Matth. xiii
pureté, celle du corps ou celle du cœur, Jésus reproche à ses disciples de raisonner comme les pharisiens : « Vous aussi, vous êtes donc sans intelligence, ne comprenez-vous pas1? » Aussi longtemps que les Douze ne saisissent pas dans leur spiritualité les préceptes de leur Maître, ils demeurent des « êtres de peu de foi2 ». Et même quand leur confiance se sera épanouie dans la certitude, quand ils auront confessé, avec plus de puissance et plus d’autorité que n’en donnent la chair et le sang, la messianité du Christ, l’inintelligence sera pour eux une cause de recul, Pierre qui s’est élevé jusqu’à l’intuition divine de la personnalité de Jésus entendra Jésus lui dire : « Arrière de moi, Satan3. » Dans le service du Maître, l’intelligence est nécessaire à l’ouvrier qui doit mettre en œuvre les talents à lui confiés. A celui qui sait faire fructifier les biens reçus il est donné davantage; il ne sera plus rien donné à celui qui ne sait pas user des dons accordés4.
L’intelligence propose sans imposer; savoir ne donne à l’homme qu’une possibilité; savoir ce n’est pas posséder et ce n’est pas faire; pour faire et pour posséder, il faut que la personne donne son assentiment à ce que l’intelligence lui présente comme la vérité et comme la justice. La connaissance seule est vaine, elle est même nuisible quand elle ne s’accompagne pas de bonne volonté. C’est aux docteurs de la loi que s’adresse le solennel « malheur à vous », car ayant « la clef de la science » ils ne sont pas entrés dans le Royaume5. A quoi sert aux membres de l’Ancienne Alliance de sonder