‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 71 sur 121 · Matth. xix, 21; Marc x, 21; Luc xvm · texte numérisé non relu

Matth. xix, 21; Marc x, 21; Luc xvm

nous »; il ne s’arrête point pour les encourager ou les éloigner; il entre dans sa demeure, les infirmes l’y rejoignent, et il semble que là seulement il leur prête enfin attention1. A Jérusalem, au contraire, il passe près d’un malade qui ne le prie pas, qui peut-être ne s’aperçoit pas de sa présence, et c’est lui qui prend l’initiative, lui reprochant indirectement son inertie, l’excitant à réveiller son énergie et son courage2. Devant un chef d’Israël qui se déclare touché par ses miracles, Jésus posera dès l’abord la nécessité d’une régénération plus profonde que celle dont le docteur avait entendu parler dans les synagogues, et Nicodème apprendra, non sans quelque stupéfaction, que les savants et les chefs et les humbles doivent naître de nouveau3. A une Samaritaine, insoucieuse de la loi morale, dont il captivera l’attention par une merveilleuse image, il donnera le désir de connaître, il fera par degrés avouer son péché, pour lui apprendre ensuite ce qu’est le vrai Dieu et ce qu’est le vrai culte4. Il emportera toutes les hésitations du scrupuleux Nathanaël en lui rappelant un souvenir que Nathanaël seul comprend5. Au lieu de dire à un paralytique les mots de délivrance attendus, il fait allusion à son état moral, à sa conscience opprimée comme son corps; avant d’opérer la guérison physique, il pardonne les péchés, cause probable de l’infirmité6. A un scribe qui l’appelle « Maître » et qui, n’appartenant qu’à la foule des adhérents, veut, plein d’enthousiasme, devenir son disciple et le suivre partout, il répond avec quelque brusquerie pour l’obliger à réfléchir : « Les renards ont des tanières, les oiseaux des nids; le Fils de l’homme n’a

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