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étranger, avait, dès son arrivée à Boston, en 1846, gagné l'affection de tous ceux qui l’approchaient. Entièrement dévoué à la science, il ne vivail que pour réaliser sa grande pensée : fonder à Cambridge un musée d'histoire naturelle, el n'épargnait aucune peine pour arriver à ses fins. Travaillant lui-même d’arrache-pied, : il entendait que chacun l’aidât selon ses moyens et son habile bonne humeur savait vaincre les résistances. Respecté de tous, aimé de ses étudiants, l’idole de ses amis, Lowell, Holmes, Whittier ont chanté sa simplicité, sa gaieté,
Et son rire d'enfant qui résonnait joyeux (112).
Sa vocation était d'enseigner. Jamais il ne voulut d'autre titre que celui de « teacher », el c’est dans son enseignement que sa personnalité passait au premier plan. Là, il était véritablement un maître. Comme Wyman, il voyait dans sa science une philosophie et une poésie et comparait volontiers l’étude de la nature à la lecture d'Homère (113), Né métaphysicien, il était à son aise dans les régions élevées de la pensée (114). « Ce n’est pas assez, disait-il, pour l'esprit philosophique de connaître les phénomènes naturels. Il peut suffire de connaître quelques faits isolés pour en tirer un grand parti dans les sciences, mais le philosophe ne saurait se contenter d’une connaissance aussi superficielle de Ia nature. Ce qu'il désire, c’est la comprendre. » (115), Adversaire déclaré de l’évolution, Agassiz, dont l'esprit curieux s'était quelque peu intéressé au spiritisme (116), en était venu vers la fin de sa vie, à épouser la doctrine de Brown- Séquard sur les deux ordres de fonctions mentales et, dans une série de conférences, il essayait de dégager « les méthodes de la création » (117),
Son enseignement se ressenlait naturellement de ces tendances spiritualistes, mais ces conclusions philosophiques dont Agassiz faisait le but de sa science, il les subordonnait rigoureusement à une observation stricte des faits. Il avait l'habitude de dire que nul ne peut pousser la généralisation plus loin que ne l'y autorise sa pro-
(112) 0. W. Hozues, At the Saturday Club, 86. V. Lowezr, Agassiz; WxuTrIER, The Prayer of Agassiz.
(113) Agassiz, An Introduction to the Study of Natural History.
(114) V. Atlantic Monthly, févr. 1874; Recollections of Agassiz (TH. Lyman).
(115) Acassiz, loc. cit.
(116) V. Purnam, Agassizs and Spiritualism, 8; également Townsnenn, Facts of Mesmerism.
(117) V. Acassiz, Huitième conférence sur les Méthodes de la création (1% mai 1875)