‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 41 sur 121 · Mattli. xiii, 22; Marc iv, 19; Luc vin · texte numérisé non relu

Mattli. xiii, 22; Marc iv, 19; Luc vin

l’instabilité des trésors de la terre à l’immutabilité des trésors dans le ciel que la seule raison conseillerait à l’homme de choisir ceux-ci, et, puisque nul ne peut mettre son cœur à la fois dans le ciel et sur la terre, de s’attacher uniquement à ce qui ne passe pas, à ce qui ne périt pas1. Le troisième évangile donne, dans sa forme la plus claire et la plus adoucie, le pourquoi de tous les avertissements concernant la richesse : « Gardez-vous avec soin de toute avarice, car, un homme fùt-il dans l’abondance, sa vie ne dépend pas de ce qu’il possède2. »

Ces conseils sont-ils faciles à mettre en pratique? L’expérience personnelle du croyant et l’expérience col-

lective des Eglises confirment la constatation de Jésus. Il faut y insister encore : c’est une constatation que fait

Jésus; ce n’est ni une prophétie qu’il énonce, ni une

règle qu’il pose lorsqu’il dit : « Il est malaisé pour un riche3 », ou, d’après la leçon de Marc qui est le vrai commentaire de cette sentence : « Il est malaisé pour ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu4. » Mais la richesse n’est pas plus un empêchement que la pauvreté n’est une condition pour être l’enfant du Père céleste.

Jésus semble l’imposer cependant, la pauvreté, et faire découler du renoncement à ses richesses la possibilité d’être sauvé. Un jeune homme, disent Matthieu et Marc, un chef, dit Luc, se présente à Jésus et l’interroge : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle5? » Et quand Jésus a appris que, dès sa jeunesse, son interlocuteur avait observé les commandements, quand, le voyant

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