Matth. v
lui si l’on ne porte pas en son âme la charité et la compassion1 2. Pourquoi d’ailleurs chercher en un lieu déterminé le Père Céleste? Jésus proclame que l’heure vient, et elle est déjà venue, où l’on n’adorera plus le Père ni sur la montagne du Garizim ni sur la colline de Sion\
Et s’il abolit les prérogatives religieuses de l’Ancienne Alliance, ce n’est pas pour les remplacer par celles de l’Alliance Nouvelle. Il n’y a plus de prérogatives, même pour ceux qui ont été touchés par sa voix, qui l’ont accepté comme leur guide, qui font avec les croyants des. œuvres de croyants : « Ce ne sont pas tous ceux qui disent : « Seigneur, Seigneur », qui entreront dans le Royaume des deux3. » Bien plus, il est possible d’avoir été nominalement désigné par Jésus, d’être un apôtre, de vivre dans l’intimité quotidienne du Maître, d’avoir sa place au foyer même d’où rayonne la vie religieuse... et que toutes ces grâces soient vaines, car Judas trahit le Seigneur.
Au milieu des circonstances infiniment diverses qui l’enserrent, quelles que soient les conditions religieuses, matérielles, intellectuelles, sociales, ethniques de son existence, la personne humaine ne vaut que par ellemême; nulle chose extérieure n’augmente le prix de son âme et nulle ne le diminue; et de cette âme elle est la maîtresse souveraine.
L’autonomie de la personne est affirmée ou supposée par Jésus chaque fois qu’il s’adresse à elle ou qu’il s’entretient d’elle. La parole qui inaugure son ministère public : « repentez-vous4 », est un appel à l’action per-