Luc ix
vont les âmes fatiguées et chargées, soupirant après le repos1. La vraie science, celle qui donne la sécurité et la certitude, celle qui est trop haute pour monter du cœur de l’homme et qui vient de l’esprit de Dieu, c’est de connaître le Fils de l’homme, de savoir vraiment ce qu’il est2. Il faut qu’en sa présence l’être humain prenne parti, il n’y a pas de moyen terme entre le servir et le combattre, quiconque n’est pas pour lui est contre lui3.
C’est dans la communion avec lui que s’approfondit et s’épure la foi, que la croyance devient la lumière de la vie. Et l’on peut distinguer sinon deux croyances, du moins deux degrés dans la même croyance. La croyance primitive conduit à se confier en Jésus; elle est un besoin général, imprécis parfois, de pardon ou de consolation, de force ou de vérité; elle implique moins la connaissance que la simple bonne volonté, et ce sont les pauvres en esprits, les miséricordieux, ceux qui ont faim et soif de justice, ceux qui pleurent, ceux dont le cœur est pur, ceux qui ressemblent à de petits enfants, qui, spontanément pourrait-on dire, sont attirés par la bonne nouvelle. La croyance réfléchie, consciente de ses motifs, confinant à la certitude, est postérieure à la rencontre avec le Révélateur; c’est dans l’expérience faite par le croyant de ce qu’est, de ce que donne, de ce que peut le Christ, que la croyance se transforme en savoir.
Le quatrième évangile met en un relief plus accentué cet aspect et ce stade de la foi. Les Samaritains croient en Jésus « à cause de la parole de la femme qui lui avait rendu témoignage »; Jésus demeure deux jours parmi eux... et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons ; nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est véritable-