Matth. xv, 19; Marc vu
divise les disciples pour savoir quel est le plus grand parmi eux, c’est dans leur cœur que naît cette pensée d’orgueil'. Quand le Ressuscité apparaît aux onze dans la chambre haute, ceux-ci croient voir un fantôme, et c’est dans leur cœur que surgissent ces pensées troublantes1 2 3, etc. Le cœur enfante donc l’idée; la pensée et le sentiment ne sont pas séparables, n’existent pas absolument l’un sans l’autre; l’intelligence et le cœur sont ensemble là ou l’un d’eux est mentionné.
Restent le cœur et l’âme, 'fous deux, ils subissent le choc des impressions pénibles et connaissent la douceur des sentiments heureux3; tous deux sont mis en opposition, comme réalité et comme valeur, à ce qui est matériel4; tous deux sont représentatifs de toute la personne5. Et de même que le cœur est lié à l’intelligence et que l’intelligence et le cœur comportent la volonté, l’âme est, à son tour, conditionnée par la volonté, l’intelligence et le sentiment. Une âme dépouillée de ces attributs est un mythe; l’âme, dans la conception des évangiles, est la résultante de ces attributs.
En énonçant les quatre substantifs : cœur, âme, pensée, force, les Synoptiques n’ont pas procédé à une énumération de facultés indépendantes, existant chacune pour soi, semblables dans la personne une à des êtres divers. Ces facultés sont corrélatives et relatives6; si elles ne se confondent pas, elles empiètent largement l’une sur l’autre; si les termes qui les désignent ne sont pas synonymes, ils sont parfois pris l’un pour l’autre; à vrai dire, chacune de ces facultés n’est qu’un aspect de la