‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 60 sur 121 · Matth. xxvi · texte numérisé non relu

Matth. xxvi

cepte ou la repousse. Même quand il suffit de recevoir simplement l’assistance du Maître, le concours de l’homme est indispensable. « Que veux-tu que je te fasse? » demande Jésus à l’aveugle de Jéricho1, et il réveille de son apathie le paralytique de Béthesda, depuis si longtemps malade qu’il n’espère et ne sollicite rien : « Veux-tu être guéri2? » Il entend que la participation à ses bienfaits, l’invocation de sa puissance soient des actes conscients, aient leur source dans la foi. Il interpelle deux aveugles qui le suivent : « Croyez-vous que je puisse faire ce que vous désirez3? » Et c’est la foi, c’est-à-dire l’élément humain de cette collaboration entre la puissance de Dieu et la volonté de la personne, c’est la foi qui est la mesure de la bénédiction. « Qu’il vous soit fait selon votre foi! » répond Jésus aux aveugles de Capernaüm, et leurs yeux s’ouvrent4. Plus explicite, il dit à celui de Jéricho : « Ta foi t’a guéri5 » et à la femme atteinte d’une perte de sang6, au lépreux samaritain7 : « Ta foi t’a sauvé. » Ces mots, qui consacrent le pouvoir de l’homme, il les applique même à la maladie morale : « Ta foi t’a sauvée », répète-t-il à la pécheresse qui avait pleuré à ses pieds, et il lui pardonne ses fautes8.

La foi, et non, comme pouvait le penser l’aveugle, le contact de la main de Jésus, ou, comme pouvait le penser la femme infirme, le contact du vêtement du Maître; le miracle n’est pas un acte magique, il est un acte moral. La foi, et non pas le seul pouvoir de Jésus;

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