Matth. xxiii, 37; Luc xiii
La répercussion de l’autonomie de la personne est assez profonde pour dépasser ce qui concerne sa vie propre, son temps et son milieu, pour retentir plus loin que les choses terrestres, que le ministère historique de Jésus; elle atteint au plus haut des deux Dieu lui-même. Dieu n’agit ni par contrainte ni au hasard. Il n’a pas promulgué de décret de prédestination et il n’a pas abdiqué le gouvernement du monde. Dans l’univers il a établi les lois harmoniques, il a préparé le plan du salut dans l’histoire. Mais si les lois du monde peuvent être immuables, il n’en saurait être ainsi du plan du salut; il ne dépend pas du seul amour de Dieu de le suivre, tandis qu’il dépend de sa sagesse seule de poser des lois physiques parfaites. Le facteur qui s’unit à l’amour de Dieu pour la réalisation du plan rédempteur est la volonté libre de la personne humaine.
Dès lors, l’activité divine, tenant compte de cette liberté, s’interdisant de la forcer, ne se déroulera pas selon la ligne droite du progrès continu, mais selon la ligne brisée des victoires et des défaites, des succès et des reculs de la révélation et de la rédemption au milieu d’une humanité capable de choisir entre la vie et la mort. Si les vignerons auxquels le père de famille avait loué sa vigne1, n’avaient pas successivement tué les serviteurs venus vers eux, le père n’eut pas décidé d’envoyer son fils, espérant que peut-être ils le respecteraient2. Sous les reproches et les adjurations des prophètes, Israël pouvait se repentir, devenir véritablement le peuple de Dieu, et si le Fils unique s’était levé quand même pour lui révéler pleinement le Dieu que Moïse n’avait pas contemplé, son ministère aurait eu une autre signification et une autre destinée. « Élie est déjà venu, constate Jésus, et ils ne l’ont point reconnu, mais ifs