Matth. ix, 2; Marc n, ; Luc v
pas un lieu où reposer sa tête1 » Et c’est avec une apparente dureté qu’il commande à un hésitant, désireux, avant de se joindre définitivement à lui, de rendre à son père les devoirs dont la loi faisait une obligation sacrée2 : « Laisse les morts, ceux qui, ne me suivant pas, renoncent à la vie , laisse les morts ensevelir leurs morts3. » C’est avec une rigueur troublante qu’il interdit à un indécis de prendre congé de ceux de sa maison : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas propre au royaume de Dieu4. » Il résume la loi, sur la demande d’un scribe, et loue ce dernier : « Tu n’es pas loin du royaume5 6 », mais il refuse d’élucider le problème formulé par les anciens au sujet de son autorité0.
Les foules l’entourent souvent, le suivent sur les rives du lac et au travers des collines; lui ne les recherche jamais. Lorsqu’il leur parle, son enseignement général ne cesse pas d’être destiné aux consciences, aux volontés personnelles. Ses discours aux Juifs ou à la multitude affectionnent la forme individuelle : Quiconque croit, si quelqu'un vient après moi, celui qui fait, celui qui veut, etc. Le sermon sur la montagne passe sans cesse de l’exposition narrative à l’exhortation directe : Si tu apportes ton offrande, si ton œil droit te fait pécher, si quelqu’un te frappe, donne à qui te demande, quand tu fais l’aumône, toi quand tu pries, toi quand tu jeûnes, où est ton trésor là est ton cœur, etc. Les paraboles du
1. Matth. vm, 19-20; Luc ix, 57. Cette réponse ne contient ni un aveu de pauvreté — c’est une allusion au caractère itinérant, et par suite forcément incertain du ministère de Jésus, ni un regret ou une plainte — c’est un avertissement adressé à l'enthousiaste. Cf. F. Nüsgen, H. -J. Holtzmann, A. Plummer, A. Loisy (t. 1), op. cit.