‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 69 sur 121 · XXXVI-XXXVII · texte numérisé non relu

XXXVI-XXXVII

13. Les apocryphes font une plus large place que les écrits canoniques aux aspirations, aux devoirs, au rôle de l’individu.

quels, hors desquels elles n’ont pas d’existence effective. Assurément, ces termes de peuple, de race, désignent des individus rapprochés les uns des autres par des liens résistants d’hérédité et de solidarité, soumis à des conditions semblables d’existence et d’activité, unis par la communauté des habitudes, de la langue, des mœurs, et qui sont par cela même distincts et différents des individus d’une autre race et d’un autre peuple. Mais ces liens, ces conditions, cette communauté, quelles que soient leur importance, leur multiplicité, leur influence, ne sont que des rapports, c’est-à-dire n’existent que par et dans les individus qu’ils régissent, et en dehors d’eux ne sont rien.

Jésus connaissait l’orgueil des Juifs, revendiquant Abraham pour leur ancêtre, la foi et la justice d’Abraham comme leur héritage, comme un droit les promesses faites à Abraham. Mais croire qu’au peuple des patriarches, à la race des prophètes, sont conférées, en tant que race, en tant que peuple, des bénédictions indépendantes des personnes, constituait une erreur dont Jean- Baptiste avait déjà rudement averti les pharisiens et les sadducéens : « N’allez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père, car je vous dis que de ces pierres mêmes Dieu peut faire naître des enfants à Abraham h » Et à ses auditeurs, un instant sympathiques, Jésus explique ce qu’est la vraie descendance d’Abraham : non quelque chose de matériel, la descendance physique, mais quelque chose de moral, l’imitation des œuvres qu’Abraham a faites5. Le plus authentique pharisien peut donc être un enfant illégitime1 2 3, et un péager comme Zachée4, une femme infirme depuis dix-huit ans5 être un vrai fils et une vraie fille d’Abraham.

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