‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 29 sur 121 · PI · texte numérisé non relu

PI

Si la personne est responsable du mal commis, c’est qu’elle connaît ce mal comme tel; si elle s’attache au bien, c’est parce qu’elle juge qu’il est un motif de vouloir et de faire. Jésus parle à ses disciples de « la lumière qui est en eux1 », et cette expression, sans être le terme spécifique, renferme du moins la notion réelle traduite par gtuv£'cy;c7’ç. Qu’est cette lumière? D’après le contexte, c’est le cœur lui-même qui la possède, le cœur qui donne à l’homme la vue de la vérité morale comme l’œil lui donne la vue de l’univers sensible. La capacité de reconnaître le devoir, l’impulsion spontanée vers lui, c’est-à-dire la conscience, la conscience est le fait de tout l’être spirituel .

Jésus ne cherche pas le pourquoi du sentiment d’obligation qu’il suppose en présence du bien2. Il le constate comme un élément constitutif de la personne morale, il admet sa présence chez les êtres comme un fait de nature. Ce sentiment n’est pas quelque chose d’immuable; il varie d’un être à l’autre comme varient la pénétration de la pensée, la force de la volonté, la profondeur de l’amour; dans chaque homme il est plus ou moins net selon l’état général. La conscience, pour parler avec Paul, le cœur pour parler avec les Synoptiques, l’obligation pour parler avec la philosophie morale, est une lampe qui a besoin d’être allumée et qui peut s’éteindre3. « Si ton œil est sain, ajoute Jésus, tout ton corps sera dans la lumière; mais s’il est mauvais, ton corps sera dans les ténèbres. » L'aptitude à connaître le bien et

Begriffs. Erste Halfte, p. 217-224, 308-312. Halle, 1878 — Paul Ewald, De vocis L j- V£'.CT(7£(0C rfpiid scriptores Novi Testamenti vi ac potestate, p. 6-9, 90. Leipzig, 1883.

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