‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 5 sur 121 · Osée vi · texte numérisé non relu

Osée vi

siens au festin des noces de Cana1 et accepte de s’asseoir au banquet de Lévi2. Quand il signale le danger de la richesse3, il n’entend pas que ce danger résulte du fait de posséder, mais du fait de fonder sa force et sa sécurité sur les biens de la terre, et s’il n’a pas, à cause de son ministère errant, de ses missions sans itinéraire précis, s’il n’a pas un lieu où reposer sa tète4, il accepte comme une offrande naturelle les secours matériels des êtres auxquels il a procuré la guérison morale5. S’il invite ceux qui le suivent à se dépréoccuper des anxiétés touchant la nourriture et le vêtement6, c’est parce que le Père céleste connaît les moindres besoins de ses enfants, c’est parce que lui-même, le Maître qui les appelle, veillera sur ses collaborateurs. Les disciples du prophète galiléen ne jeûnentpas ! La constatation choque les fidèles de Jean-Baptiste, d’après Matthieu7; les fidèles de Jean-Baptiste et les pharisiens, d’après Marc8 9; les pharisiens et les scribes, d’après Luc0; autant vaut dire tous les partis religieux. Et Jésus, sans blâmer d’ailleurs ceux qui pratiquent ce rite austère, permet de penser qu’il en dispense les membres de la Nouvelle Alliance. Le jeûne qui, plus tard, marquera les jours de tristesse, traduira la douleur de l’âme ou son humiliation, et n’aura rien de commun avec la discipline im-

1. Jean n, i et s. — Après avoir séparé dans le plan primitif les textes des Synoptiques et les textes du quatrième évangile, il a paru nécessaire, les deux séries se répétant à peu près l'une l’autre, d’unir Jean à Matthieu, Marc et Luc dans la même exposition. Si pour telle autre notion, la personne du Christ par exemple, la distinction est utile, logique, imposée, pour la notion de la personne humaine la distinction n’eût apporté que lourds recommencements.

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