‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 70 sur 121 · Luc xm · texte numérisé non relu

Luc xm

Entre Dieu et l’homme il n’y a plus de relations officielles en quelque sorte. Si l’on peut voir dans ce fait la conséquence de l’infidélité israélite, on peut et on doit y considérer aussi le terme d’une évolution religieuse au cours de laquelle ont été préparées des relations nouvelles, les relations définitives qui doivent unir la personne divine et la personne humaine. Le nom réservé à la théocratie fidèle pour appeler son Dieu : Notre Père1, devient, dans la société fondée par Jésus, le nom que chaque individu a le droit d’employer, le nom qui caractérise l’action et l’être de Dieu vis-à-vis de tous les individus.

Jésus s’attache à décider des âmes2; ses appels à le suivre sont strictement individuels; le groupe qui l’accompagne est composé d’hommes, Pierre, André, Jacques, Jean, Matthieu, qui, dans des heures et des milieux différents, ont entendu une parole identique dans sa précision concrète : Toi, suis-moi ! Et cette même parole fut adressée, aussi précise, aussi concrète, à d’autres qui n’ont pas répondu, pareils au disciple hésitant3 ou au jeune homme riche4. Toutefois cet ordre, pareil pour tous, est la conclusion de l’entretien, de la rencontre entre Jésus et l’individu, et si la conclusion est toujours la même, l’entretien qui la prépare n’est jamais semblable.

Avec une maîtrise pédagogique incomparable, Jésus varie indéfiniment sa manière de prendre contact, ses moyens d’action et de persuasion, selon l’état particulier de ses interlocuteurs. A Capernaüm, deux aveugles le poursuivent, criant : « Fils de David,, aie pitié de

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