‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 55 sur 121 · Jean vin · texte numérisé non relu

Jean vin

sonne humaine, des actions qu’elle produit, de la liberté apparente qui l’illUsionne et de l’apparent inconnu que cette liberté introduit dans le monde, il y aurait donc une force invisible, secrète, irrésistible, qui se déploierait au sein des choses comme au cœur des hommes. Au point de vue moral, on ne voit pas ce qui pourrait subsister de la responsabilité de l’homme et de la justice de Dieu si cette conception correspondait à la réalité; au point de vue exégétique, on se rend vite compte que la prophétie est citée non parce qu’elle détermine l’événement, mais parce que l’événement l’accomplit.

Le quatrième évangile montre, avec une pleine clarté, la subordination de la prophétie au fait historique et la genèse de leur rapport. Lors de l’entrée triomphale, « Jésus, ayant trouvé un ânon, s’assit dessus, selon ce qui est écrit : « Ne crains pas, fille de Sion; voici ton « roi qui vient à toi, monté sur le petit d’une ânesse. » Ses disciples ne comprirent pas cela d’abord; mais, quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses avaient été écrites à son sujet et qu’on les lui avait faites1. » Si l’entrée triomphale n’avait pas eu lieu, « ce qui est écrit » ne serait pas devenu une prophétie. Ce n’est donc pas parce que Esaïe a écrit : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi2 », qu’Israel, enlisé dans le légalisme, rejette Jésus : c’est parce qu’il a rejeté Jésus qu’il donne à la parole d’Esaïe sa vérité et sa grandeur. Ce n’est pas parce que l’illustre anonyme de l’exil a dit du serviteur de Jéhovah : « Il a porté nos souffrances, il s’est chargé de nos douleurs3 » que Jésus monte au Calvaire : c’est parce que Jésus est monté au Calvaire que cette substitution du saint et du juste au pécheur s’est trouvée magnifiquement réalisée.

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