‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 47 sur 121 · Jean v · texte numérisé non relu

Jean v

fin de non-recevoir : « Vous avez vu et vous ne croyez point1. » Un miracle confirme la foi, un miracle fortifie l’espérance, ufi miracle est un signe de Dieu pour le croyant, mais il n’éclaire ni ne convainc les cœurs partagés. Dieu ne force pas par des moyens matériels la volonté de ses créatures, il ne gagne pas leur âme en captivant leurs sens : « Bien qu’il eût fait tant de miracles devant eux, les Juifs ne croyaient pas en Jésus2 ». La volonté mauvaise est l’unique raison de la culpabilité humaine; aussi longtemps que l’éloignement de Dieu est dû à l’ignorance, à l’inconsciente erreur, à l’influence dominante exercée par le milieu, l’hérédité ou même • à l’obscurcissement d’une raison trop prévenue ou d’une passion trop vive, il y a pardon par devers Dieu. « Si vous étiez aveugles, répond Jésus aux pharisiens, vous n’auriez point péché; mais puisque vous dites : nous voyons, votre péché subsiste3. »

La décision que Jésus exige n’est pas affaire d’impulsion spontanée, d’enthousiasme irréfléchi : c’est l’acte de l’homme qui, ayant sondé sa conscience, se prononce en sachant à quoi il s’engage et après s’être éprouvé, semblable au constructeur qui veut bâtir une tour et calcule auparavant la dépense, au roi qui, avant d’engager une guerre, passe ses forces en revue4.

Et l’adhésion du croyant ne se résout pas dans une idée juste de la personne du Maître, dans un attrait réel pour sa parole; la foi vraie ne ressortit pas à l’intelligence ou au cœur seulement, mais aussi à la volonté; elle est « une œuvre » dans laquelle s’unissent toutes les facultés de la personne, l’œuvre que Dieu désire, dit Jésus5, et dans laquelle l’homme se donne à Dieu.

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