Jean vu
où il parlait et pour les auditeurs auxquels il s’adressait, que la connaissance théorique peut être sans utilité, que Dieu regarde uniquement au cœur. La première béatitude : « Heureux les pauvres en esprit1 », ceux qui n’ont ni l’orgueil du savoir, ni la prétention de connaître les voies de Dieu2, est le renversement de l’idéal rabbinique. Et, s’il loue le Père « d’avoir caché ces choses aux sages et aux intelligents et de les avoir révélées aux petits3 », c’est parce que la miséricorde de Dieu est plus large et plus humaine que l’espoir le plus grand, parce qu’elle dépasse les conceptions étroites des scribes et des pharisiens, des docteurs et des érudits, pour apporter « aux petits », à ceux qui ignorent la science juive et l’enseignement des écoles, mais, sans préjugé, avec la simplicité d’une âme droite, comme des enfants, acceptent la volonté d’En-Haut, pour apporter aux petits la révélation du salut. Toutefois, lorsqu’un chef ou un docteur sait se faire humble pour recevoir les instructions du Révélateur, il est le bienvenu dans le cortège du roi messianique. Il y a dans ce cortège des scribes instruits de ce qui concerne le règne de Dieu4, des docteurs qui comprennent la spiritualité de la loi3,