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QVAE DEDIT OFFICIIS S0I.L|CIT¥D0 PUS

MARTYRIS BCCLESUM TENERÀN

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LES MARTiRS DE L'AFRIQUE ET DE L'ESPAGNE. 457

divers iadices portent à croire que cette martyre fut immolée dans la persécution de Dioclétien, mais Thistoire et les martyrologes n'en parlent pas (1). Sous

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« Voici que s'élèvent les hauts faites des toits sacrés, qu'une pieuse sollicitude a donnés pour église à la vénérable martyre Digna. Le noble pontife, celui qui est toujours notre père, le ministre de la loi du Christ, Navigius, les a construits. Que tous contemplent son religieux ouvrage. » Bullettino di archeologia cristiana, 1886, p. 26.

(1) M. Edmond Le Blant a élevé quelques doutes au sujet de la martyre Digna. « Je ne trouve — écrit-il dans le Bulletin du comité des travaux historiques et scientifiques, 1887, p. 370-371 ~ dans les catalogues de l'Ëglise d'Afrique ni le nom de l'évéque Navigius ni celui de Digna. Étaient-ils catholiques? étaient-ce de ces donatisles qui couvraient le sol africain des tombeaux de ceux d'entre eux qu'ils saluaient comme martyrs? D'après la forme des lettres (fort mal gravées bien qu'il s'agisse ici d'un marbre de type officiel, ayant dû figurer sur la façade de l'é^^iise), l'inscription de Philippeville ne peut avpir été exécutée avant la fin du quatrième siècle. Si la mort de Digna n'est pas beaucoup antérieure, 'il est à croire que ni cette femme ni l'évéque Navigius, dont les noms manquent, je le répète, dans les catalogues africains, ne doivent être comptés au nombre des catholiques. » A ces paroles de l'éminent épigraphiste, M. de Rossi avait d'avance répondu dans une note du Bull, di arch. crist, de 1886, p. 38 : « A Rusicade, les donatistes et les catholiques eurent chacun un évéque (cf. Morelli, Africa cristina, t. I, p. 265). L'inscription de Navigius, qui invite tons, cunctos^ à contempler son reli- 9tont5 opu5, ne porte en soi aucune trace de conciliabule schismatique. Aucune allusion n'y est faite aux circonstances spéciales du martyre de Digna, qui semble une martyre antique, nomine venerando, d'un nom honoré par un culte solennel et incontesté. D'autres martyrs de la persécution de Dioclétien en Numidie, prxsido Floro, nous ont été révélés par les inscriptions, martyrs ignorés, comme Digna, des fastes martyrologiques. A cette classe devra probablement être jointe la martyre de Rusicade. »

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une dalle ornée de mosaïques était placé un sarcophage contenant les ossements d'une jeune fille et quatre grands clous. Serait-ce la vénérable dépouille de la martyre Dîgna? Les clous trouvés dans le sarcophage n'appartiennent pas à un cercueil de bois, dont il n'y avait nul vestige, peut-être étaient-ils déposés dans la tombe comme instruments et preuves du martyre (1). »

Bien d'autres inscriptions parmi les quatre-vingts textes épigraphiques relatifs à des martyrs, qui ont été retrouvés dans toutes les parties de l'Afrique romaine, s'appliquent probablement à des victimes de la dernière persécution (2), comme beaucoup de mentions de martyrs africains, parmi lesquels de nombreux groupes de martyrs, qui se lisent dans le Martyrologe hiéronymien et dans le calendrier de Carthage (3), concernent sans doute des chrétiens tombés pendant cette grande crise, dont les souvenirs n'avaient pas eu le temps de s'effacer. Malheureusement, nous ne trouvons encore ici que des noms.

(1) a J'ai demandé, continue M. de Bossi, que Ton vérifiât ai remplacement du sépulcre correspondait à celui de l'autel dans Tabside de la basilique ; car, en ce cas, on y pourrait reconnaître la yéritable tombe de la martyre. Malbeureusemement il n'a pas été possible de dessiner an plan exact et d'explorer Taire de la basilique, aujourd'hui en grande partie occupée par des constructions modernes. » BtM. di arch. crist., 1886, p. 28.

(2) Voir le tableau de ces textes épigraphiques, dans Monceaux, Hist, littéraire de l'Afrique chrétienne, t. Ifl, p. 170-175.

(3) Sur ces groupes locaux de martyrs africains, voir les Prolégomènes de l'édition De Rossi-Duchesne du Martyrologe hiéronymien,

p. LXXU.

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avec des indications locales, et les documents écrits, bien que plus nombreux et meilleurs que pour d'autres provinces, sont encore assez rares. On peut cependant suivre par eux l'application de Fédit de 304^ dans les diverses régions de l'Afrique romaine.

Saint Augustin nous fait connaître le martyre de deux de ses prédécesseurs sur le siège d'Hippone, Leontius, fondateur d'une des basiliques de la ville(l), et le successeur de celui-ci, Fidentius, immolé à la tête d'un groupe de vingt fidèles, parmi lesquels on cite deux femmes, Valeriana et Victoria, qui tous, malgré les sommations du juge et les supplications de leurs proches, refusèrent de sacrifier (2).

Deux pièces récemment découvertes (3) montrent la persécution sévissant non moins cruellement en Mauritanie.

L'une de ces pièces a pour héros un martyr jusquelà inconnu, le vétéran Typasius (4). Voici, en peu de

(1) Saint AugusUn, Serm. CCLXI, CCLXII, 2. Saint Augustin ne dit pas dans quelle persécution périt Leontius ; mais le fait d'avoir construit à Hlppone une basilique s'accorde avec la fin du troisième ou le commencement du quatrième siècle mieux qu'avec toute autre époque, et il résulte de VEp, 29 de saint Augustin que Leontius est antérieur au schisme donatiste.

(2) Saint Augustin, Serm. CXLVIII, GGGXXV, CGCXCVL Sur un miracle opéré à Hippone au tombeau des Viginti martyres, voir De ci" vitale Dei, XII, 8.

(3) Ànalecta Bollandiana, t. IX, 1890, p. 117-134.

(4) L'éditeur boUandiste considère la Passion de Typasius comme sincère et rédigée à une époque peu éloignée des faits, malgré une certaine tendance du narrateur au merveilleux. M^' Duchesne {Bulletin critique, 1890, p. 278) ne la croit pas antérieure à la fin du quatrième siècle, n conjecture que Typasius est peut-être identique au martyr

mots, le résumé de la narration. Lorsque Maximien Hercule vint en Afrique, en 297, pour combattre les Quinquegéntans révoltés, un chrétien, Typasius, vivait dans la Mauritanie Sitifienne. Il avait accompli ses années de service militaire, et était maintenant enrôlé dans une compagnie [vexillatio) de vétérans, sorte de réserve obligée de seconder Tarmée active en temps de guerre (1). Il se rendit avec ses camarades à rappel de Maximien. Mais quand celui-ci, à la veille du combat, fit une distribution aux soldats, Typasius refusa d'y prendre part, et se déclara soldat du Christ (2). Cependant, comme il prédit en même temps la victoire, et que la prédiction se réalisa, Maximien lui accorda le congé honorable, Yhonesta missio (3).

africain ReTocatus [revocatus, Téléran rappelé sous les drapeaux) commémoré en Afrique les 6 et 7 mars, d'après le Martyrologe hiéronymien. M. Monceaux considère la Passion comme une composition factice, dont la première partie, celle où le martyr est mis en rapports avec Maximien Hercule, serait imaginée, mais dont la seconde partie contient des interrogatoires authentiques, reproduits d'après les procès-Terbaux. Selon lui, le martyre eut lieu dans la période de 295-299, non en 304, comme le suppose le narrateur {Hist. liti. de V Afrique chrétienne, t. 111. p. 126-131). Je ne vois pas de motif suffisant pour me rallier à cette opinion. D'après M. Harnack {Die Mission und Aiubreitung des Christentums, 2' éd., t. II, p. 49) les Actes de Typasius seraient « douteux; » mais il n'explique ni ne justifie ce jugement trop sommaire.

(1) Tacite, Ann., 1, 17, 26; cf. Marquardt, Rôm. Staatsverwaliung, t. II, p. 448.

(2) Cf. TertuUien, De Corona militis, 1 ; Toir Histoire des perse' entions pendant la première moitié du troisième siècle, 3* éd.,

(3) Digeste, XLIX, xti, 13, § 3. Cf. V Index du recueil de Wilroanns, 1. 11, p. 608.

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Quelques années plus tard commença la persécution générale : édits commandant la destruction des églises, rincendie des livres, et enjoignant à tous de « thurifier. » Un ordre impérial rappela en même temps tous les vétérans sous les drapeaux. Cette mesure, rapportée par le passionnaire, n'est pas sans exemple dans Thistoire romaine : même après avoir reçu leur congé définitif, les vétérans pouvaient, en certaines circonstances, être rappelés au service, revocati (1); mais cet appel n'a probablement, ici, aucune relation avec les édits de persécution. C'est lui, cependant, qui fut l'occasion du martyre de Typasius. Celui-ci, qui s'était retiré dans la Mauritanie Césarienne (2), et y menait la vie d'ermite, refusa de reprendre les armes. Parmi ceux qui le dénoncèrent, les Actes nomment un praepositus saltiis, c'est-à-dire un de ces régisseurs des domaines impériaux, comme l'Afrique en comptait en grand nombre (3). Typasius fut traité de déserteur, bien qu'il invoquât le congé régulier de Maximien. L'accusation n'était pas tout à fait injuste, puisque le congé n'exemptait pas des appels extraordinaires auxquels les anciens soldats restaient toujours exposés. Hais Typasius, tout entier maintenant au service de Dieu, persista dans son refus. Un miracle qu'il fit pour guérir l'écuyer du gou-

(1) Voir Gagnât, art. Evocati, dans le DicL des Antiquités, t. II, p. 866.

(2) La Mauritanie Césarienne et la Mauritanie Sitilienne formaient depuis Dioclétien des proTinces séparées.

(3) Cf. Corpus inscr. lat,. t. VUI, 10570.

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462 LE QUATaiÈMfi ÉDiT EN OCCIDENT (304).

verneurlui attira Findulgence de celui-ci. Mais bientôt les soldats réclamèrent tumullueusement, disant que Typasius était le seul qui n'eût pas offert de l'encens aux dieux (1). La question était posée maintenant sur un autre terrain : après un second interrogatoire, le gouverneur dut prononcer la sentence capitale.

« J'ai patiemment supporté, dit-il, la longue résis* tance du vétéran Typasius, dans l'espoir qu'il reprendrait du service et sacrifierait aux dieux de Rome. £t comme il refusait avec obstination, alors, mettant de côté la sévérité du juge, je l'ai exhorté à ne pas se perdre lui-même. Mais puisqu'il persévère dans sa coupable superstition, et refuse avec mépris d'obéir aux commandements de nos Augustes, j'ordonne qu'il soit décapité, afin que par sa mort tous apprennent à se soumettre aux lois des empereurs (2). »

Typasius, levant les yeux au ciel, rendit grâces à Dieu : puis, emmené par les soldats, il fut décapité, près de la ville de Tigava, le 11 janvier (3).

(1) (( Eo quod turilicantibus omnibus solus sanctus Typasius contemneret impériale praeceptum. » Passio, 7.

(2) a Diu sustinui Typasium veterannm, ut ad militiam rediret et diis Romanis hostias immolaret. Et cum pertinaciter noilet, ego eom, deposito judicantis yigore, eihortatus sum ne periret Sed qnia in eadem superstitionis peryersitate durarit et jussionibos Angnstorum nostrorum parère contempsit, gladio eum animadverti placnit, nt ex ejus morte omnes discant statutis imperatorum obedire. » fbid. Cette sentence, certainement authentique, est un des rares exemples de Jugement motiTé prononcé contre les martyrs. Voir Dix Leçons sur le martyre, 3' éd., p. 268, note 5.

(3) Le nom de la Tille et la date sont indiqués dans le titre : Pcls-

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Les Actes ajoutent un trait, qui semble annoncer les temps chevaleresques. Sur la tombe du vieux soldat, les fidèles déposèrent son bouclier : leur foi en arrachait souvent de petits morceaux* que Ton gardait comme reliques» ou que Ton portait aux malades, dans Tespoir de leur guérison.

Le martyr dont il est question dans le second texte appartient aussi à la Mauritanie Césarienne. Fabius (1) était porte-drapeau dans la cohorte des officiales du gouverneur. Après la publication de Tédit de Dioclétien, commandant à tous les chrétiens de sacrifier, il refusa de remplir sa charge. Ce refus eut lieu lors de rassemblée des délégués de la province : indication

sio s. TypaHi martyris qui pcLssw est Ticabis sub Claudio comité III idus januarii, — Typasius est nommé avec d'autres martyrs dans une inscription trouvée à Duperré (Oppidum NoTum, près de Tigara) : FLORAE, VITALIONIS. TIPASII, MARGIAE ET CASELUAE, Mélanges d*archéologie et d'histoire publiés par l'École française de Rome, 1899, p. 80.

(1) Avant la découverte récente de sa Passiop, Fabius n'était pas inconnu. Le Martyrologe d'Adon, au 31 juillet, renfermait un résumé de celle-ci. La Passion est attribuée par les BoUandistes à un auteur du quatrième ou cinquième siècle. Le mélange de rudesse et d'enflure qui caractérise son style rappelle la langue parlée dans l'Afrique romaine à celle époque, et ressemble assez à celui de la Passion de sainte Satsa (dont il sera question au volume suivant) pour qu*on ait pu les attribuer au même auteur. Sans se prononcer sur ce point, M. Monceaux considère la Passion de Fabius comme a entièrement africaine, et même assez ancienne. Elle contient sûrement un fond de vérité historique. Elle a été composée en un temps où se conservait exact le souvenir des circonstances du martyre, et où cependant les légendes commençaient à embellir la réalité. Elle ne peut être ni beaucoup antérieure à la fin du quatrième siècle, ni postérieure à l'Invasion vandale : elle serait donc à peu près contemporaine d'Augustin. » Hist, littéraire de V Afrique chrétienne, 1. 111, p. 126.

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précieuse pour l'histoire des institutions romaûnes de rAfrigue, car c'est la seule mention que Ton ait encore rencontrée du concilium officiel de la Mauritanie Césarienne. Traduit devant le gouverneur, Fabius confessa intrépidement sa foi. Le gouverneur le fit décapiter; puis, suivant Texemple de beaucoup de magistrats dans la dernière persécution, il refusa la sépulture au condamné ; mais, comme les bêtes fauves et les oiseaux de proie épargnaient ses restes, il fit mettre dans deux sacs et jeter à la mer la tète et le corps de Fabius. Il espérait ainsi dérober aux chrétiens les reliques d'un martyr (1). Mais le mauvais dessein du persécuteur fut déjoué : les flots déposèrent la tète et le corps de Fabius assez loin de Gésarée, sur le rivage de Cartenne (2).

La province proconsulaire eut aussi des martyrs. Ânulinus, que nous avons vu, au commencement de l'année, juger en vertu des premiers édits Saturnin, Dativus et leurs compagnons, préside maintenant à l'application du quatrième édit.

C'est encore une pièce récemment découverte qui nous fait connaître un des épisodes les plus intéressants de cette phase de la persécution (3). Il se passe à

(1) c Ne nos fecisse videamur martyrem christianis. » Cf. pins haut, p. 250.

(2) Les denx derniers paragraphes de la Passion montrent qu'elle fnt écrite par nn habitant de Cartenne, défendant contre les reyendicaUons des habitants de Césarée le droit de ses concitoyens à conserver les reliques de Fabius.

(3) Passio SS. MaximXy Secundx et Donatillx^ dans Analecta BoUandiana, 1890, t. IX, p. 110-116. Ces trois saintes n'étaient pas

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Thuburbo (1). Des chrétiens d'un domaine, peut-être impérial, situé près de la ville, et désigné sous le nom de possessio Cephalitana (2), avaient été convoqués devant le proconsul. « Êtes- vous chrétiens? » leur demanda-t-îl. « Nous le sommes, » fut la réponse. « Les pieux et augustes empereurs (3), déclara le proconsul, ont daigné me donner Tordre d'assembler tous les

inconnues. Les Actes de sainte Crispine, que nons analyserons plus loin, font allusion à leur martyre. Elles sont nommées ou indiquées^ au 30 juillet, dans le Martyrologe hléronymien et dans le calendrier de Garthage. Le résumé de leur Passion se trouve dans le Martyrologe d'Adon. Les BoIIandistes qui rédigèrent les Aeta Sanctorum de juillet n'ayaient pu trouver le texte original de celle-ci. Leurs successeurs l'ont découTert dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale. Ils portent sur cette pièce un jugement très favorable : les nombreux détails qui y sont contenus concordent avec les institutions et les mœurs du temps, le style est simple, et tous les indices engagent à considérer l'hagiographe comme peu éloigné du temps où vécurent les martyres. W* Ducbesne {Bulletin critique, 1890, p. 278) est plus sévère. M. Harnack considère le document comme très suspect (Geschichte der altchristl, Litter., t. I, p. 831 -, Chronol. der altehristl, Litter.f t. II, p. 478). M. Monceaux estime que « si l'ensemble est de qualité médiocre, si les interpolations y abondent, on y rencontre aussi des parties excellentes. » 11 considère comme authentiques la scène de la convocation des chrétiens de la Possessio Cephalitana^ la dénonciation des deux jeunes filles, le début de l'interrogaloire, et le charmant épisode de Secunda (Ilist. littéraire de l'Afrique chréienne, t. lU, p. 148-151), et attribuerait la rédaction au commencement du v« siècle.

(1) Il y avait dans la province proconsulaire deux villes de ce nom, Thuburbo la Grande {Majus) et Thuburbo la Petite (Minui), correspondant la première à H' Kasbat, la seconde à Tebourba. Toutain, Les Cités romaines de la Tunisie, 1896. p. 392-393, 405.

(2) Sur l'administration de ces grands domaines, voir Boissier, L'Afrique romaine, 1895, p. 162 et suiv.

(3) Le texte dit : « Maximianus et Gallienus. » Le second nom provient évidemment d'une erreur de copiste. La môme erreur se trouve dans le Martyrologe d'Adon.

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chrétiens et de les mettre en demeure de sacrifier; ceux qui auront refusé et désobéi seront punis par divers supplices. » Toute la population du domaine (1), même les prêtres, les diacres et les clercs qui y résidaient (2), cédèrent aux menaces, et sacrifièrent.

Deux jeunes filles, de vie pieuse et retirée, n'avaient pas paru. Une paysanne (3) éleva la voix, et les dénonça. L'une, Maxima, avait quatorze ans; on ne nous dit pas Tâge de l'autre, Donatilla. Toutes deux répondirent avec fermeté, et même avec une sainte arrogance, aux questions et aux menaces du juge. Comme on les conduisait à la ville, une autre jeune fille, Secunda, qui à douze ans (on sait quelle était la précocité des mariages romains) avait déjà rerusé plusieurs partis, attirés par la richesse de ses parents, les vit du haut de sa maison. Elle descendit en courant, et leur cria : « Ne m'abandonnez pas, mes sœurs ! » Les deux autres essayèrent de la renvoyer : « Tu es la fille unique de ton père : pense à son âge. A qui le confieras-tu? Pense aussi à la fragilité de ta chair. Songe à la sentence qui nous attend. »

(1) Exemples d'apostasies en masse : Hist. des persécutions pen» dant la première moitié du troisième siècle, 3* éd., p. 341 ; el plus haut, p. 170.

(2) Sar le clergé et même les évêques des fundi, des saltus, trait particulier à l'Église d'Afrique, voir Ferrère, La Situation religieuse de V Afrique romaine, 1897, p. 16; et mon article sur le Clergé chrétien au milieu du quatrième siècle, dans Revue des Questions historiques, juillet 1895, p. 23; cf. Julien l'Apostat, t. I, 3* éd., p. 78 ; Dix Leçons sur le martyre, 3* éd.. p. 59.

(3) « Caropitana. » Voir Anal. BolU, t. IX, 1890, p. 111, note 8.

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Hais elle, intrépide, mettait sa confiance dans « FÉpouK qui console et réconforte les plus petits. » Les captives se laissèrent fléchir : « Eh bien ! allons, enfant! » s'écria Donatilla; « voici que le jour de la passion approche, et que Tange qui bénit vient audevant de nous. »

Le soleil était couché, quand la petite troupe se mit en marche. Le lendemain, à Thuburbo, le proconsul les fit comparaître, et leur demanda encore une fois de sacrifier. Sur leur refus, il remit au jour suivant le nouvel interrogatoire. Celui-ci eut lieu, comme il arrivait quelquefois (1), dès le point du jour. A toutes les menaces, Maxima et Donatilla répondirent avec hauteur. On ne cite point de réponse de Secunda. Enfin Anulinus, « lassé, » selon son expression, de ses inutiles eflforts, se décida à prononcer la sentence : (( Nous ordonnons que Maxima, Donatilla et Secunda soient mises à la torture. Nous commandons de les faire combattre avec les bètes dans l'amphithéâtre. y> Un ours, lancé contre elles, se coucha à leurs pieds. Anulinus commua alors la peine en celle de la décapitation. Les vierges dirent, selon Tusage africain : « Grâces à Dieu (2) ! » et furent exécutées.

Ainsi périrent « les trois saintes, Maxima, Donatilla et Secunda la bonne enfant, » comme parle une ins* cription d'Afrique (3). Elles ne furent pas seules k

(1) Cf. Edmond Le Blant, Les Actes des martyrs, p. b\),

(2) Voir plus haut, p. 104.

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