‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 26 sur 121 · Matth. xii, 32; Marc ni, 29; Luc xii · texte numérisé non relu

Matth. xii, 32; Marc ni, 29; Luc xii

dissimuler leur mauvaise volonté, pour discréditer le moyen de salut choisi par Dieu, en portant atteinte à celui qui était l’incarnation du bien et la révélation du Père; par delà la personne de Jésus elle heurtait de front la personne de Dieu. Proférer un tel jugement, le proférer surtout en sachant sa fausseté, c’est haïr la lumière, la vérité, l’amour, c’est rendre volontairement impossibles en soi-même la possibilité du repentir, l’action du Saint-Esprit, par conséquent l’attitude et la réceptivité nécessaires au pardon1.

Le péché explique l’opposition des hommes contre le Libérateur : « Us ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises2. » Ils ont mieux aimé; c’est toujours à une décision plus ou moins volontaire, à une position plus ou moins librement choisie par la personne que les évangiles ramènent la cause du mal, en tout cas du mal moral. Quant au mal physique qui, lui aussi, trouble et diminue la personne humaine, la réserve des évangiles est trop complète pour satisfaire notre désir de savoir. Notons que ce désir est aussi ancien que le monde, que le problème du mal est la grande question qui s’est posée aux religions et aux morales, et qui est demeurée la grande énigme.

A plusieurs reprises Jésus a été appelé soit par ses interlocuteurs, soit par ses disciples, à se prononcer sur ce sujet. On lui a rapporté que, dans la cour du Temple, devant l’autel des holocaustes, des Galiléens ont été massacrés par Pilate, que, dans la vallée de Josaphat-, la tour de Siloé est tombée sur dix-huit personnes3. Disciples et interlocuteurs se représentant, à la façon

1. Cf. J. Morison, op. cit. — B. Weiss, op. cit. — E. Luthardt, Das Evangelium des MatthaiiSy Leipzig, 1899. — G. Wohlenberg, op. cit. — Plummer, op. cit. — F. Nosgen, op. cit. — H. -J. Holtzmann, op. cit.

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