Matth. xix, 16-22; Marc x
la force invincible révélée par le Maître, seule assez puissante pour étouffer toutes les inimitiés, pour vaincre tous les égoïsmes, pour embrasser tous les hommes, pour s’enrichir en se donnant, pour faire descendre sur la terre le ciel. C’est l’amour qui, au-dessus des faiblesses et malgré les reniements, rétablit Pierre dans sa charge d’apôtre1, qui voitdans les affamés, dans les malades, dans les étrangers, dans les dépouillés des représentants du Sauveur2, qui est la source de toutes les vertus individuelles ou sociales3 4 et le principe de la fidélité religieuse1, qui, accomplissant les prescriptions de la loi ancienne et les prières des prophètes5, inaugure la société nouvelle du Royaume6, qui, pareil à l’étincelle allumant un foyer de flamme et de chaleur, met dans le cœur de l’homme l’amour même de Dieu7, l’amour pour lequel les traducteurs de l’Ancien Testament et les rédacteurs du Nouveau ont dû créer dans la langue grecque que parlait le monde, le terme qui exprime dans la bouche de Jésus l’essence de Dieu lui-même, la plus haute révélation8.
Ainsi comme la dualité de la personne humaine n’est pas une division en parties égales, mais que l’élément spirituel l’emporte sur l’élément matériel, l’emporte tellement que seul il importe, de même dans la triple action de l’être spirituel, ses fonctions fondamentales n’ont ni la même place ni la même valeur. L’intelligence qui