‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 43 sur 121 · Matth. iv, 22; Marc 1, 20; Luc v · texte numérisé non relu

Matth. iv, 22; Marc 1, 20; Luc v

Lévi 1 son bureau de péage, il fallait que le jeune homme riche abandonnât l’existence ancienne pour vivre l’existence d’un disciple de Jésus. Devenir le collaborateur du Maître, dans le temps et les circonstances où il poursuivait son œuvre, n’impliquait pas seulement le renoncement à la richesse; quiconque, ajoute ailleurs Jésus, ne renonce pas à tout ce qu’il possède : famille, amis, bonheur, ne peut être mon disciple2. A chacun de voir s’il est décidé, s’il est prêt pour cette tâche spéciale.

Ce qui manquait encore au jeune, homme riche ce n’était pas de vendre ses biens, c’était de suivre Jésus. Pour accomplir cette chose essentielle : suivre Jésus, il . y avait une condition â remplir : vendre ses biens, celleci indispensable à la réalisation de celle-là. Observons qu’en édictant son ordre Jésus s’adresse à un individu particulier, occupant une situation particulière, désirant un résultat particulier; l’ordre n’est donc pas une règle universelle3. De plus, si Jésus juge nécessaire que le jeune homme riche distribue aux pauvres ses biens, c’est qu’il y avait certainement, à côté de la raison générale tirée de la nature de l’activité de Jésus, une raison secondaire tirée de l’amour du jeune homme pour sa richesse; la suite le fait bien voir.

Ce n’est pas malgré sa richesse que le jeune homme fut aimé, ce n’est pas à cause de leur pauvreté que les disciples furent choisis. D’ailleurs, la pauvreté de ceux qui devinrent les apôtres est un thème à effets oratoires plus qu’une réalité historique. Jacques et Jean étaient avec leur père à la tête d’une entreprise de pêche dans laquelle ils employaient des salariés4, Pierre et André

Page 1