Luc xx
lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu; c’est ainsi qu’à son tour le Fils de l’homme doit souffrir par eux'. » Parce
qu’ils ont fait à Elie tout ce qu’ils ont voulu, Elie n’a pas pu faire tout ce qu’il devait; parce que la révélation préparatoire n’a pas été acceptée, la révélation parfaite ne trouvera que peu de coeurs intelligents, et le Fils de l’homme qui voulait conduire vers le royaume sera luimême conduit à Golgotha; « il est venu chez les siens, les siens ne l’ont point reçu1 2 ».
Jean-Baptiste, animé de l’esprit des ancien prophètes, austère et véhément, avait appelé à la repentance. Puis au règne de la loi, ouvert par Moïse, succédait le règne de la grâce, inauguré par Jésus3; Jésus avait fait résonner une parole nouvelle; « doux et humble de cœur », il avait appelé à l’amour. La diversité des messages se heurtait à la même mauvaise volonté. Tels des enfants qui refusent de danser quand la flûte joue, de pleurer quand on chante des complaintes, les contemporains de Jean et de Jésus se sont détournés du premier parce qu’il vivait comme un ascète, du second parce qu’il vivait comme tous les hommes4. Et l’hostilité meurtrière que les hommes ont montrée contre les représentants de Jéhovah, ils la montreront contre les représentants du Messie : « Voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes; vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville5. »
Comment il a pu se faire que la race des rois et des prophètes méconnaisse son Libérateur, la remarque de Jésus l’indique en soulignant la portée sociale des actions individuelles. « Les docteurs de la loi et les