‹ La personnalité de William JamesChapitre 36 sur 56 · DU · texte numérisé non relu

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comprendrez immédiatement loutes les choses si différentes qu’elle lui fait exprimer par la parole cu par des écrits. Par contre, restez au dehors, employez votre méthode d’aulopsie, essayez de reconstruire sa philosophie à l’aide de phrases séparées, en prenant d’abord l’une, puis l’autre, pour chercher ensuite à les faire concorder : vous ‘serez certain d’échouer. Vous vous traînez à la manière d’une fourmi myope qui se traîne le long d’un bâtiment, trébuche et se laisse tomber dans les fentes les plus minuscules, dans les fissures les plus microscopiques, n’aperçoil partout que des vides, et ne soupçonne jamais que tout cela ait un centre. » Critique du travail d’une étudiante en philosophie : « Comme thèse de doctorat, votre travail est parfait, mais pourquoi ne pas aller plus loin? Vous prenez certäines de mes idées émises à des dates différentes, destinées à des auditoires différents, qui parlent un langage différent, et vous les liez toutes ensemble comme s'il s'agissait d'éléments détachés d’un tout philosophique, dont il ne vous reste plus alors qu'à montrer l'incohérence foncière. Voilà de belle philosophie; mais est-ce bien là saisir sur le vif une philosophie (Weltanschauung) quelle qu’elle soit? » (6). S'il y a quelqu'un qui déteste la dialectique hégélienne et lui ait décoché des traits cruels, c’est bien James. Maïs c’est seulement à la dialectique qu’il en veut. Il a la plus grande admiration pour la vision de Hegel. « Je ne prends pas du tout au sérieux l’appareil technique de Hegel, dit-il, je regarde plutôt Hegel comme un de ces nombreux voyants, d’ailleurs pleins d'originalité, qui ne peuvent jamais apprendre à s'exprimer. Sa prétendue logique impérieuse, irrésistible, ne compte pour rien à mes yeux. Ce fait ne porte, du reste, aucune atteinte à l'importance philosophique de sa conception de l'absolu, pourvu qu'on la prenne simplement pour une hypothèse, pour l’un des grands types de la vision cosmique. » (1). Mais que dire des disciples d’une telle dialectique qui n’ont pas pour excuse la richesse d’une vision profonde! Quand il en vient à Fechner, dont l’histoire personnelle n’est pas sans analogie avec la sienne (8),

{6) Letters, IT, Appendix, I. :

(7) Pluralistie Universe, 107.

(8) Jbid., 147 : « Le travail excessif, la pauvreté et une maladie des yeux... produisirent chez Fechner, alors âgé d'environ 38 ans, une terrible attaque de prostration nerveuse... : il en souffrit pendant trois ans et il dut se retirer entièrement le la vie active... Cette maladie, en mettant Fechner aux prises avec le désespoir intérieur, produisit une grande crise dans sa vie. « Si je ne » m'étais pas alors attaché à cette croyance, dit-il, que mon attachement même » à ma croyance porterait, d’une manière ou d’une autre, sa récompense, je » n’aurais pas supporté cette épreuve. » Ses croyances religieuses et ses croyances

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