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Marbre encastré, avec beaucoup d'autres débris anUques, dans le pa-
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que cette identification soit ou non admise, un fait subsiste : l'existence, à Tarquinies, d'un Eutycliius, qu'une épitaphe portant les caractères de l'époque de (fonstantin dit avoir confessé la foi et être mort dans la paix du Christ (1).
On cite pour l'Ombrie de nombreux martyrs : à Âmélia, saint Secundus (2); près de la même ville, sainte Firmîna (3) ; à Spello, saint Félix, évèqne (4) ; à Lodi, saint Cassien, évoque (5), saint Vénustien, sa femme et son fils (6); à Spolète, saint Sabin, évoque
Tage de Téglise de S. Maria di Castello à Corneto; De Rossi, BuUetiino di archeologia cristiana, 1874, pi. VI et p. 101.
(1) Sur la rareté et la valeur du mot confessor dans une inscription funéraire du quatrième siècle, voir De Rossi, BMettino di ar» cheologia crisiiana, 1874, p. 102-111. Dans les pages 111-118 du même BuUeitino, le savant arciiéologue démontre que l'épitaphe à'Eutychius confesseur provient des hypogées chrétiens de Tarquinies. Voir cependant, à la même époque, un autre sens du mot confessor; Ducbesne, Origines du culte chrétien, p. 405-406. — Il ne faut confondre aucun de ces Eulychius avec leur homonyme romain, enterré dans la catacombe de saint Sébastien, et célébré par saint Damase dans une épitaphe en vers, où il est raconté que ce martyr passa douze jours dans un cachot semé de poteries aiguës (cf. plus haut, p. 248). Je n'ai point mentionné TEutychins romain parmi les martyrs immolés sous Maximien Hercule et rappelés dans la première parUe de ce chapitre, car l'époque de sa mort n'est pas Indiquée dans l'épitaphe damasienne, et la difficulté avec laquelle son tombeau fnt retrouvé après la paix de l'Église (voir p. 180} semble indiquer que celui-ci avait été caché, comme tant d'autres, au commencement de la persécution.
(2) Acta SS,, Juin, t. I, p. 61 ; Surins, Vitœ SS., t. V(, p. 11.
(3) Surius, t. XI, p. 517.
(4) Acta 55., mai, t. IV, p. 167.
(5) Acta SS,, août, 1. 111, p. 27-30. Voir, à propos de saint Cassien, les remarques de Dufourcq, Étude sur les Gesta martyrum romatTis, t. III, p. 127-128.
(6) Acta 55., avril, t. Il, p. 538539.
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d'Assise (1), saint Grégoire, prêtre (2), saint Carpophore, prêtre (3), saint Abundius, diacre (4); à Assise, saint Marcel, saint Ëxsnperanlius, diacres (5). Malheureusement les Passions de ces martyrs sont de trop basse époque et trop peu sûres (6) pour qu'on puisse leur demander plus de détails (7), et, comme
(1) Baluze, Miseellanea, t. I, p. 12-14. Sur la Passion de saint Sabin, Toir plus haut, p. 376, noie i. Saint Sabin est nororoé, au 27 décembre, dans le Mariyrologium Bomanum parvum et dans le Martyrologe d'Adon ; mais ces deux recueils dépendent en grande partie des documents hagiographiques. « De ce martyr existent des souvenirs antérieurs au neuTième siècle. L'église de saint Sabin à Spolèle est rappelée par Paul Diacre (mort en 799) comme existant dans la seconde moitié du sixième siècle (Bist, Lang,, IV, 17). Saint Grégoire le Grand (599-604) rappelle la tombe du martyr à Spolète. L'image de saint Sabin fut placée dans la mosaïque pariétale de Saint- Martin in cœlum aureum de Ravenne, ou Saint-Apollinaire Nuovo, par TéTéque Agnellus (556-559). Et peul-étre le Sabinus, rappelé dans le Martyrologe hiéronymien aux 25 et 26 janvier, sous Ravenne, n'est-il antre que le martyr de Spolète, dont le culle se serait répandu à Ravenno depuis la moitié au moins du siècle précédent, c'està-dire depuis répoque de la composition du Martyrologe hiéronymien. » Lanzoni, Le origini del crislianesimo e delC episcopato nelV Umhrka romana^ dans Rivista storico-critica délie Scienze teologiche, octobre 1907, p. 824.
(2) Snrius, Vitae 55., t, XII, p. 307.
(8) Mombritius, Sanctuarium, t. I, p. 4.
(4) ibid,
(5) Baluze, Miscellanea, t. I, p. 12-14.
(6) Voir Tillemont, Mémoires, t. V, art. lu sur la persécution de Dioclétien.
(7) « Les érudits s'accordent aujourd'hui à reconnaître que toutes les Passions des martyrs de l'Ombrie furent écrites plusieurs siècles après 305 (au plus tôt vers la fin du cinquième et au commencement du sixième), et que leurs auteurs ne puisèrent pas dans d'anciens écrits, mais seulement dans les traditions populaires ou dans leur pieuse imagination. Cependant ces Passions ne doivent pas être négligées par l'historien des origines du christianisme et de Tépiscopat
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il n'y eut pas de cimetières souterrains en Ombrie (1) , on ne peut suppléer par les monuments ou les inscriptions aux lacunes de Thistoire (2).
Les traditions relatives aux martyrs de l'Italie méridionale sont assez confuses; cependant on doit retenir les noms de saint Érasme, martyrisé en Campanie (3) ; du célèbre saint Janvier, troisième évèque de Bénévent^ décapité dans la même province, à Pouzzoles, avec ses compagnons Sosie (^), Festus, Didier, Proculus, Eutychius, Acucius (5) ; de saint Vit, enfant
en Ombrie. Elles attestent l'existence d'an culte, d*un sépulcre, d'une basilique, d'une liturgie, d'une fête religieuse, etc., au temps où elles furent écrites. Si leurs auteurs n'eurent pas sous la main des Actes authentiques du martyre des saints sur lesquels ils écrivirent, ou parce que ces Actes n'existèrent jamais, ou parce qu'ils étaient perdus, ils furent cependant en état de lire les inscriptions gravées sur les tombes. Beaucoup d'entre eux vécurent en un temps où chacune des églises ombriennes conservait soigneusement et lisait pendant l'office les diptyques ou listes authentiques de ses évéques : on peut être sûr que le martyr auquel ils donnent le nom d'évéqne le fut certainement. » Lanzoni, article cité, Rivista storico-critica délie Scienze teologiche, novembre 1907, p. 1.
(i) DeRossi, Bull, di arch. crisL, 1891, p. 83-85; Lanzoni, article cité, octobre 1907, p. 740.
(2) Outre les noms de martyrs que nous avons cités, comme attribués par leurs Actes à la dernière persécution, le Martyrologe hiéronymien nomme six martyrs ombriens (Vital, à Spolète, Valentin, Proculus, Apollonius et Ëpbebus, à Terni, Terentianus, à Todi), dont il n'indique pas l'époque : peut-être quelques-uns d'entre eux sontils du même temps.
(3) Acta S5., juin, t. I, p. 211.
(4) Sosius, d'après les Actes; mais Sossius ou Sossus dans le calendrier de Carthage et le Martyrologe hléronymien, lôkrffoc dans les Menées grecques.
(5) Ihid,^ septembre, t. YI, p. 761. Les Actes de saint Janvier mettent son martyre sous Dioclétien, pendant le cinquième consulat de Constance et de Galère, c'est-à-dire en 305. Mais la commémoration
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de douze ans, dit-on, immolé pour le Christ avec saint Modeste et saint Crescence dans la Lucanie (1). La confession de saint Euplus ou Euplius, diacre de Catane en Sicile, est célèbre, et ses Actes, dont on possède plusieurs versions un peu diiférentes, mais paraissant provenir d'un même original, méritent de faire foi dans Tensemble (2).
Le 12 août (3) 304 (4), Euplus fut arrêté pendant
de ce saint évéque et de ses compafEnoos est dans l'Égltse latine an 19 septembre. A cette date de 305, Diociétien ne régnait plus, et la persécution avait cessé eo Occident. Peut-être celle du 21 avril, où les Grecs font la fête de ces saints, correspond-elle plutôt au jour exact de leur martyre ; en avril, Diociétien et Maximieu n'avaient pas encore abdiqué, et la persécution durait en Italie. — Tillemont critique avec raison les Actes de saint Janvier, qui sont une pièce de basse époque. Hais il paraît certain qu'un original plus ancien a existé. Le manuscrit 1668 du Vatican contient une traduction grecque, meilleure que le texte latin, et qui semble dépendre d'un document antérieur. M. de Rossi a publié, au tome II des InscripHones chrUtia" nx, p. 225, 246, 247, une pièce de vers gravée par l'ordre du pape Symmaque sur Tautel dédié à saint Sossius, diacre, l'un des compa* gnons de saint Janvier, dans l'église de Saint-André, près de la ba« silique Vaticane. Ce poème renferme des détails relatifs au martyr Sossius qui manquent dans la rédaction latine que nous connaissons, et prouvent l'existence, à la fin du cinquième siècle, d'un texte des Actes de saint Janvier et de ses compagnons plus complet que celui qui nous est parvenu. Voir Bullettino di archeologia cristianay 1887, p. 47, et surtout InscripHones christianœ, t. Il, p. 246, note.
(1) Acta SS., juin, t. VI, p. 139.
(2) Voir Tillemont, Mémoires, t. V, art. et note ii sur saint Euple.
(3) « Pridie idus augusti. » Les Actes grecs mettent ce premier interrogatoire le 29 avril, et le second le 12 août; je préfère suivre ici les Actes latins, qui les mettent le même jour, car ils paraissent tout à fait la suite l'un de l'autre, et le contexte ne suppose pas entre eux un aussi long intervalle.
(4) « Diocletiano novies et Maximiano octies consulibus. » Acia 5. Eupli, dans Ruinart, p. 438. Cette date consulaire de 304 se retrouve dans les Actes grecs publiés par Cotelier {Monumenta Eccle*
qu'il lisait FÉvan^le aux fidèles. Ou le conduisit à Calvisianus, correcteur de Sicile (1). Celui-ci était dans son cabinet, séparé de la salle d'audience par un voile (2). Eatrant dans la salle, Euplus cria d'une voix forte : « Je suis chrétien, je désire mourir pour le nom du Christ. » Calvisianus ordonna d'introduire dans le cabiaet l'homme qui criait ainsi. Euplus portait encore le livre des Évangiles, dont il donnait lecture au moment de son arrestation. Un sénateur,
six grcBcx^ Paris, 1686, p. 192). Plasiears manuscrits portent « Diocletiano no?ies et Mazliniano septies coos. ; » mais ces deux consulats ne concordent pas, Dioclétien ayant été consul pour la neuTÎème fois en 304 et Maximien pour la septième (ayec Dioclétien encore pour collègue) en 303. Cependant on pourrait retenir l'indication du septième consulat de Maximien et considérer celle du neuTième de Dioclétien comme une faute de copiste, facile à commettre, puisqu'il suffisait de mettre un I de trop dans la date écrite en chiffres romains. Les cir* , constances du martyre de saint Enplus se rapportent aussi bien à 803 qu'à 364. J'ai préféré néanmoins cette dernière date, parce qu'elle est donnée correctement par quelques manuscrits.
(1) C'est le titre que lui donnent arec raison les Actes grecs de Co* telier. La Sicile était administrée en 314 par un correcteur (Eusèbe, Hùt EccL, Xy 5, 23; cf. Marquardt, Bômische StaatsverwaUung^ t. I, p. 240). Aussi les Actes latins se trompent-ils en donnant à Calyisianus le titre de consularis, que les gouverneurs de Sicile ne portèrent qu'après 337 (Marquardt, L c). Voir Parisotti, Dei magistraii che ressero la Sicilia dopo Diocleziano, dans Studi e Documenli di Storia e DirUto, 1890, p 219; Cantarelli, Il vicariato di Roma^ dans Bull, délia comm. arch. corn., 1893, p. 37 et suit. Le correcteur Calrisianus n'est connu que par les Actes de saint Euplus ; mais la gens Calvisiana est souvent rappelée dans les textes et les inscriptions : De Vit, Onom., t. II, p. 90; cf. Cantarelli, /. c, p. 42, et, du même, La Diocesi italiana da Diocletlano alla fine deW Im* pero occidentale, dans Studi e Documenli di Storia e DirUto,
(2) Cf. J. Rambaud, Le Droit criminel romain dans les Actes des martyrs y p. 62.
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Maxime (1), qui se trouvait dans Tappartement du correcteur, dit eu le voyant ainsi chargé : « Il ne t*est pas permis de porter de tels livres contre Tordre des empereurs. » Calvisianus commença Tinterrogatoire : « D*où te viennent ces Écritures? les as-tu apportées de ta maison? — Je n'ai pas de maison, mon Seigneur Jésus-Christ le sait, » répondit Euplus, qui probablement vivait caché loin de sa demeure habituelle, comme beaucoup de chrétiens pendant la persécution. Calvisianus continua : « Est-ce toi qui as porté ici ces livres? — C'est moi qui les ai portés ; car je les avais quand on m'arrêta. — Lis-les. » Euplus ouvrit le volume et lut, entre autres passages, ces deux sentences de TÉvangile qu'il avait sans doute l'habitude de commenter aux fidèles pour les préparer aux épreuves de l'heure présente : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux, » et : « Celui qui veut venir après moi, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » « Qu'est-ce que cela? » dit le correcteur. « C'est la loi de mon Seigneur, qui m'a été confiée. — Par qui? — Par Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant. » Calvisianus, l'interrompant, dit que, puisque ses sentiments étaient suffisamment connus, il serait maintenant interrogé en public, avec l'appareil de la torture.
On passa dans la salle d*audience, où le correcteur
(1) Les Actes lalios disent seulement : <t Unus ex amicis Calvisiani, nomine Maximus. » Les Actes grecs lui donnent le titre de clarissime, à Xo^iitporaTo;.
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lui demanda : « Persistes-tu dans ta première confession? » D'une main qui restait libre Euplus fit le signe de la croix, en disant : « Ce que j'ai déclaré une première fois, je le répète; je suis chrétien, et je lis les divines Écritures. — Pourquoi les as-tu gardées en ta possession, et ne les as-tu pas livrées quand les empereurs les ont interdites? — Parce que je suis chrétien, et qu'il ne m'était pas permis de les livrer. Mieux vaut mourir. EUes contiennent la vie éternelle, que perd celui qui les livre. Pour ne pas la perdre, j'abandonne ma vie. — Qu'Euplus, qui a contrevenu à redit impérial en ne livrant pas les Écritures, et qui persiste à les lire au peuple, soit appliqué à la torture. » Pendant qu'on le tourmentait, le martyr faisait tout haut ces courtes et ardentes prières, que nous avons tant de fois entendues sortir de la bouche d'héroïques patients : « Je te rends grâces, Christ. Garde-moi, puisque c'est pour toi que je souffre. » Le correcteur l'exhortait cependant : « Euplus, renonce à ta folie. Adore les dieux, et tu seras délivré. — J'adore le Christ, je déteste les démons. Fais ce que tu voudras, je suis chrétien. J'ai depuis longtemps désiré ce qui m'arrive. Fais ce que tu voudras. Ajoute d'autres tourments. Je suis chrétien. » Quand les bourreaux eurent reçu l'ordre de s'arrêter, Calvisianus reprit : « Malheureux, adore les dieux; rends hommage à Mars, à Apollon et à Esculape. — J'adore le Père, le Fils et le Saint-Esprit, la Trinité sainte, hors laquelle il n'y a pas de Dieu. Périssent des dieux qui n'ont pas fait le ciel, la terre et tout ce qu'ils contien-
nent! Je suis chrétien. — Sacrifie, si tu veux être délivré. — Je m'offre moi-même en sacrifice au Christ Dieu. Je ne puis faire plus. Tes efforts sont vains : je suis chrétien. » Calvisianus commanda de le torture^ plus cruellement. « Christ, je te rends grâces, s'écriait le martyr. Christ, secours-moi. 0 Christ, je souffre tout cela pour toi. » Il prononça souvent ces invocations; puis la force lui manqua au milieu de ses souffrances, on vit ses lèvres pâles s'agiter, priant encore ; mais la voix ne sortait plus de sa poitrine épuisée.
Calvisianus rentra dans son cabinet pour rédiger la sentence ; paraissant de nouveau hors du voile, il lut sur ses tablettes : « J'ordonne que le chrétien Euplus, qui méprise les édits des princes, blasphème les dieux et refuse de se repentir, soit décapité. Emmenez-le. » On suspendit à son cou l'exemplaire des Évangiles avec lequel il avait été surpris, et l'on marcha vers le lieu du supplice; le héraut précédait en criant : « Le chrétien Euplus, ennemi des dieux et des empereurs! » Euplus ne cessait de répéter : « Grâces au Christ Dieu ! » Parvenu là où il devait mourir, il s'agenouilla et pria longuement; puis, disant une dernière fois : « Grâces à Dieu ! » il tendit le cou au glaive du bourreau. « Les chrétiens parvinrent à enlever son corps et l'ensevelirent pieusement, embaumé dans les parfums (1). »
(1) <c Sablatum est postea corpas ejus a christianis, etconditom aromatibas sepultum est. » Acla, 3. — Sur saint Euplus, Toir saint Grégoire le Grand, Ep., XII, 10, à Félix, éyêque de Messine.
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436 LE QOATRlfcMli: ËDIT EN OCCIDENT (304).
Od voudrait rencontrer le même naturel et la même vraisemblance dans les Actes de la célèbre martyre de Syracuse, sainte Lucie (1). Malheureusement, il est impossible d*y méconnaître un récit romanesque, où rimagination du narrateur joue le plus grand rôle. L'existence historique de la sainte n'est pas douteuse : la vénération dont elle fut de bonne heure Tobjet dans toute TÉglise en est la preuve (2). Son histoire, en ce qu'elle a de probable, tient cependant en quelques lignes : Lucie, qui avait voué à Dieu sa virginité, et s'était dépouillée volontairement de ses biens, comparut devant le correcteur (3), qui la menaça de l'enfermer, comme tant d'autres vierges chrétiennes, dans un lieu de débauche, et la fit enfin mourir par le glaive, le 13 décembre (k).
(1) Suriu». Vilx 55.. t. XII, p. 247.
(2) Ëpitaphe, appartenant à la fin da quatrième siècle ou an commencement da cinquième, découverte par M. Orsi dans la catacorobe de San GioTanni à Syracuse, d'Euskia^a morte le jour de la fête de madame Lucie, » àviicocuffe t6 t^ éopT^ Tf^ xupioc (lou Aovxtac (Orsi, dans Rôtnische Quartalschrifl, 1895, p. 299-808). — Martyrologe hiéronymien, aux ides de décembre (6 décembre) : « Siracussa ciyi Siciliae ni scae Luciae virg. » (De Rossi-Deschesne, p. 152).
(3) Les Actes donnent à ce magistrat le titre de consularis et le nom de Pascbasius. On peut admettre que, du mois d'août au mois de décembre, un autre correcteur ait remplacé CalTîsianus, que nous Tenons de TOir condamner à Catane saint Euplus. Mais Pascbasius semble un nom de forme cbrélienne (Kraus, ReaUEncykL der chrisU. AlterthUmert art. Namen, t. Il, p. 481) et n'a point dû être porté par un magistrat paTen. Voir cependant Cantarelli, dans Bull, délia comm. arcfu com,, 1893, p. 45, et dans Studi e Documenti di Sloria e DiHUo, 1903, p. 276.
(4) Les Actes racontent, § 8, qu'au moment de mourir, Lucie dit : « Je TOUS annonce que la paix est rendue à l'Église, que Dioclétien est descendu du trône et que Maximien a fini sa carrière. » 11 y a
Remontant vers le nord de l'Italie, on trouve des martyrs dans le Picenum, saint Emygdius, évêque, à Ascoli (1), saint Peregriaus, diacre, à Ancône (2); dans rÉmilie, saint Domninus, près de Parme (3), saint Proculus, saint Vital et saint Agricola, à Bologne (4). Vital était l'esclave d'Agricola. Tous deux confessèrent le Christ et furent condamnés à mort. Les persécuteurs hésitaient à faire périr Agricola, dont la douceur avait gagné l'amitié des païens. Aussi essayèrent-ils de l'épouvanter par le supplice de son esclave. On soumit Vital aux plus cruelles tortures. Celui-ci, dont le corps n'était plus qu'une plaie, s'écria d'une voix mourante : « Seigneur Jésus-Christ, mon Seigneur et mon Dieu, ordonne que mon &me soit enfin accueillie dans ton paradis, car je désire recevoir la couronne que ton saint ange m'a mon-
dans ces paroles aa double anachronisme : d'abord, la mort de Lucie paraissant être du 13 décembre 304, la sainte n'a pu annoncer comme arrivant en ce Jour l'abdication de Dioclétien, qui est du mois de mai 305; puis on se trompe en faisant mourir au moment de l'abdication Mazimien Hercule, qui y survécut cinq ans. Mais, comme le montre le chapitre suivant, le narrateur est dans la vérité historique en faisant dater de l'abdicaUon des Augustes la paix religieuse en Occident.
(1) Acta SS„ août, t. H, p. 16.
(2) Ibid., mai, t. UI, p. 565.
(3) Ibid., octobre, t. IV, p. 987.
(4) Vilalem, Agricolam, Proculum Bononia condlt, Qnos jurala fides pietatis in arma vocavit, Parque salutiferls tezit Tictoria palmis,* Corpora transftxos trabalibus incllta clavls.
Saint .Paulin, Poem. XXIV. Il parait résulter de ces vers que Proculus fut cloué, probablement crucifié, comme Agricola. Sur saint Proculus, voir Acta SS,, juin, 1. 1, p. 60.
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438 LE QUATRlàlfE ËDIT EN OCCIDENT (304).
trée. )) Puis il expira. Agricola, persistant dans sa foi, fut crucifié. Les corps des deux martyrs furent, paralt-il, enterrés dans le cimetière des Juifs : c'est là que les trouvèrent, en 393, saint Ambroise et Tévêque de Florence Eusebius ; près du corps d'Âgricola étaient déposés la croix, les clous et « les marques triomphales de son sang (1), » c'est-à-dire soit les linges ou la terre qui en avaient été imbibés, soit Féponge ou le vase où on Favait recueilli (2).
L'atrocité du supplice, l'irrégularité d'une exécution capitale confiée à des mains autres que celles du bourreau, les haines dont elle témoigne, me font attribuer à la dernière persécution le martyre de saint Cassien d'Imola. Le fanatisme de Maximien Hercule, qui résidait habituellement à Milan, quelquefois à Ravenne, à Aquilée, à Vérone (3), encourageait dans toutes les provinces du nord de l'Italie celui du peuple et des magistrats, et amnistiait d'avance les illégalités dont les chrétiens seraient l'objet. Voici ce à[ue
(1) Saint Ambroise, De exhortatione virginitatis, 1, 2; cf. saint Paulin, Vita S. Ambrosii, 4. On place généralement le martyre de ces saints pendant la persécution de Dioclétien. La lettre 55, attribuée à saint Ambroise, qui donne seule cette Indication chronologique, est regardée comme apocryphe; mais elle peut n'être pas de saint Ambroise et cependant reproduire une date exacte. Linhuroation probablement furlive des deux martyrs dans le cimetière des Juifs montre que celui des chrétiens était alors confisqué ; ce trait est caractéristique de la oersécution de Dioclétien. Voir, sur la découverte des reliques des saints Vital et Agricola, Ristori, S, Ambrogio in Fi^ renze, dans Archivio storico italiano, t. XXXVI, 1905, p. 242-246.
(2) Cf. Prudence, Péri Stephanôn, XI, 131-144; et Les Dernières Persécutions du troisième siècle, 3® éd., p. 360-362.
(3) Voir Godefroy, Code Théodosien, l. IV, p. 13.
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Ton sait de saint Cassien. Le poète Prudence, allant à Rome, traversait la ville d'Imola, appelée alors Forum Cornelii, du nom deSylla, son fondateur (1). Dans la basilique il aperçut, au-dessus du tombeau du martyr, une peinture représentant un homme couvert de plaies, les membres déchirés, entouré d* enfants qui piquaient son corps avec des styles à écrire (2). « Ce que vous voyez, lui dit le gardien du temple, n'est pas une tradition vaine, un conte de bonne femme; l'artiste a pris dans les livres le sujet de son tableau, qui montre quelle était la foi de l'ancien temps (3). » Expliquant au poète la peinture qu'ils avaient sous les yeux, Vœdituus lui raconta que Cassien était un maître d'école exact, sévère, peu aimé de ses élèves à cause de la stricte discipline qu'il leur imposait. Il fut traduit en justice, parce qu'il refusait de sacrifier aux dieux [k). Ayant appris la profession de ce chrétien, le
(I) Prudence, Péri Stephanôn, IX, 1, 2. (2} Erexi ad cœluro faciem, stetil obviam conlra
Fucis colorum picta imago martyris, Plagas mille gerens, totos lacerata per artus, Ruptam minulis prœferens panctis cutero.
Innameri circum puerl, miserabile visu, Çonfossa parvis membra figebant çtiljs. . . . Péri Stephanôn, 9-14.
(3) iï)diluas coosaitua ait : Quod perspicis, hospes,
Non est inanis aut anilis fabpla
Historiam pictara refert, qu» tcadita libris Veram yetusU temporis monstrat fidero.
iWd., 17-20.
(4) Moderator aluropoi
Gregis, quod aria sapplicare spreTerat.
iWd., 81-32.
Oa a coDcIa de ces paroles que le martyre de saint Cassien était ar-
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juge le condamna à un supplice d*un genre nouveau. En souvenir peut-être du châtiment inventé par Camille pour le précepteur qui avait voulu lui livrer les enfants de Paieries (1), il abandonna Cassien à ses écoliers, nu, les mains liées, les autorisant à le tourmenter jusqu'à la mort. Chacun épuisa sur lui sa rancune et sa méchanceté, les uns brisant leurs tablettes sur le front du vieux maître, les autres lui enfonçant des styles dans les entrailles ou lui en sillonnant la peau. Après un long supplice, rendu plus atroce parles railleries de ses jeunes bourreaux, Cassien finit par mourir, ayant perdu tout son sang (2).
rivé sous Julien, qui interdit l'enseignement aux chrétiens. Le poète ne dit pas que Cassien fut poursuivi pour avoir professé, mais pour avoir refusé de sacrifier aux dieux. 11 parle de ce martyre comme d'un fait arrivé « au vieux temps, x> veram vetusti temparit mon" strat fidem; cela peut s'entendre du commencement du quatrième siècle, mais non du règne de Julien, sous lequel vécut Prudence enfîiit.
(1) Tite-Live, V, 27.
(2) Vinci tur post terga manus, spoliatus amictu,
Âdest acuUs agmen armatum stilis.
Conjiciunt alli fragiles inque ora tabellas Fragunt, relisa fronte lignum dissilit.
Inde alii stimulos et acumina ferrea vibrant, Qua parte aratis cera sulcts scribitur.
Mine foditur Ghristi confessor, et inde secatur;
Pars viscus intrat molle, pars scindit cutem. Omnia membra manus pariter fixere ducentœ,
Tolidemque guttœ vulnerum stiliant simuL
Sanguis ab interno venarum fonte patentes Vias secutus deserit prœcordia,
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Les villes de la Vénétie et de la Transpadane eurent aussi leurs martyrs, dont quelques-uns paraissent avoir appartenu à la cour ou à Tarmée de Haximien Hercule, ou avoir été jugés directement par lui : saint Victor, soldat maure, à Milan (1); saint Nabor et saint
Totque foraminibus penetraU corporis exit Fibrarum anbelans iUe vitalis calor.
Péri Stephanân, IX, 43-92.
Ce terrible supplice n'est pas sans précédent; Suétone {caligula, 28) parie d'un sénateur et Sénèque {De clementia, 1, 14) d'un chevalier ainsi tués à coups de styles. Sous Julien, quand le peuple païen d'Arélbuse massacra i'évéque Marc, « les enfants qui fréquentaient les écoles (raconte Sozomène, Hist, EccL, V, 10) se firent de lui un jouet, se le rejetant de l'un à l'autre, et le piquant atrocement ayec leurs styles. » — Je ne crois pas avoir besoin de défendre la véracité de Prudence décrivant un tableau de la basilique d'imola et rapportant le commentaire qui lui en est donné. On a pourtant, pour la peinture de saint Cassien comme pour celle de saint Hippolyte (cf. Les Der^ nières Persécuiiotu du troisième siècle, 3* éd., p. 858-364), insinué qu'eUe pouvait être une invention du poète. J'ai répondu ailleurs pour saint Hippolyte; la réponse est aussi facile en ce qui concerne saint Cassien. 11 faudrait des preuves bien fortes pour accuser sinon d'imposture, au moins d'invention poétique un homme tel que Prudence, décrivant un monument public placé dans une église et disant : « J'ai vu. » L'hymne en l'honneur de saint Cassien est une des plus vivantes, des plus personnelles que Prudence ait écrites ; il s'y met naïvement en scène et laisse même échapper sur son voyage, sur sa famille, sur ses inquiétudes de fortune ou de carrière, une de ces confidences dont il se montre ordinairement si avare (Péri Stepha^ non, IX, 99-106). Comment supposer qu'à ces accents sincères il aurait mêlé une froide et inutile fiction, et, après avoir confié à ses lecteurs qu'il embrassa le tombeau en versant des larmes et en priant avec angoisse (ibid., 99-100), décrit comme existant au-dessus de ce tombeau une peinture imaginaire? L'auteur de la plus récente étude sur Prudence, M. Puech, admet comme moi que le poète a réellement vu les fresques ou les tableaux dont il parle (Prudence, Étude sur ta poésie chrétienne latine au quatrième siècle, 1888, p. 130, 309).
(1) Acla SS,, mai, t. H, p. 286.
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Félix, également soldats, dont le procès s'instruit dans cette ville et dont Texécution se fait à Lodi (1) ; saint Fidèle, saint Exanthius, saint Carpophore et plusieurs autres, immolés à C6me (2); sainte Justine à Padoue (3) ; saint Firmus et saint Rusticus, arrêtés à Ber-* game, interrogés à Milan, décapités hors des murs de Vérone (4). Mais les Actes de ces divers martyrs sont de basse époque; les noms, quelques indications de lieu, peuvent seuls être acceptés avec confiance. La Passion de Firmus et de Rusticus raconte qu'après leur supplice le magistrat qui les avait condanmés fit apporter les notes rédigées par les chrétiens et commanda de les brûler, en même temps qu'il ordonnait de laisser sans sépulture les corps des martyrs (5). Abolir de toutes les manières la mémoire de ceux qui étaient morts pour le Christ, faire que nul écrit et nul
(1) Acla SS,, jaiUel, t. III, p. 280. — Sar les Actes de Nabor et Félix, comme sur ceux de Victor le Maure, compositions de très basse époque, voir Tillemont, Mémoires^ t. V, art. et notes sur ces saints ; Monceaux, Hist. littéraire de V Afrique chrétienne, t. lU, p. 113- 114; Dufourcq, Étude sur les Gesta martyrum romains, t. II, p. 1 loin.
(2) Acta 55., août, t. II, p. 187; octobre, t. XII, p. 548.
(3) Acta 55., octobre, t. III, p. 824.
(4) Voir la Passio 55. Firmi et Rustici, omise dans l'édition de 1689 de Ruinart, donnée dans Tédition de 1731, et reproduite dans celle de Ratisbonne, p. 636. Cette Passion est aussi peu sûre que beaucoup des Actes que Ruinart a rejetés de son recueil.
(6) « Tune jussit Anulinus ut omnes gestœ cbristianorum adducerentur ante eum, et fecit eas comburi ante se, dicens : Quicumque ie- ^erit eas in errorem veniet, sicut et illi fuerunt; et venerantur illorum sepulcra magis quam templa deorum, qui ab initio sunt. Et jussit ut nemo sepeliret corpora eorum, nisi besti» aut canes deyorarent ea. » Passio SS. Firmi et Rwtici, 2.
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tombeau ne parl&t d'eux à la postérité, fut, pendant cette persécution, la pensée des païens. Elle put être en partie déjouée, car presque partout les reliques des martyrs reçurent les honneurs qu'on leur avait enviés (1), et les confesseurs, « compagnons des martyrs, » ne furent pas oubliés par la piété des fidèles (2). Mais le récit de beaucoup de trépas glorieux ne fut pas écrit, ou se perdit faute de pouvoir être recueilli dans les archives dispersées des Églises : quand on voulut le rédiger plus tard, les sources étaient confuses, les traditions brouillées. C'est ainsi que les Actes des saints Firmus et Rusticus ressemblent en beaucoup de points à ceux de saint Victor (3) ; que dans un grand nombre de Passions du nord de Tltalie parait un même juge, Ânulinus, dont le nom est peutêtre emprunté au proconsul d'Afrique célèbre à la
(1) Voir en particulier la dévolion des Milanais du quatrième siècle pour les tombes de saint Victor, de saint Nabor et de saint Félix, appelés nostros martyres par saint Ambroise (In Lucx evangelium, 7).
(2) Inscription en l'honneur de deux confesseurs, gravée en caractères de la première moitié enriron du quatrième siècle, et trouvée à Milan en 1785, sur l'emplacement de ïhortits Philippi :
BT A DOMINO CORONATI SVNT BBATl CONFESSORES COMITES MARTYRORVM AVRBLIVS DIOOENBS CONFESSOR ET VALERIA FELIGISSIMA BIBl IN DEC FEGERVNT SI QVIS POST OBITVM NOSTRVM AUQVEM CORPUS INTVLERINT NON EFFVGIANT IRA DËI ET DOMINI NOSTRI.
Bull, di arch. crist,, 1864, p. 30.
(3) Tillemont, Mémoires, t. V, art. uv sur la persécution de Dioclétien.
même époque par ses rigueurs envers les chrétiens (1). La même confusion se rencontre dans les Passions des martyrs de Sardaigne. Celle de saint Ephysius, immolé pour le Christ à Cagliari, semble copiée sur les Actes de saint Procope (2). Celle de saint Saturnin, dans la même ville, rappelle les Actes de son homonyme de Toulouse (3). Cependant, à défaut de pièces authentiques, la Sardaigne a gardé le souvenir de plusieurs victimes de la dernière persécution. Outre les noms que nous venons de citer, elle honore Simplicius à Terra Nova (i), Cisellus et Camerinus à Cagliari (5), le soldat Gavinus, le prêtre Protus et le
(1) Cf. Edmond Le Blanl, Les Actes des martyrs, p. 25. Cependant le nom d'Annlinos peut ayoir été porté par un magistrat distinct de celui-ci et attaché à l'administration du diocèse d'Ilalie, car les Anulînus sont nombreux à cette époque : un Annius Cornélius Anulinus, consul en 295; un Anulinus, préfet de Rome en 306; un autre Anulinus, proconsul d'Afrique en 313.
(2) Acta SS., janvier, t. I, p. 997. Cf. Tillemont, Mémoires, t. V, art. LYi sur la persécution de Dioclétien. Un passage, cependant, parait à retenir. La Passion de saint Ephysius dit qu'il fut jugé par le gouYerneur Juliens (ou Juiius), mais que celui-ci, atteint de la fièvre, ne put le condamner, et quitta l'Ile, remplacé par Flavianus (deriliquÂt ibi vicarium nomine Flavianum). 11 se trouve qu'un Flavianus a gouverné la Sardaigne sous Dioclétien et Maximien : il est nommé avec ces empereurs sur une borne milliaire, dont f inscriptionr est reproduite par VEphemeris epigraphica, t. VIII, 759. Voir Gantarelli, dans BulL arch, com.y 1893, p. 217, et dans Sludi e Documenti di Sloria e Diritto, 1903, p. 299.
(3) Tillemont, l. c,
(4) Acta 55., mai, t. Ill, p. 456.
(5) Acta SS,, août, t. IV, p. 414.— Découverte de l'antique cime- Uère chrétien de Cagliari, cubieula creusés dans le roc, sans être reliés par des galeries, analogues aux tombes sémitiques et aux caveaux chrétiens de la Palestine. L'un, orné de peintures, paraît contemporain de Dioclétien et de Maximien (monnaies de ces deux princes);
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diacre Janvier, à Torre (1). La Corse vit aussi couler le sang chrétien. Les Actes de sainte Devota (2) disent que cette pieuse vierge y souffrit par Tordre du gouverneur Barbarus (3). Au même magistrat est attribuée la mort de la plupart des martyrs de Sardaigne. La Passion de saint Saturnin dit expressément que Barbarus gouvernait les deux lies. Ce détail me semble un de ces traits historiques comme il s*en rencontre dans les pièces hagiographiques même les plus défectueuses. Il provient apparemment soit d'un document original, soit d'une tradition plus ancienne que Tépoque où la Passion fut rédigée; car, dans le courant du quatrième siècle, la Corse et la Sardaigne étaient des provinces séparées, pourvues chacune d'un gouverneur différent (4); tandis qu'au temps de la division administrative opérée par Dioclétien en 297 elles ne formaient peut-être encore qu'un seul gouvernement (5).
raolre, plus ancien, a des peintures de bon style et d'un symbolisme très original. Bull.di archeologia cristiana, 1892, p. 136, 140-144, et pi. V, VI-VIU.
(1) Acta SS., octobre, t. XI, p. 541.
(2) Acta SS., janvier, t. II, p. 770.
(3) A première vue, on croirait que ce nom est symbolique plutôt que réel. Ce fut, cependant, celui d'une grande famille romaine'; un des consuls de 157 s'appelait Barbarus; un consulaire de Campanie, en 333, porte les noms de Barbarus Pompeianus (Corp. inscr, laL, t. XIV, 2919; Code Théodosien, I, ii, 6); un' autre Barbarus Pompeianus fut proconsul d'Afrique en 400 (Corp, inscr. lat.^ t. VIII, 969). Voir BulL délia comm, arch. com., 1892, p. 197, 1893, p. 211.
(4) Liste de Polemius Silvius (403-449), dans Mommsen, Mémoire sur les provinces romaines, trad. Picot, p. 47; Notitia DignUatum, Ocdd., Bôcklng, p. 6, 28; 11, 14; 805.
(5) Dans la Dioecesis Italiana^ le manuscrit de Vérone, représen-
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La persécution s'étendit dans la seule province que Maximien Hercule posséd&t au nord des Alpes. La Rhétie faigait partie de ses États et du diocèse d'Italie. Là nous apparaît pour la première fois la touchante figure de la pénitente, digne, par son héroïsme et son repentir, de se placer à côté de tant de vierges immolées pour le Christ.
Uans Âugusta Yindelicorum (Augsbourg) vivait Âfra, courtisane récemment convertie (1). Quand on
tant la diTÎsion de 297, nomme la proTince Corsica et ne fait pas mention de la Sardaigne séparément (Mommsen, l. c, p. 47); mais l'état défectueux du manuscrit ne permet pas de tirer de cette omission des conclusions précises, car le nom d'autres provinces y manque aussi, qui certainement flguraient dans la liste. — Voir cependant, contre l'opinion que j'ai émise dans le texte, Mommsen {Corp. inscr, lot., t. X, p. 838) et Michon (V Administration de la Corse sous la domination romaine 1888, p. 418 et suiv.), qui pensent que la Sardaigne et la Corse furent séparées administrât! vement dès le règne de Néron. Cantarelli {Il vicariato di Boma, dans BulL arch. com, , 1893, p. 205-207 et la Diocesi italiana da Diocleziano alla fine dell Impero occidentale^ dans Studi e Documenti di Storia e Diriito, 1903. p. 295-298) croit à la séparation des deux provinces en 297, mais prend cependant en considération le témoignage des Passions de sainte Devota et de saint Saturnin : il suppose que Barbarùs, ayant d'abord gouverné la Corse, puis ayant été nommé au gouvernement de la Sardaigne, avait provisoirement conservé l'administration de ces provinces; exemples analogues dans BulL arch. corn., 1892, p. 124,198. (1) Passio S. Afrx martyris, dans Ruinart, p. 501. Les Actes de sainte Afra contiennent une première pai'tie, non insérée dans Ruinart, où est racontée sa conversion, et sur laquelle Tillemont fait de justes réserves {Mémoires, t. V, note xxiv sur la persécuUon de Dioclétien). Ils ont ensuite uoe seconde partie, qui forme la Passion proprement dite, où sont relatés l'interrogatoire et le supplice d'Afra. Cette seconde partie commence, comme un récit indépendant de la première, par ces mots : Apud provinciam Rhetiam, in civitale Augusta, et se termine par : Bxc dicens, emisit spiritum. Ruinart la croit copiée sur les registres publics. Sans aller aussi loin, on ad-
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exécuta l'édit ordonnant de contraindre tous les chrétiens au sacrifice, elle fut arrêtée, et conduite au juge Gains, c'est-à-dire probablement au président de la province (1). « Sacrifie aux dieux, lui dit-il, car il t'est plus avantageux de vivre que de périr dans les tour-
meUra qu'elle a été composée d'après des souvenirs anciens et précis. Telle est l'opinion de M^' Duchesne. Celui-ci rejette la première partie, condamnée par Tillemont, et sagement omise par Ruinart. Il défend la seconde contre les critiques de Krusch {Passiones vUxque sanctoruM xvi merovingiei et aniiquorum aliquoU Hanovre, 1S96}. Sans doute, elle n'est pas pour lui « une pièce absolument originale, reproduisant un procès-verbal officiel ou des notes d'audience » (Bulletin critique^ 1897, p. 304); mais « eJle appartient à la catégorie des Passions rédigées vers le déclin du quatrième siècle ou le début du siècle suivant, de type intermédiaire entre les pièces vraiment originales comme la Passion de saint Cyprien ou celle de saint Polycarpe, et les légendes plus ou moins fabuleuses, si fréquentes à partir du sixième siècle )> {Analecta Bollandiana» t. XVII, 1898, p. 436). Ms' Duchesne lui reconnaît au moins c une valeur analogue à celle des Passions des martyrs de Gaule, par exemple celles de saint Symphorien, des saints Donatien et Rogatien, etc. » [Bulletin critique, 1897, p. 305). « La tradition, dit-il, s'y conserve en gros, avec ses traits principaux; le détail de la rédaction reflète plutôt le sentiment et i'imaginaUon du rédacteur qu'il ne s'inspire de la réalité des choses. Ici les traits caractéristiques sont : la profession de courtisane, le fait que la martyre n'était pas encore baptisée, le supplice du feu. Ce n'est pas trop présumer de la tradition angsbourgeoise que de supposer que ces trois traits ont pu se conserver, pendant trois ou quatre générations, à tout le moins dans le clergé et près du sanctuaire, fort vénéré, d'Afra » (Analecta BolL, t. XVH, p. 436). Le Martyrologe hiéronymien inscrivant au 7 août : « In provincia Rhetia, civitate Auguste, Afrœ venerifis, » relève soit de la Passion elle-même, soit directement de la tradition. Pour M. Hamack, « les Actes du martyre d*Afra sont sans valeur, mais le fait est bien établi » et « la personnalité de la martyre Afra n'est pas douteuse. » Die Mission und Aus^ breilung des Christentums, 2" éd., t. II, p. 232.
(1) L'un de ses plus proches prédécesseurs avait été Valenlius^ vir perfectissimus, prxses provineix Rxtix en 290; Corpus inscr, lai., t. II, 5810.
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ments. — Les péchés que j'ai commis pendant que j'ignorais Dieu me suffisent, répondit Afra; ce que tu commandes^ je ne le ferai jamais. — Honte au Capitole, et sacrifie (1). — Le Christ est mon Capitole, sans cesse présent devant mes yeux (2) : je lui confesse chaque jour mes fautes. Et puisque je suis indigne de lui offrir un sacrifice, je désire me sacrifier moi-même pour son nom, afin que le corps par lequel j'ai péché soit purifié dans les supplices. — J'apprends que tu es une courtisane, dit le juge; sacrifie donc, car tu ne peux appartenir au Dieu des chrétiens. »
Cette naïve parole éclaire d'un jour singulier les
(1) <c Accedens ad Gapitolium, sacrifica. » Passio^ 1. Aagtbourg, qae Tacite (Germ., 41} appelle splendidissima Hxiix provinci» eolonia, avait probablement un Capitole, comme la plupart des colonies romaines. Marquardt doute cependant qu'Augsbourg, bien que portant le nom de colonie, ait eu le jus coloniœ (Bômische Staatsverwaltung, t. I, p. 289, note 7;. Mais elle était au moins un municipe {Corpus inscr. lot., t. III, 5S00), et, comme il n'y avait plus, sous l'Empire, de différence entre les colonies et les municipes (VVillems, le Droit public romain, p. 528), elle put avoir un Capitole. Dans la nouveUe édition de son étude sur les CapUoles provinciatuc du monde romain (Mémoires de la Société d'Émulation du Doubs, 1885), M. Castan a fait, à propos des Actes de sainte Afra, une objection dont Je ne saisis pas le sens. « Aucun déterminatif n'accompagnant le mot Capitolium, dit-il (p. 349), nous ne savons encore s'il y a lieu de lui accorder le sens précis de Capitole. » Je cherche vainement quel déterminatif est nécessaire pour donner au mot Gapitolium le sens de Capitole.
(2) Une réponse semblable se lit dans la Passion de sainte Macra, martyrisée à Fismes, près de Reims, vers 287 (Acta SS,, janvier, t. I, p. 325). J'admettrai volonUers que le rédacteur de cette dernière pièce a maladroitement copié les Acles de sainte Afra, car dans le petit bourg de Fismes il ne doit pas y avoir eu de Capitole.
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pensées des païens : elle montre Tidée qu'ils se fai^ saient de leurs propres dieux, dont on pouvait approcher avec un cœur impur et un corps souillé; mais elle révèle en même temps le sentiment instinctif qu'ils avaient des exigences morales de la religion chrétienne. Pendant le curieux dialogue entre Afra et Gains, cet inconscient aveu sortira de chaque parole de celui-ci, auquel la pénitente, dans un langage & la fois humble et fier, essaiera en vain de faire comprendre les merveilles de la grâce divine et la vertu purifiante du repentir.
« Mon Seigneur Jésus-Christ, répondit-elle, a dit qu'il était descendu du ciel pour les pécheurs. Les Évangiles racontent qu'une courtisane arrosa ses pieds de larmes et fut pardonnée, et qu'il n'a pas accablé de ses mépris les courtisanes et les publicains, auxquels il a permis de manger avec lui. » Le juge ne comprit pas : « Sacrifie, afin d'être chérie de tes amants comme autrefois, et de recevoir d'eux beaucoup d'argent. — Je ne recevrai plus jamais cet argent exécrable : celui que je possédais, je l'ai rejeté comme une ordure, car il provenait de mon inconduite. Mes frères les pauvres refusaient de l'accepter : j'ai dû les supplier de daigner le recevoir et de pricft» pour mes péchés. Puisque j'ai rejeté tout ce que j'avais, comment chercherais-je à gagner de nouveau ce que j'ai rejeté loin de moi comme de l'ordure? — Le Christ ne te considère pas comme digne de lui. Tu n'as pas de raison de l'appeler ton Dieu, car il ne te reconnaît pas pour sienne. Une courtisane ne peut porter le nom de
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chrétienne. — Je ne mérite pas, en effet, d'être appelée d*un tel nom ; mais la miséricorde de Dieu, qui juge selon sa propre bonté, et non d'après nos mérites, a daigné m'y admettre. — D'où sais-tu que Dieu ta admise à ce nom? — Je sais que Dieu ne m'a pas rejetée, puisqu'il m'a permis de prendre part à la confession de son saint nom, par laquelle j'ai foi que tous mes péchés me seront remis. — Fables que tout cela! Sacrifie aux dieux, c'est par eux seuls que tu seras sauvée. — Mon salut est le Christ, qui, pendu à la croix, promit le paradis au larron pénitent. — Sacrifie, pour que je ne te fasse pas donner les étrivières à la vue des amants qui vécurent honteusement avec toi. — Mes péchés seuls peuvent me donner de la confusion. — Enfin sacrifie aux dieux : discuter plus longtemps avec toi n'est pas digne de moi : si tu refuses, tu mourras. — Je n'ai pas d'autre désir que de mériter, par cette confession, le repos étemel. — Sacrifie, sinon je te ferai mettre à la torture, puis brûler vive. — Que le corps par lequel j'ai péché souffre tous les tourments; mais je ne souillerai pas mon âme en sacrifiant aux démons. »
Le juge prononça la sentence : « Nous ordonnons qu'Afra, courtisane publique, qui s'est proclamée chrétienne, et a refusé de prendre part aux sacrifices, soit brûlée vive. » On la mena dans une lie du Lech, et, la dépouillant, on l'attacha à un poteau. Afra, les yeux levés au ciel, priait en ces termes : « Seigneur Jésus-Christ, Dieu tout -puissant, qui n'es pas venu appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence,
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et qui as daigné promettre que, du jour où le pécheur se sera converti de ses iniquités, tu ne te souviendras plus de celles-ci : reçois à cette heure mon supplice comme une expiation, et, parce feu temporel préparé pour mon corps, délivre-moi du feu éternel, qui brûle Fftme et le corps ensemble. » Les bourreaux Tentourèrent de sarments, auxquels ils mirent le feu : du milieu des flammes la voix de la martyre se faisait encore entendre : « Je te rends grâces, Seigneur Jésus, qui as daigné me recevoir comme victime pour ton nom, toi qui t'es offert sur la croix en victime pour le monde entier, juste pour les injustes, bon pour les méchants, béni pour les maudits, pur et sans péché pour tous les pécheurs. Je t'offre mon sacrifice, ô Dieu qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vis et règnes aux siècles des siècles. Âmen (1). »
(1) Une troisième partie des Actes, insérée dans Rainart, mais t>eaucoap moins l>onne que la seconde, raconte le martyre des trois serrantes d'Afra, Digna, Eunoroia et Eatropia, et de sa mère, Hilaria, brûlées rives dans le caveao funéraire d'Afra. On remarquera que le Martyrologe hiéronymien fait mention d'Afra seule, et ne nomme ni ses serrantes ni sa mère. Voir les articles déjà cités du Bulletin cri» tique (1897, p. 804) et des Analecta BoUandiana (1898, p. 438, 435)*
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Les martjrrs de l'Aliicnie et de TEspagne.
L'Afrique, où la première phase de la persécution avait fait couler tant de sang, paraître tant d'héroïsme et de défaillances, fut plus agitée encore par l'exécution de Fédit concernant tous les chrétiens. Aux « jours de la tradition » succédaient les « jours de la thurification : » le gouverneur de Numidie et le proconsul d'Afrique rivalisèreot d' efforts pour contraindre les fidèles à Tapostasie.
La Numidie était alors administrée par « le président Florus, » un des plus ardents ennemis que FÉglise ait eus (1). Son souvenir durait encore soixante ans plus tard, quand écrivait saint Optât. Parlant de lui et des autres agents de la persécution, « tout le monde sait, dit Févêque de Milève, quelles étaient leur ruse et leur cruauté. Us faisaient vraiment la guerre aux chrétiens. Une impure fumée s'élevait sans cesse des autels : ceux qui ne pouvaient se rendre aux sacrifices étaient partout forcés à brûler au moins de Fencens (2). » « Sous Florus, on contraignait les chré-
(1) Floras était à la fois bon païen et bon courtisan. Consécration, par lai, de trois autels, dans la yille de Timgad : l'un à Jupiter, protecteur de Dioclélien; un autre à Hercule, protecteur de Maiiiuieni le troisième à Mars, protecteur de Galère. Corp, inscr. lat., t. VIII, 2S45-2347.
(2) « Alla persecutio fuit sub Diocletiano et Maximiano : quo tem-
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tiens à venir dans les temples; sous Florus on leur ordonnait de renier le Christ (1). » Ceux mêmes qui avaient faibli une première fois n'étaient pas exempts de cette seconde épreuve. « Vous savez, dit plus tard un prélat numide, qui avait été traditeur, vous savez combien m'a cherché Florus afin de me contraindre à « thurifier; » mais Dieu m'a sauvé de ses mains (2). » Cependant aucun document écrit n'a conservé les noms des chrétiens qui souffrirent en Numidie pendant la terrible année 30&. Heureusement, ici encore, Tarchéologie supplée à ce silence et lève un coin du voile qui couvre, sur tous les points de l'Empire romain, tant de martyrs ignorés. De l'ancien cimetière chrétien de Hastar, en Numidie (3), à moitié route entre Hilève et Cirta, provient l'inscription suivante, qui parait avoir été mise sur une tombe, peu d'années après la persécution : « Le trois des ides de juin a été déposé ici le sang des saints martyrs qui ont souffert sous le président Florus, dans
pore fuerunt et impii judices bellum Christiano noroini inferentes : ex quibus..., ante annos sexaginta et quod excurrit îd Namidia Floras. Omnibus notum est qaid eorum operata si artificiosa crudelitas : sobyiebat bellum cbristianis inditum... : Imroundis fumabant arœ nidoribus, et qui ad sacrilegia venire non poterant, ubicumque thus ponere nilebanlur. » Saint Optât, De schism. donai., III, 8.
(t) a Sub persecutore Floro cbristiani cogebantur ad templa..., sub Flore dicebatur ut negaretur Christus. » Ibid,
(2) « Scis quantum me quœsiTit Florus ut thurificarem, et non tradidit me Deus in manibusejus. » Actes du concile de Cirta, dans saint Augustin, Contra Cresconium, 111, 30.
{d) BulUUino di archeologia crùtiana, 1876, p. 59-01. Maslar, aujourd'hui Beni-Ziad ou le village alsacien de Rouffach, est à trente kilomètres de Milève (Milab) et de Cirta (Constanlioe).
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454 LE QUATRIÈME ÉOIT EN OCCIDENT (30i).
la cité de HUève, aux jours de la thurification; parmi lesquels Innocent..., dans la paix (1). » Un autre nom suit Innocent, peut-être Thecla ; mais la lecture en est incertaine (2). Cette inscription montre, par un exemple ajouté à beaucoup d'autres, la vénération des fidèles pour le sang répandu par leurs frères pendant le supplice. Hais pourquoi n'avoir déposé dans le cimetière de Hastar que le sang et non les corps des chrétiens martyrisés à Hilève par Florus pour refus de « thurifier »? La réponse parait facile quand on se rappelle le soin avec lequel, dans la dernière persécution, les bourreaux veillaient à ce que les martyrs demeurassent sans sépulture. Probablement les cadavres, trop bien gardés, ne purent être ensevelis, et Ton dut se contenter du sang recueilli dans des linges, des éponges ou des vases.
Plus loin, dans la même province, sur la voie de Cirta & Kalama, furent rencontrés (3) deux cippes surmontés du monogramme constantinien et portant une inscription en caractères cursifs. Sur l'un, on lit : « Noms des martyrs Nivalis, Hatrona, Salvus : anni-
(1) TERTIO iDYS (monogramme du Christ) iv^has diposi
TIO CRVOBIS SANCTORVa HARTYRVM QTI SYNT PA88I STB PRESIDB FLORO IN CIT ITATE MILETITANA IN DIEBTS TVRIFI CATIONIS INTER QVIBTS HIC INNOC IN PAGE...
Bulletlino di archeologia cristiana, 1876, pi. III, n« 2.
(2) Ibid., p. 62.
(3) A Aîn-Regada, à ceot Tingt kilomètres de ConstaDlioe, à quatre cents mètres de la Toie romaiae. Bulletlino di areheologiu crûtiana^ 1875, p. 168.
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versaire le neuf des ides de novembre (1) ; » sur l'autre : « Noms des martyrs Nivalis^ Matrona, Salvus. Fortunatus a fait ce qull avait promis (2). » Ces inscriptions paraissent sépulcrales, et semblent avoir été gravées aussitôt que la paix eut donné le loisir et la liberté d'honorer les tombes des victimes de la dernière persécution, Fortunatus est vraisemblablement un contemporain des trois martyrs, qui leur avait promis d'avoir soin de leur sépulture et a tenu sa promesse. Quand les temps devinrent propices, il écrivit d'une main inhabile leurs noms et la date de leur anniversaire sur des cippes désignant le lieu où ils reposaient. Inscrire les épitaphes sur des cippes était d'un usage très fréquent dans les cimetières à ciel ouvert de l'Afrique (3).
(1) NOMI
NA MAR TVRVM NIVALIS MATRONE ' SALVI NA TALIS NONV IDVS NOVEMBRES Bullettino di archeologia cristiana^ 1875, pi. XIL (•2) NOMINA
MARTVR ROM NIVALIS MATRONE SALVI FORTVNATV QOT PROMISIT FECIT.
Ibid.
(3) Ibid., p. 171.
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Une autre inscription conserve la mémoire de martyrs inconnus de la Mauritanie Sitifienne. Elle provient d'un monument votif, cella on basilique élevée en leur honneur par Colonicus et sa femme dans le cimetière chrétien de Sétif : les ruines de l'oratoire et les vestiges du cimetière se voient encore (1). « Colonicus et son épouse chérie remplissent avec joie le vœu fait aux saints martyrs. Ici repose Justus, ici repose avec lui Decurius, qui l'un et l'autre par une courageuse confession surmontèrent les armes ennemies et, victorieux, méritèrent en récompense les couronnes que donne le Christ (â). »
Enfin, en Numidie, sur le bord de la mer, à Philippeville, l'antique Rusicade, ont été découverts les restes d'un grand édifice chrétien « dont l'inscription, dit M. de Rossi, parle d'une martyre appelée Digna, à laquelle fut consacrée une basilique construite par un évèque du lieu, nommé Navigius (3);
(1) Bull, di arch. crist., 1875. p. 172.
(2) MA.RTIRIBVS SANCTIS PROMISSA COLONICTS IRSO^TS SOLVrr VOTA SVA LAETUS CVM CONITGB CARA HIC SITVS RST IVHTY8 HIC ATQ. DECTRIY8 YMA QVI BENR CONFRSSI VICERYNT ARMi MALIGffA PRÀEMIA TICTORES CRISTI MERVERR CORONAM.
Ibid., p. 171; 1876, pi. III, n» 1. — Dans le BulleUino de 1875, p. 173, M. de Rossi a démontré, par les termes mêmes de rinscriptioa rapprochés des paroles de saint Optât, De schism, donat., HI, 8, qu'il ne peat s'agir ici de prétendus martyrs donatistes.
(3) MAGNA QVOD ADSVRGVNT SACRIS
PASTIGIA TECTIS