, Marcellinus (Duchesne, t. I, p. 16). Un des manuscrits dit : « cubiculum ciarum. x>

(4) <c In crypta juxta corpus sancti Crescentionis. » Ibid. La crypte du martyr Crescentio a été décourerte, mais on n'y a trouvé aucun indice épigraphique ou monumental de la sépulture de Marcellin {BulL di arch, crisU 1888-1889, p. 104-106). Sur Crescentio, voir les Dernières persécutions du troisième siècle, 3* éd., p. 97. M. Marucchi croit que Marcellin fut enterré dans la crypte, ancien réservoir de la villa des Acilii, où M. de Rossi avait placé par hypothèse le sépulcre du consul martyr Acilius Glabrio. Cette crypte est attenante aux galeries qui contiennent des inscriptions d' Acilii chrétiens, mais elle fut primitivement sans communication avec elles. Elle est toute proche du caveau du martyr Crescentio, et représente bien le cubiculum cla' mm du Liber Pontificalis {Nuovo BulL di arch, cr»*<., 1907, p. 115- 146).

{h) Epilome de tocis sanctorum martyrum ; Roma sotterranea, 1. 1, p. 176.

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Sisinnius, Apronianus, Smaragdus, Largus, Crescentianus, Papias, Maurus, et plusieurs autres. Malheureusement les récits dont ils sont l'objet (1) sont mêlés d'anachronismes et de fables (2) : on leur peut demander cependant quelques circonstances générales^ d'une suffisante vraisemblance, et surtout des indications topographiques, signe de ces vigoureuses traditions locales qui, à Rome, ont souvent survécu ou suppléé aux documents écrits.

Maximien Hercule avait, dît-on, condamné des fidèles à travailler à la construction des thermes immenses que Dioclétien faisait bâtir sur le Viminal, présent dédaigneux du vieil Auguste à la populace frondeuse de Rome (3). Par Tintermédiaire du diacre Gyriaque et de Sisinnius, Smaragdus et Largus, le chrétien Thrason leur envoyait des secoui*s et des vivres (4). Arrêtés dans l'exercice de leur charitable mission, le diacre et ses auxiliaires furent eux-mêmes obligés à porter du sable pour les maçons des thermes. Tout en travaillant, ils trouvaient moyen d'assister encore leurs compagnons d'infortune. Parmi ceux qu'ils sddaient ainsi était un vieillard nommé Satur-

(1) Acta 5. MarceUi, dans les Acia 55., janTier, t. II, p. 5. Acta S. Cyriaci, ibid., août, t. H, p. 327.

(2) La gaérisoD et la coQfersion d'une (ille de Diodélieo, le voyage de Gyriaque en Perse pour guérir une fille du roi Nabor, le doa à Gyriaque par Dioclétien d'une maison près de ses thermes, le testament de Dioclétien en faveur de son fils Maximien, etc.

(3) Acta S, Marcelli, 1.

(4) Md., 2.

PEfisicrnoNs. — iv. 26

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nînus, d'origine carttiaginoise (1). On les jeta avec lui en prison (2), où Sisinnius, se faisant apôtre, put gagner à la foi le geôlier Apronianus (3).

Le procès de Sisinnius et Saturninus eut lieu, à part de celui des autres, devant le préfet de Rome siégeant « à Tellus (4), » c'est-à-dire au forum de Ner\'a. Un document étranger aux Actes que nous résumons, et d'origine meilleure, raconte que, mis à la torture, Sisinnius montra une telle fermeté, qu'il contraigni Gratien (soit le bourreau, soit un assesseur du préfet) à reconnaître la divinité de Jésus-Christ (5). Ces con-

(1) INCOLA NVNC CBRISTI F?ERAT CARTHAGINI8 ANTE

TEMPORE QVO GLADITS SEC?IT PU TISCERA MATRIS SANCVINE MVTAVIT PÀTRIAM SVAHQVB GENVSQVE ROMANVM CITEM SANCTORVM FECIT ORIGO

Inscription da pape saint Damasc sur la tombe de Saturninus; De Rossi, Inscripiiones christianx urbis RomXy t. Il, p. 103, n* 34 a.

(2) Àcta S. Marcelli, 3.

(3) Ibid., 4.

(4) « In Tellude. » Ibid.

MIRA FIDES RERYN DOC VIT POST BXITVS INGBNS

(martyre in inricto possel quid gloria Christi)

DVM LACERAT PU MENERA FREMTr GRATUNYS TT HOSTIS POSTEAQVAM FELLIS VOMVIT CONCEPTA VENENA COGERE MON POTVIT CORISTTM TE SANGTE NEGARE IPâE TYIS PRECIBY8 HERYIT CONFESSYS ABIRR

Suite de l'inscription damasienne; De Rossi, l. c. Gratien, dit en note M. de Rossi, est peut-être le préfet de 290. U faudrait, dans ce cas, avancer de quatorze ans le martyre de Saturninus. Étant données les imperfections des Actes où il est raconté, ce parti ne serait pas pour nous inquiéter; nous avons montré, à propos de ceux de saint Sébastien, comment des martyrs appartenant à différentes époques d'une même persécution ont été souvent réunis arbitrairement dans un seul

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versions subites sont racontées si souvent pour le temps qui nous occupe, qu'on ne peut toutes les mettre en doute : il faut vraisemblablement reconnaître en d'aussi soudaines victoires de la grâce un indice et un résultat du travail intérieur chaque jour plus puissant qui alors se faisait dans les âmes. Condamnés par le préfet à être décapités sur la voie Nomentane, Sisinnius et Saturninus furent ensevelis le 28 novembre par le prêtre Jean et le chrétien Thrason dans le domaine que ce dernier possédait sur la voie Salaria (1), Pendant la comparution de ces martyrs devant le préfet, deux soldats, Papias et Maurus (ou Mauroleo) s'étaient spontanément déclarés chrétiens (2). Ils furent, dit-on, jugés au cirque de Flaminius, puis assommés à coups de plumbatse. Le prêtre Jean, qu'un grand nombre de Passions nous montrent voué à l'ensevelissement des martyrs, et que nous avons déjà

récit. Mais l'année 290 parait a^oir été, h Rome, relaUrement paisible pour les ctirétiens, et l'on aurait besoin, croyons-noas, d'un document très précis pour y placer le supplice d'an martyr. L'inscription damasienne ne dit nullement que le Gratianus qui tortura Saturnin ait été préfet de Rome : il nous parait plus vraisemblable d'y reconnaître soit nn assesseur, soit même un bourreau.

(1) <c Eorum corpora coUegit Thrason, cum Joanne presbytero, et sepelivit in prœdio suo yia Salaria. » Acta S. Marcelli, 2. — Sur le ci* metière de Thrason, voir BuUeUino di archeologia cristiana^ 1865, p. 41; 1867, p. 76; 1868, p. 88; 1872, p. 59; 1873, p. 6-21,43-76; 1877, p. 50; 1878, p. 46; 1881, p. 19. — L'inscription damasienne du tombeau de saint Saturnin se termine ainsi :

SVPPUCIS HVEC DAMÀSI YOX EST YENBRARB SEPTLCHRVM SOLVERE YOTA UCET CASTASQTE EFFVNDERE PRECBS SANCn SATYftNINI TYMYLYS QYIA MVRTYRIS HIC EST.

(2) Acla 5. Marcelli, 7.

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rencontré plusieurs fois accomplissant cet acte de miséricorde, enleva de nuit leurs corps : il les transporta, le 29 janvier, « au nymphée de saint Pierre, là où l'apôtre baptisait, » c'est-à-dire au cimetière Ostrien, sur la voie Nomentane (1). Trois jours après, le greffier Apronianus était décapité sur la voie Salaria. Au milieu de ces sanglantes scènes, le procès de Cyriaque, de ses compagnons et de vingt et un fidèles

(1) u Quoram corpora coUegit noctu Joairaes presbyter et 8ep«li?it in via Namentana sub die IV KaL Febr. ad Nynphas S. Pétri abi baptizabat. » Ibid., 9. Voir sur le cimetière Ostrien et les souTenirs de saint Pierre qui s'y raltachent, De Rossi, Del luogo appellato ad Capream presso la via Nomentana, extrait du BullelUno délia cornmissione areheologiea eomunale di Roma, 1883, p. 244-258; Borna soUerranea, t. I, p. 179, 190; Armellini, Anlichi cimiteri cristiani dl Roma/p, 195. Papias et Mauros sont nommés dans le Martyrologe hiéronymien, au 16 septembre, jour de la commémoration des martyrs de ce cimetière; yoir De Rossi, Del luogo appellato ad Capream^ p. 6-8 du tirage à part. Us étaient probablement nommés aussi dans la partie manquante de la pierre commémoratire des martyrs du même cimetière publiée et commentée par M. de Rossi, ibid,, et dont il sera question plus loin. Le lien qui unit leur bistoire à celle des martyrs des tberroes de Dioctétien paraît confirmé par ce fait, qu'une inscription Yotire en leur honneur avait été placée dans un oratoire éleyé près de ces thermes dans le courant du quatrième siècle ou au commencement du cinquième; voici cette inscription, aujourd'hui au musée de Latran :

SANCTIS IIARTVRIBVS

PAPRO ET HAVROLEONI

DOMMIS VOTVM REDD.

CAMASIVS QTI ET ASCLEPIVS ET VICTORIN(a)

îiKT{ale) n{abent) nie xiii (xyi?) ral. oct.

pYERi Qvi voT(uin) Vi{eddiderunt) vitalis marants

ABTNOAlfTlYS TELESPOR

Voir le fac-similé de cette inscription, Bull, di arch, crisLy 1877, pi. IIMV, n** 12, et son commentaire, p. 10. Cf. Le Bourgeois, Us Martyrs de Rome, t. T, 1897, p. t35-15l.

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était instruit par un vicaire du préfet, en ce lieu de Tellus (1) qui vit passer tant de martyrs. Lors d'une première audience, Crescentianus mourut pendant la torture (2). Son cadavre fut jeté « au pied de la montée de rOurs, sur la place, devant le temple de Pallas (3). » Le prêtre Jean put lui donner la sépulture, le Sfc novembre, au cimetière de Priscille (4). Le procès semble avoir été interrompu pour ne reprendre qu'au commencement de 305. Après une seconde audience, sur laquelle le vicaire fit, dit-on, un rapport à Haximien Hercule, celui-ci commanda de décapiter Cyriaque et les autres accusés. L'exécution eut lieu le 16 mars, sur la voie Salaria, dans une dépendance des immenses jardins de Salluste (5), où résidaient pendant l'été les empereurs (6), et où plus

(1) « In Teliade. » Acia 5. Marcelli, 18, 21. Les Actes donnent à ce vicaire le nom de Carpasins. Voir les obser?ations de Cantarelli, Bull, délia comm. arch. com.y 1890, p. 90.

(2) Ibid,, 19.

(3) « Ante cli?am Ursi, in platea, ante tempium Palatii (Palladis). » Acla S. Marcelli, 19.

(4) « In cimilerio Priseillae, in arenario, via Salaria. » Ibid. L'expression in arenario est ici exacte; il snflSt de parcourir la catacombe de Priscille pour y reconnaître un arénaire transformé par les chrétiens en catacombe; cf. Roma soUerranea, t. I, 2* partie, p. 16, 26, 32-34; Rome souterraine, p. 468, 472-473.

(5) « Decollati sunt in Tia Salaria intra thermas Sallustii, foras muros. » Acla S. Marcelli, 20.

(6) Jordan, Topographie der Stadt Rom in AUerlhum, t. II, p. 124. Sur rétendue des jardins de Salluste, qui allaient rraisemblablement de la porte Salaria à la porte PInciana, et, bien que renfermés, depuis Aurélien, dans l'enceinte de la yille, pon?aient avoir des dépendances en dehors des nouveaux remparts, voir Jordan, /. c, p. 123-125.

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d'ane fois coula le sang des martyrs (1). Les condamnés paraissent avoir reçu sur cette voie une sépulture provisoire (2) ; mais plus tard la matrone Lucine transporta leurs corps entre le septième et le huitième mille de la voie d'Ostie (3), au lieu qui prît depuis le nom de cimetière de Cyriaque (4).

C'est encore sur la voie d'Ostie, dans un jardin peu éloigné de la sépulture de saint Paul, que fut enterrée ime autre victime de la persécution, le chrétien Timothée, originaire, dit-on, d'Antioche, dont Taoni-

(1) Voir les Actes de saint Laurent, de saint Crescent, de sainte Suzanne, des quarante soldats martyrisés sous Claude le Gothique, ibid., p. 124-125.

(2) « Quorum corpora collegit nocte Joannes presbyter, et sepelirit eos in eadem via. » Acta S, Marcelli, 20.

(S) a Sanctonim yero corpora, hoc est Syriaci, Largi, Smaragdi, Crescentiani, Mammiae et Julianœ, sepulta sunt in yia Ostiensi, miUiario ab Urbe plus minus octayo. » Ibid.j 24; cf. 21.

(4) Situé hors de la zone des cimetières romains, le cœmeterium Cyriaci n'est pas nommé dans les itinéraires du septième siècle; mais on le trouve indiqué, au douzième, dans le livre de Pierre Mallins sur la basilique de Saint-Pierre; DeRossi, Roma soHerranea, 1. 1, p. 184. Les plus anciens calendriers romains, la Depositio martyrum^ le calendrier conservé dans le Martyrologe biéronymien, marquent, le 9 août, l'anniversaire de Cyriaque et de ses compagnons au septième mille de la voie d'Ostie, et font mention aussi de la voie Salaria, d'où ils furent transportés (Ruinart, p. 692; De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 1869, p. 68; Stevenson, dans Kraus, Real-Ency" klopadieder christlichen Aller thUmer, t. H, p. 113). Bosio retrouva l'emplacement et le souvenir du cimetière de Cyriaque, et vit les restes de l'église construite au-dessus, mais ne put pénétrer dans les souterrains; Bosio, Roma sollerranea, 1. 111, c. 6 et 10; Aringhi, Roma sublr.rranea, 1. III, c. 5 et 9; voir encore Armellini, Antichi cimiUri crisliani di Roma, p. 46; Stevenson, l. c; Marucchi, les Catacombes romaines, p. 100; Duchesne, le Liber Pont^calis, t.'l, p. 326, note 12.

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versaire est marqué au 22 août par le férial philocalien (1).

L'opinion commune attribue à Thiver de 301-305 (21 janvier) la mort de sainte Agnès (2).

Agnès (3) est une des plus gracieuses et des plus

(1) « XI Kal. sept. Timothei Ostense. » Depositio mariyrum. Les <c Annales romaines », ajoutées plus tard an recueil de 354, mentionnent son martyre, à la suite de la dale consulaire de 306 : « His contnlitMis passus est Thimotheus, Romœ X Kl. Jul. ; » peut-être devrait-il être plutôt rapporté à Tune des années précédentes. Les Actes légendaires de saint Silrestre parlent beaucoup de Tinotbée; mais on Toit que son existence résulte de documents d'une tout autre valeur : son insertion an catalogue de la Depositio mariyrum suffit à prouver qu'il est un personnage réel et un martyr historique. Voir Mommsen, Vher d, Chronographen von Jahre 354, p. 663; Duchesne, le Liber Poniificalis, t. I, p. cxi, note i. Le tombeau de saint Timothée se trouva englobé dans la basilique élevée par Constantin en l'honneur de saint Paul; les pèlerins du septième siècle Ty visitaient : voir deux itinéraires dans De Rossi, Roma soUerranea, t. I, p. 182-189.

(2) « XII Kal. Febr. Agnetis Nomentanae. » Depositio martyrum (Ruinart, p. 692). — a Rom» XII Kl. Februarias passio Agnetis virginis. » Mari, hieronym. (De Rossi-Duchesne» p. 11). — « XII Kal. Febr. sanct» martyris Agnes.» Kalendar Carlhagin, (Ruinart, p. 695). Sainte Agnès est encore marquée au Martyrologe hiéronymien les 27 et 28 janvier. A ce dernier jour son nom est accompagné d'une mention singulière : Romae scae Agnetis virg, de nativ(itate). Sur cette mention, voir Tillemont, Mémoires, U V, note iv sur sainte Agnès; Armellini, Il cimitero di S. Agnese, 1880, p. 49; Le Bourgeois, Les martyrs de Rome, p. 85-87. Les Grecs ont jusqu'à trois fêtes de sainte Agnès : 14 ou 15 janvier, 21 janvier, 5 juillet; voir Le Bourgeois, p. 86, note 1.

(3) Agnès est la traducUon de l'adjectif grec àyvi^, pure. Sur les verres dorés, où la martyre est souvent représentée, on lit : A?iNE, ANNES, ANE.ANCNE,AGNB (Garrucci, Vetri ornati di figure in orotrovati nei cimiteri di cristiani primitivi in Roma, p. 137). Dans les ins* criptions, soit monumentales, soit funéraires, ce nom se décline de trois manières différentes: il ^ne au nominatif, Agnes au génitif, Agnen à l'accusatif, etc. ; ou Agnes au nominatif, Agnetis au génitif, Agneti

408 LE QUATRlÈlfE ÉOIT EN OCCIDENT (304).

populaires figures du martyrologe chrétien. Hais c'est une de celles sur lesquelles on possède le moins de documents certains. Cependant, même en négligeant tout à fait ses Actes, qui sont postérieurs au quatrième siècle (1), et en combinant seulement les renseignements puisés dans la tradition orale (2) par saint Am-

au datif, etc.; ou encore Agna, Agne (De Rossi, Roma soUerranea, t. n,pl. XLV, 6%;lMcr. christ,, U n, p. 45, 62; Bull, di arch. erist.,

1863, p. 24, 32; 1877, p. 16; Armellini, Il cimitero di S. Agnese, p. 68 et pi. XUI, 3; Edm. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. II, n° 610, p. 455. Les mêmes yarianles se rencontrent sons la plume des écrifains. Saint Ambroise dit: Natalis est sanctx Agnes {De virginibus, I, 2), et Prudence : Agnes sepulcnim {Péri Stephanân, XIV, 1). L'accusatif Agnen est employé par saint Ambroise {Ep. 32) et saint Augustin {Sermo CCCLIV). — Agnes parait aroir été le cognomen de la martyre. Bien que rare, ce cognomen n^est pas sans exemple dans l'antiquité : on le rencontre sur plusieurs épitaphes païennes (citées par Bartolini, Actes du martyre de sainte Agnès,

1864, p. 7-9). Il se peut que ce n'ait pas été son cognomen légal, mais un simple cognomen baptismal, de significaUon symbolique, comme en prenaient quelquefois les premiers chrétiens (cf. De Rossi, Roma sotterranea, t. h p. 315). Quoi qu'il en soit, ce nom a été réellement porté dans les. premiers siècles ; on trouve au cimetière de Calliste la tombe d'une Agnès, distincte de la martyre {itfid., t. H, pi. XLV, n<* 68)^ et dans le cimetière même de sainte Agaès la tombe d'une Hagne, qui n'a de commun avec elle que le lieu de la sépulture et le nom {Nuovo Bull, di arch, crist., 1901, p. 223). — Tous les efforts tentés pour rattacher sainte Agnès à quelqu'une des familles connues de l'aristocratie romaine (Bartolini, Actes du martyre de sainte Agnès, p. 7-11, 98; Armellini, Il cimitero di S, Agnese, p. 49 et suiv.) conduisent à des hypothèses dénuées de preuves.

(1) Acta SS., janvier, t. II, p. 350 et suiv. Ces Actes sont donnés comme l'œuvre d'un Ambroise, qui n'a que le nom de commun avec l'évéque de Milan. Antérieurs à saint Maxime de Turin (mort vers 466) qui les résume dans son homélie LI, ils paraissent avoir été écrits dans le premier quart du cinquième siècle. Nous parlerons d'eux dans une des notes suivantes.

(2) Traditur, dit saint Ambroise ; fama refert, dit saint Damase ; aiunt, écrit Prudence.

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broise, par saint Damase et par Prudence, on arrive à se faire, croyons-nous, une idée assez nette de son histoire.

En voici la partie certaine, rapportée d'une manière à peu près concordante par ces trois narrateurs.

Agnès était toute jeune, presque une enfant, quand elle fut arrêtée. Elle avait douze ans (1), ce qui faisait déjà, à Rome, Fàge nubile (2) : comme les jeunes

(1) « Hœc duodecim annorura martyriam fecUse traditur. » saint Ambroise, De Virginilms^ I, 2. a Tredecim annorum, » dit saint Augustin, Sermo CCLXXHI.

(2) a Aiunt jugali yii habilein toro. » Prudence, Péri Stephanôn, XIV, 10. Cf. Digeste, XXIU, u, 4. Exemples de jeunes filles mariées peu après douze ans : Friedlainder, SeUengeschichte Roms, 1. 1, p. 324; Frôbner, Inscriptions grecques du Louvre, n" 177, p. 269. Chrétienne mariée avant quatorze ans : De Rossi, Inscriptiones christianx urbis Romae, 1. 1, n** 37, p. 36. Inscriptions chrétiennes mentionnant la Wrginité de jeunes filles de quatorze ou quinze ans : ibid., n*" 20, p. 25 ; RovM, sotterranea, t. III, pi. XXX, n*' 47. M. Armellini (/{ cimitero di S, Agnese sulla via Nomentana, 1880, p. 62) croit avoir retrouvé le marbre primitif du tombeau de sainte Agnès, portant celte simple et touchante inscription : agne sanotissoia, et mesurant soixante-six centimètres sur trente-trois; ce serait la taille, non d'une jeune fille de douze ou treize ans, mais d'un tout petit enfant : cela pourrait donner de grands doutes sur l'identité de ce titulus, que Ton croit de provenance romaine, et qui est au musée de Naples. Mais il se peut aussi que ce marbre soit on un fragment d'une fermeture plus étendue, peut-être divisée en trois morceaux (Franchi de' Cavalieri, Saneta Agnese nella tradizione e nella leggenda, 1899, p. 19). ou nne simple plaque insérée dans le fond d'un arcosolium, et sans rapport avec la longueur du corps (Jubaru, Sainte Agnès, 1907, p. 258). ff Notons à titre de concordance, et sans instituer un débat d'authenticité, qu'en 1605, lors de la reconnaissance officielle des reliques contenues dans l'aulel-tombeau de Sainte-Agnès-hors-les-murs, « on vit, » au témoignage de Bosio, très consciencieux archéologue contemporain, « les ossements de la sainte, fort petits et qui dénotaient une jeune fille de peu d'années. » Nous avons pu, en 1903, grâce à la haute intervention de s. s. Léon XIII, rechercher et retrouver le chef de sainte

Digiti

filles romaines, elle vivait encore sous la garde de sa nourrice (1), qui ne quittait point avant le mariage Tenfant élevée par ses soins (2). Dans un élan de jeune enthousiasme, elle trompa « tout à coup » la surveillance de celle-ci, et vint « spontanément » se dénoncer au juge comme chrétienne. Le dépit d'un prétendant évincé contribua-t-il à son arrestation (3)? On peut Finduire du récit de saint Ambroise (4). c< Quelles douceurs employa le persécuteur pour la séduire! que de vœux pour obtenir qu'elle se donnât en mariage! Hais elle : « Espérer me fléchir serait « faire injure à mon divin époux. Celui qui le pre- « mier m'a choisie recevra ma foi. Bourreau, pour- Agnès dans le Sancta Sanctoram du Latran. Le doclenr Lapponi en pt l'examen roédico-anatomiqne ; les particularités de la dentition permirent de constater indubitablement que ie sujet « ne pouvait ayoir moins de onze ans ni plus de treize ans. » Jubaru, onyrage cité, p. 7- 8; ctibid.jp, 236-237.

(1) FAM4 REFERT DTDYM RETYLISSB PARElfTES AGNEN CVM LYGVBRK8 CANTVS TTB4 CONCREPYISBET NYTRICIS CREMITH SVBITO LIQVISSE PVELLAM...

Saint Damase, dans Inscript, christ, urbis Romae, t. II, p. 45 ; Ibm, Damasi epigrammata, p. 44.

(2) Saint Jérôme, Ep., 47, 97; Code Théodosien, IX, xxiv, 1. M. Franchi de' Caralieri (Santa Agnese, p. 13) me paraît émettre une hypothèse inexacte, en supposant que par le mot nulrix Damase a simplement Youlu désigner la mère.

(3) C'est le fond des Actes latins, qui attribuent le martyre d'Agnès à l'amour dédaigné du fils du préfet de Rome. Le rédacteur a probablement dramatisé le récit de saint Ambroise.

(4) « Quantis blanditiis (egit carnifex) ut suaderet, quantorom YOta ut sibi ad nuplias per?eniretl At illa : « Et haec sponsi injuria est expectare placituram. Qui me sibi prior elegit, accipiet. Quid, percussor, moraris? Pereat corpus quod amari potest ocnlis quibus nolol 9 Saint Ambroise, De Virginibus, I, 2.

Digiti

« quoi tardes-tu? Périsse ce corps qui peut, mal- « gré moi, être aimé par des yeux charnels! » Le juge irrité changea de ton. « A quelles menaces il eut recours pour la faire trembler (1)! » Il parla de la condamner au bûcher. « Mais elle foula aux pieds spontanément les menaces et la rage du tyran, lorsqu'il voulut livrer aux flammes son noble >corps, et surpassa avec de faibles forces une immense terreur (2). » En vain essaya-t^on de la torture : « elle se tenait debout, intrépide dans son fier courage, et offrait volontairement ses membres aux durs tourments, ne refusant pas de mourir (3). »

Uépisode qui suit est raconté par le seul Prudence, bien qu'on puisse peut-être y trouver une allusion dans deux vers de Damaâe (4).

Si Ton en croit le poète, Agnès fut menacée d'un supplice plus horrible (5). « Il est facile, dit le juge, de vaincre la douleur, et de mépriser la vie comme une chose de peu de prix. Mais la pudeur au moins

(1) « Quanto timoré... ut thneretarl » Ibid.

(2) 8P0NTE TRVCIS CALCAftSE MINAS RABIRHQ. TYRANNI VRERE CVM FLAMMIS VOLVISSBT NOBILB COBPVS TIRIB. IVHEnSVM PARTIS STPERAS8E TIMOREH

Saiat Damase.

(3) Siabat feroci corpore perlinax Gorpasque daris excraciatibas.

Ullro referebat non renaens mori.

Prudence, Péri Stephanân, XIV, 18-20.

(4) Peut-être aussi dans celle phrase de saint Ambroise : <c Quid de sancla Agnèe, quae in duarum maximarum rerum posita periculo, castitatein protexit, salutem cum immortalitate commulaYil? n De of/Lciis, 151.

(5) Voir plus haut, p. 288, note 2.

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est chère à une vierge. J'exposerai celle-ci dans un lupanar public, si elle ne se réfugie près de Tautel, et ne demande protection & Minerve (1), cette vierge qu'elle, vierge aussi, persiste à mépriser. Toute la jeunesse va accourir, et réclamer la nouvelle esclave de ses caprices (2). » Agnès ne se troubla point : « Le Christ, dit-elle, n'est pas tellement oublieux des siens, qu'il perde notre précieuse pudeur et nous laisse sans secours : il est avec celles qui sont pures, et ne souffre pas que le trésor de leur sainte intégrité soit profané. Tu plongeras dems mon sein un fer impie, si tu le veux ; mais tu ne souilleras pas mes membres par le péché (3). » Exécutant cependant sa menace, le

(1) L'allusion à Taolel de Minerve semble montrer que i'inlerrogatoire eut lieu dans le voisinage d'un temple de cette déesse. On serait porté à le placer, comme tant d'autres procès de chrétiens de cette époque, dans le quartier de Tellus, au forum de Nerva, voisin du temple de Pallas; cependant les traditions romaines, avec lesquelles il y a toujours lieu de compter, mettent le procès d^Agnès dans une tout autre région, celle où se trouve aujourd'hui la place Navone. Dans ce quartier de Rome s'élevait aussi un temple de Minerve, dont le souvenir est conservé par la place de ce nom.

(2) Tum trux tyrannus : Si facile est, ait, Pœnam subactis ferre doloribus,

Et vita vilis spemitur : at pudor Carus dicat» virginitatis est.

Uanc in lupanar trudere publicum Certum est, ad aram ni caput adplicat Ac de Minerva jam veniam rogat, Quam virgo pergit tempnere virginem.

Omnis juventus in mit, et novum Ludibriorum mancipium petit.

Péri Siephanôn, XIV, 21-30.

(3) Hand, inquit Agnes, immemor est ita Obristus suorum, perdat ut aureum.

Nobis pudorem, nos qnoque deserat :

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magistrat fit conduire Agnès dans un des mauvais lieux qu'abritaient les portiques ou les corridors extérieurs des cirques, des stades, des théâtres de Rome (1). Saint Damase rapporte que <c ses cheveux répandus autour d'elle couvrirent comme un manteau les membres nus de la vierge (2). » Prudence raconte le fait suivant : « Un seul osa arrêter ses regards sur la jeune fille, et ne craignit pas de porter un œil impur sur son corps sacré. Voici qu'un oiseau de feu fond sur lui comme la foudre et lui crève les yeux; aveuglé par l'éclatante lumière, il tombe palpitant dans la poussière, et ses compagnons l'enlèvent demimort (3). » Le poète ajoute : « Il y en a qui disent

Prœsto est padicis, nec patitur sacrœ Integritatis manera pollui.

Ferrum iopiabis sanguine, si yoles, Non inqainabis membra libidine.

Ibid., 31-37.

(1) « Fieia in plaleae » {Ibid., ô9), mot à mot « dans la sinnosité de la platea. » Platea signifie non « place, i» mais « large ?oie, » et s'entend parfaitement des promenoirs voûtés dans lesquels étaient situées les /omicej des prostituées {Liber de SpectaculU; Migne, Pair, lot*, t. IV, col. 814); et comme ces promenoirs faisaient le tour des édifices de forme ronde ou ovale consacrés aux spectacles, l'expression employée par Pradetkce, flexu in plaieae, s'explique parfaitement. Une tradition locale place l'endroit où sainte Agnès aurait été exposée sous les arcades du stade de Domitien, ou cirque Agonal, là où s'élève aujourd'hui sou église de la place Navone. Voir Armellini, Le Chiese diRoma, p. 106, et Jubarn, Sainte Agnès, p. 106-120.

(7) NTDAQVB PBOFVSVM CRINEM PBR MEMBRA. DEDISSE

HE DOMINE TBMPLVM FACIES PERITTRA VIDERET.

Les Actes latins, exagérant la parole de Damase, racontent que les cheveux d'Agnès s'allongèrent miraculeusement; Damase dit seulement qu'Agnès s'enveloppa de ses cheveux.

(3) Intendit unus forte procaciter

{sunt qm rettulerint) qu'Agnès voulut bien prier le Christ de rendre la lumière à celui qui gisait terrassé : alors le souffle de la vie revint au jeune homme, et ses yeux reprirent leur vigueur première (1). »

Le merveilleux qui éclate dans cette narration n'était pas pour étonner les païens. Eux-mêmes avaient eu quelquefois le pressentiment de ces miraculeuses délivrances accordées par le ciel à la faiblesse et à la pureté. Sénèque a résumé une controverse d'école sur le cas imaginaire d'une jeune fille enlevée par des pirates, vendue à un entrepreneur de débauche publique, exposée dans un mauvais lieu, et sauvant sa vertu par le meurtre d'un gladiateur qui essayait de lui faire violence (2). Jusque-là, « tous ceux qui s'étaient approchés d'elle comme d'une prostituée

Os in puellam, nec trépidât sacram Spectare formam lamine labrico.

Eq aies ignis folminis in modam Vibratur ardens atqae ocalos ferit :

Cœcas, corusco luroine conruit Atque in pulrere plateœ palpitai.

ToUunt sodales seminecem solo Verbisqne défient exequialibus.

Péri SUphanôn, XIV, 43-51.

(1) Sant qui rogatam rettulerint preces Fudisse Cbristo, redderet ut reo Lucem jacenti : tune juveni halitnm Vitae innoTatum visibus integris.

Péri StephanôUy XIV, 57-60. Ce récit est reproduit par les bagiograpbes postérieurs; mais les Actes latins seuls, suiris par saint Maxime, font du jeune homme ainsi frappé le fils du préfet.

(2) Sénèque, Controversûe, ï, 2; éd. Lemaire, p. 88 et sui?. L' a espèce » discutée dans l'école était celle-ci : La jeunelfille qui a eu cette tragique ayenture peut-elle être admise à un sacerdoce?

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s^étaient retirés avec le respect qu'inspire une prêtresse (1). » Un seul avait persisté dans son mauvais dessein; alors s'était montré le pouvoir des immortels. « J'ai vu, faisait «on dire à la jeune fille, j'ai vu planer au-dessus de ma tète une colossale figure; mes faibles membres ont senti tout à coup une force surhumaine : qui que vous soyez, 6 dieux qui avez voulu tirer par un miracle l'innocence de ce lieu infâme, vous n'aurez point secouru une ingrate : je voue à votre service la virginité que vous avez sauvée (2). » Ce touchant rêve de l'imagination païenne se réalisait-il maintenant sous les yeux des persécuteurs?

Ce que l'on peut affirmer, c'est que chez les anciens l'attendrissement et la surprise duraient peu. Les rhéteurs qui prirent part à la controverse résumée par Sénèque persistent à déclarer infâme la jeune fille dont ils ont raconté la miraculeuse délivrance. De même les juges du quatrième siècle ne font pas grâce à la vierge sortie intacte des plus dures épreuves, soit menace de la torture, soit menace de l'infamie (3).

(1) a Onines tanquam ad prostitutam yenisse, dum tanquam a sacerdote discesserint. » Ibid.,^, 99.

(2) a Altior, inquit, humana visa est circa me species eminere, et pnellares lacertos supra virile robur attollere; qnicumque estis, dii immortales, qui pudicitiam ex illo Infami loco en m miraculo yoluistis emergere, non ingrat» puell» opéra tnlistis. Vobis pudicitiam dedicat, quibus débet. » Sénèque, Controverse, p. 101.

(S) Les Actes latins racontent que le préfet (auquel ils donnent le nom inconnu de Symplironius), voyant son fils miraculeusement guéri, ne voulut pas continuer le procès, et en chargea son vicaire Aspasius.

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Agnès fut condamnée à la décapitation, a Elle se tint debout, puis elle pria, et inclina la tète. Vous auriez pu voir trembler le cruel magistrat, comme s'il eût été condamné lui-même, trembler aussi la

De la ressemblance entre le nom de ce magistrat et celui du proconsul d'Afrique qui exila saint Cyprien en 257, Bartolini (Actes de sainte Agnès^ p. 74 et suiv.). Armeliini {Il cimitero di S, Agnese, p. 41), Le Bourgeois {les Martyrs de Rome, t. I, p. 28-32), ont conclu, après Hazoccbi (Kal, eccl. Neap,^ p. 920), à l'identité de ces deux personnages et ont supposé qu'immédiatement avant de gouverner la province d'Afrique Aspasius Paternus avait été vicaire du préfet de Rome. Pour cette raison ils Gxent à 257 et au commencement de la persécution de Yalérien le martyre de sainte Agnès. Cette hypothèse soulève de grosses objections. Du vicariat de la préfecture urbaine on ne passait pas sans transition au proconsulat d'Afrique; d'ailleurs, le titre de vicaire n'apparaît pas avant Dioclétien. L'ôdit de

257 visait seulement les chefs de la communauté chrétienne et ne prononçait pas contre eux la peine de mort, qui ne fut ajoutée qu'en

258 ; comment admettre que des magistrats aient voulu, à une époque où ils se bornaient à frapper d'exil des évèques tels que Cyprien et Denys d'Alexandrie, instruire minutieusement et terminer par une condamnation capitale le procès d'une petite fille de douze ans? J'accorde volonUers que l'auteur des Actes ait voulu idenUfier le juge de sainte Agnès avec l'Aspasius Paternus qui ordonna en 257 la déportation de saint Cyprien; en cela, il aura commis une confusion fréquente chez les hagiographes postérieurs à la paix de l'Église, qui ne se faisaient pas scrupule de donner à des magistrats dont le nom leur était inconnu celui de quelque personnage célèbre dans l'histoire des persécuUons (voir Edmond Le Blant, les Actes des inartyrs, p. 27). On peut admettre aussi que le vicaire Aspasius ait été un descendant du proconsul de 257; voir De Rossi, Bull, di arch, crist., 1877, p. 111. La condamnation d'une enfant au déshonneur, puis à la mort, convient surtout à une époque do guerre à outrance, de tuerie en masse, comme fut quelquefois la persécution de Dioclétien, à laquelle le paragraphe 15 des Actes rattache leur récit. L'expression employée par Damase : c Fama refert sanctos dudum retulisse parentes, » ne va pas contre cette conclusion, car Damase, qui écrit entre 866 et 380, peut considérer comme fait il y a longtemps un récit attribué k des contemporains de 304.

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main du bourreau, son visage pâlir, tandis que la vierge demeurait intrépide (1). » Enfin le bourreau frappe : « un seul coup suffit à détacher la tète, et la mort vint avant la douleur (2). »

(1) « Stelit, oraYit, cervicem inflexit. Cerneres trepidare carnilicein, quasi ipse addictas fnisset, tremere percossoris dextraro, pallere ora alieao timentis periculo, cum puella non timeret soo. » Saint Ambroise, De VirginibuSy l, 2. Carnifex signifie ici le Juge; dans son récit dn martyre d'Agnès, saint Ambroise fait plusieurs fois la distinction entre le carnifex, qui ordonne, et le percrissor, qui exécute : même disUnction dans Tépitapbe en yers mise par Damase sur le tombeau des saints Pierre et Marcellin : voir plus haut, p. 383. Du mot steUt, il ne faut pas conclure qu'Agnès ne fut pas décapitée, mais mourut comme Perpétue par exemple (voir Hist des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3* éd., p. 136) d'un coup de poignard reçu debout. Saint Ambroise a touIu dire qu'elle se tint debout, intrépide, en entendant la sentence ; mais quand, après avoir prié, oravit, elle inclina la tète, cervicem inflexit, elle était évidemment à genoux, comme tous ceux à qui le bourreau allait trancher la tète. 11 est dit de même de saint Cyprien, mort décapité, qu'il se tint debout, in linea stetit^ et regarda fixement le bourreau, avant que se tissent les derniers préparatifs de l'exécution {Acta proconsularia S. Cypriani, 5,dans Ruinart, p. 319).

(2) Uoo sub ictu nam caput amputât, Sensum doloris mors cita prœvenit.

PeH Stephanôn, XIV, 89, 90.

Une hymne attribuée à saint Ambroise montre la victime occupée, comme Perpétue, de tomber avec décence (cf. Histoire des persécutions pendant la première \ moitié du troisième siècle^ 3" éd., p. 134) :

Nam veste se totam tegens Curam pudoris praestitit Ne quis retectam cerneret.

In morte vivebat pudor Vultumque texerat manu; Terram genuflexo petit Lapsu verecunda cadens.

Cette version, cependant, n'est pas tout à fait conforme à celle de Prudence, car elle suppose la vierge blessée, probablement à la

PEftSÉCOTIONS. — IV. 27

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418 LE QUATRIÈME ËDIT EN OCCIDE^IT (304).

Ainsi finit cette jeune fille, dont on sait au moins deux choses certaines : elle vécut pure et mourut martyre. Elle avait sans doute ravi ses contemporains par Félan de son sacrifice, une généreuse protestation en faveur du Christ et de TÉglise, une parole pleine d'énergie et de grâce, un cri, un geste, découvrant une âme exquise. L'admiration populaire s'est attachée à son nom, et lui a créé une poétique légende, dans laquelle l'histoire peut démêler aujourd'hui encore quelques traits vraisemblables (!)• D'ail-

gorge ou à la poitrine, et non décapitée d*an seul coup. M. Franchi de' Cavalieri {Santa Àgnese, p. 3*9) ne croit pas que l'hymne soit de saint Ambroise ; le P. Dreves {Zeitschrift f, katholische Théologie, t* XXV, 1901, p. 356-365) en maintient l'attribution à celui-ci; de même aussi le P. Jubaru (Sainte Agnès, p. 24-30).

(1) Comme on l'aura remarqué en lisant les pages qui précèdent, la question des sources de l'histoire de sainte Agnès est fort obscure. Sur ces sources, ou plutôt sur les traditions orales dont se sont inspirés saint Ambroise, saint Damase et Prudence, les opinions sont diyergentes. Les uns les considèrent comme inconciliables entre elles (dans ce sens Franchi de' Cayalieri, Santa Agnese; les Analecta Bollandiana, 1900, t. XIX, p. 227), les autres comme pouvant se concilier par le rapprochement et la combinaison des récits des trois écriyalns du quatrième siècle, lesquels n'auraient chacun présenté qu'un aspect fragmentaire de Thistoire d'Agnès (dans ce sens, Tillemont, Mémoires, t. m, art. sur sainte Agnès; Le Bourgeois, Les martyrs de Rotne, p. 33-59). Pour l'étude de la question, Je reuToie à mon article déjà cité du Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie. Mais une autre question a été récemment soulevée. En dehors des récits des trois écrivains, il existe des Actes de sainte Agnès sous une double forme : 1* une Passion latine, œuvre d'un pseudo- Ambroise, écrite dans le premier quart du cinquième siècle, et présentant, dans un récit romanesque, avec des additions de l'auteur, des traits empruntés à Ambroise, à Damase et à Prudence, et dans laquelle l'épisode du lupanar, raconté par celui-ci, tient une grande place (à cette Passion se rattache une Passion grecque, qui en est la traduction); 2** une Passion grecque, originale, publiée pour la première fois par M. Fran-

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leurs, que Ton réduise tant que Fou voudra dans les traditions dont elle est l'objet la part de l'histoire, Agnès est une de ces personnes saintes dont Timportance et la grandeur se révèlent surtout à l'auréole dont elles paraissent entourées. N'en est-il pas ainsi de Marie elle-même, que « toutes les générations proclament bienheureuse, » et sur laquelle l'Évangile

chi de* Cavalieri, d'après on manascrit du Vatican et un manuscrit du patriarcat grec de Jérusalem (Sanla Agnese, appendice I, p. 71-75). Cette Passion, moins étendue que les Actes latins, présente des mêmes faits, un récit assez différent, et montre Agnès non plus comme une jeune fille de douze ans, mais comme une Tierge d'âge mûr, autour de laquelle s'assemblaient les matrones romaines, avides d'entendre ses leçons. Frappé des difficultés de toute cette histoire, le P. Jubaru a émis une théorie nouYelle. Il a d'abord séparé le récit de Prudence de ceux d'Ambroise et de Damase, et, reconnaissant seulement à ces derniers une valeur historique, a pensé que Prudence confondit, pour toute la partie de la narration qui renferme Pépisode du lupanar, l'Agnès d'Ambroise et de Prudence avec une autre Agnès, également martyre romaine. De Prudence aurait découlé la légende latine du pseudo-Ambroise; mais la Passion grecque, indépendante de Prudence, aurait conservé des traits plus exacts de cette seconde Agnès, particulièrement ce qui se rapporte à son Age. Cette seconde Agnès, immolée dans une des persécutions précédentes, serait celle dont parle au 5 Juillet le Ménologe grec de Basile, et à laquelle fait allusion, le 9 du même mois, le Martyrologe hiéronymien; à l'Agnès de douze ans, célébrée par Ambroise et Damase, appartient l'anniversaire du 21 janvier. Le P. Jubaru fait remarquer que la confusion imputée par lui à Prudence n'est pas sans exemple chez le poète : l'hymne XIII du Péri Stephanân transporte de même à saint Gyprien de Carthage des traits empruntés à la légende de saint Gyprien d'Antioche. • L'hypothèse, développée avec une grande érudition dans le livre consa« cré par le P. Jubaru à sainte Agnès, est certes digne d'attenUon; mais il me semble que l'un au moins des arguments qui l'appuient pèche par la base, car l'Agnès du 9 juillet est nommée par le Martyrologe hiéronymien parmi les martyrs de Tomi, sur la mer Noire (De Rossi- Duchesne, p. 88), et il Tant singulièrement torturer le texte pour y reconnaître une martyre romaine.

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420 LB QUATRIÈME ÉDIT EN OCCIDENT (30i).

est si sobre de détails? Les chrétiens du quatrième siècle aimaient à rapprocher de la sainte Vierge la figure virginale de la jeune Romaine. Dans un brillant tableau, Prudence la montre montant au ciel, entourée d^anges : on croirait voir une Assomption de Murillo (1). Il va jusqu'à représenter Agnès « écrasant la tète du serpent, qui se roule, vaincu, sous le talon d'une vierge (2). » L'enthousiasme excessif du poète transporte à la jeune martyre le rôle même prédit depuis le commencement du monde à Marie (3). Agnès est quelquefois dessinée sur les verres chrétiens (4) à côté de la sainte Vierge. Le patriotisme des Romains semble avoir voulu faire de ce rapprochement un nouveau titre de gloire pour la jeune fille « qui porte le double diadème de la virginité et du martyre (5). »

(1) Péri Stephanôny XIV, 91-111. — Il conyleni d'ajouter que Prudence n'essaie pas de rapprocher le triomphe d'Agnès de l'Assomplion de la sainte Vierge : il représente seulement, avec tonte la pompe dn langage poétique, Vàm$ d'Agnès, spiritm, montant au séjour des élus.

(2) H»c calcat Agnes, hœc pede potenU Stans et draconis caice premens caput.

Nunc virginali perdomitns solo Cristas cerebri depremtt Ignei, Nec victus audet tollere Yerlicem.

Ibid., 112-118.

(3) Genèse, III, 15.

(4) Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2* éd., art. Agnès, p. 32; Kraus, Real-EncyklopOdie der christl. AlterthUmer, art. Agnes, t. I, p. 18.

(5) « Habens igitur in una duplex martyrium, pudoris et religionis. » Saint Ambroise, De Virginibus, 1, 2.

Duplex corona est prœstita martyr! :

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Je ne veux me servir de ses Actes que pour leur demander un renseignement topographique, dont l'exactitude est attestée par les monuments. Les parents d'Agnès (1), disent-ils, enlevèrent son corps avec une sainte joie et le déposèrent dans un petit domaine {prœdiolum) qu'ils possédaient à peu de distance de la ville, sur la voie Nomentane (2). Des cimetières chrétiens existaient déjà sur cette voie : le cimetière Ostrien, appelé aussi le grand cimetière, cœmeterium majuSj à cause des souvenirs que saint

iDtactQin ab oinni crimine Tirginal, Mortis deinde gloria liberœ.

PeH Stephanifn, XIV, 7-9.

Verres dorés représentant Agnès entre deux colombes, qni lui présentent chacune une cooronne; Martigny, Kraus, l, c; Borne souterraine, pi. IX, n<» 2.

(1) BartoUni a tenté de rattacher sainte Agnès à l'une des familles Flayia, Ulpia, Turrania, Clodia, Numitoria, Vettia, Lusia, Qnintia (Actes de sainte Agnès^]^. 7-11); Armeliini (// cimitero di S, Agnese, p. 19 et sui?.) essaie de la relier à la gens Clodia ; un autre archéologue (cité par Bartolini, p. 98) voit dans ses parents des Calpurnii. Ce sont autant d'hypothèses absolument dénuées de preuves. En réalité, on ne sait rien de la condition sociale des parents d'Agnès : et c'est peu sûrement, selon moi, que de l'expression nobile corpus, employée par Damase dans Tépitaphe métrique de la martyre, le P. Jubaru a conclu {Sainte Agnès, p. 180) que sa famille était a noble. »' Une seule chose nous est connue : c'est que cette famille possédait un immeuble au bord de la voie Nomentane (voir la note suivante).

(2) « Parentes vero ejus nullam penitns tristitiam habentes cum omni gaudio abstulerunt corpus ejus, et posuerunt iliud in praedlolo suo non longe ab Urbe in Tia quae dicitur Nomentana. » Acta S. Agnetis, 13, dans Acta 55., janvier, t II, p. 458. Sur ces praedia ou agelli (selon une autre expression des Actes ; cf. l'épitaphe inscrite sur un dppe funéraire, Bull, dell. Istit, di corresp. archeol., 1870, p. 16 : m \GELLTUs MUS sECBSsi) Tolr Bist. des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3* éd., Appendices A et B, p. 471-509. Le P. Jubaru publie (d'après Lanciani, Forma Urbis)

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422 LE QUATRIÈMB ËDIT EN OCCIDENT (304).

Pierre y avait laissés (1) ; une petite nécropole, voisine, mais distincte, remontant peut-être au quatrième siècle (2). A ce second hypogée touchait le prœdiolum des parents d'Agnès : un cimetière s'y forma peu à peu autour du sépulcre de la martyre, et sur ce sépulcre s'éleva, à Tépoque constantinienne (3), la gracieuse basilique demi-souterraine qui, bien que remaniée plus tard {h)y semble encore toute parfumée de son souvenir. Les Actes racontent que les funérailles d'Agnès furent Toccasion d'une émeute de païens, et que sa sœur de lait, Émérentienne, y périt. Les parents d'Agnès, ajouteot-ils, veillèrent à la sépulture de l'amie de leur fille, et la déposèrent « à la limite du petit champ de celle-ci, » in confinio agelli beatissimœ virginis Agnetis (5). Ce qui est certain, c'est que la tombe d'Émérentienne (6) était vénérée dans le cimetière Ostrîen, situé à quelques minutes

Je plan d'un tronçoa de la voie Nomeotaoe, bordé de sépultures pri- Tées (Sainte Agnès ^ p. 179).

(1) Voir De Rossi, Del luogo appellnto ad Capream pressa la via Nomentana* Ne pas oublier, cependant, la théorie contraire de Ma'rucchi qui reconnaît ces souvenirs dans le cimetière, peu éloigné, de Priscille sur la voie Salaria ; cf. Histoire des persécutions pen^ dant les deux premiers siècles, 3* éd., p. 17.

(2) Jubaru, Sainte Agnès, p. 158, 169. C'est le réseau de galeries marqué A sur le plan, p. 156.

(3) Sur la construction de la basilique de sainte Agnès, voir Liber Pontificalis, Silvester, éd. Duchesne, 1. 1, p. 180, et les notes du savant éditeur, p. 195.

(4) Liber Pontificalis, Honorius; ibid., p. 323. Cf. Jubaru, Sainte Agnès, p. 244-246.

(5) Acta S, Agnetis, 13.

(6) Sur sainte Émérentienne, voir Le Bourgeois, les Martyrs de Rome, t I, p. 97-134.

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de celui qui se développera à la suite de la sépulture de sainte Agnès (1), et beaucoup plus ancien que ce dernier. La chambre funéraire d'Émérentienne y a été retrouvée de nos jours (2) : on possède aussi une inscription du quatrième ou du cinquième siècle qui la cite parmi les martyrs dont l'anniversaire était célébré dans le cœmeterium majus (3).

Agnès fut peut-être une des dernières martyres de Rome. Le moment où la persécution, destinée à durer pendant plusieurs années encore en Orient, commença

(1) a L'état da sous-sol de Vagellus agnésien, où ne se trouve aucune galerie ni inscription préconstantinienne, s'accorde afcc les données historiques qui conduisent à placer le martyre d'Agnès sous la dernière persécution, au quatrième siècle. » Jubaru, p. 177.

(2) De Rossi, Bull, di areh, crisL, 1876, p. 150-153 et pi. XI; Armellini, Antichi cimiteri cristiani diRoma, p. 211-212; Maruccbi, les Catacombes romaines, p. 274-278; Jubaru, Sainte Agnès, p. 182-196.

(3) L'inscription en caractères du quatrième ou cinquième siècle, si i-aTamment commentée par M. de Rossi dans la description citée plus haut {Del luogo appellato ad Capream)^ nomme les principaux martyrs enterrés dans le cimetière Ostrien : Victor (éyèque d'un siège inconnu], Félix, Alexandre (martyrs dont l'histoire est ignorée), et Émérentienne :

XVI KAL. OCT MARTVRORO in cimi TERV MAIORE VICTORIS FEUcis EMEREMTIANETIS ET ALBXANcîri.

M. de Rossi pense que les noms de deux autres martyrs, Papias et Maurus, également enterrés dans ce cimetière (voir plus haut, p. 403), devaient être ajoutés après Felicis : le marbre est brisé à cet endroit. — Le Martyrologe hiéronymien marque aussi au 16 septembre l'anniversaire d'Émérentienne : « XVI Kl. Cet... In via Nomtana ad Capream in cimiterio majore Sci Emerentianitis. » Le Martyrologe ajoute, à cette même date, Victor, Félix, Alexandre, Papias. — Cette date du 16 septembre ne s'accorde pas avec le récit des Actes, qui rattache le martyre d'Émérentienne aux funérailles d'Agnès, dont l'anniversaire est le 21 janvier.

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de s'amortir à Rome coïncide avec le printemps de 305. Avant de raconter les événements politiques qui amèneront cette trêve, prélude de la paix définitive, il me reste à montrer hors de Rome, en Italie, en Espagne, en Afrique, la répétition des tragiques épisodes auxquels on vient d'assister dans la capitale de l'Occident.

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Las martyrs de l'Italie et de la Sicile.

L'Italie entière, du Pô à la Sicile, eut des martyrs.

On en rencontre sans surprise dans le Latium, TÉtrurie, TOmbrie, où rayonna de bonne heure le foyer de christianisme allumé à Rome par la main des apôtres. Ces contrées, depuis longtemps interrogées et fouillées de toutes parts, ont encore vu sortir de terre, en ce siècle, des noms inconnus de glorieux témoins du Christ. A Piperno (Privernum), dans le Latium, le marbre brisé qui porte Tépitaphe de deux époux chrétiens du quatrième siècle, Lucretius Asi(nianus) et Quintiana, ne rappelle pas seulement leur piété, leur amour des pauvres, leur hospitalité, mais raconte qu'ils eurent pour enfants trois saints, c'est-à-dire, dans le langage du temps, trois martyrs (1). Le nom

(1) Voici rinscription, avec les reslitutions proposées par M. de Rossi :

/uWVS. LVCRETIVS. ASInianiw et ....A. QVINTIANE. QVI. huerunt...

fidèles, BONIS. MORIBVS. PII. SWBBentores et hospUES, PBRBGRINORVM. ET. pauperum parentes RI. IVLl. ET. MONTANIANI SAtictorum

AaNC. DOMVM. ATi'EJlvit eorum orBITAS. FESTINA ANTE. T\mulum et

ossK. SANGTORVM. filiorum

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