‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 77 sur 121 · Matth. xxv · texte numérisé non relu

Matth. xxv

croit ait la vie éternelle1; l’œuvre suprême de l’amour du Christ c’est de rendre possible la possession de cette vie2; la vie est le bien actuel de celui qui se nourrit du Fils de l’homme3. Le Fils a le pouvoir de communiquer la vie4; quiconque écoute sa voix reçoit de lui ce don divin5.

Il n’est pas jusqu’au concept le moins individuel, jusqu’à l’œuvre la moins personnelle : le Royaume de Dieu, le Royaume des cieux, qui n’implique et ne nécessite, comme conditions sine qua non de sa réalisation, la volonté et le concours des individus. Jésus enseignant à ses disciples la prière : « Que ton royaume vienne6 », promettant ce royaume à ceux qui, près de lui sur la montagne, écoutent la charte du monde nouveau7, désigne par ce mot l’état de choses dans lequel Dieu, librement, universellement, exclusivement obéi, peut déployer toute sa justice et tout son amour. Cet état de choses se prépare sans l’homme; Dieu ne l’associe ni à l’élaboration du plan rédempteur, ni au choix des moyens employés; mais cet état de choses ne s’accomplit pas sans l’homme; Dieu a besoin de sa foi d’abord, pour que s’établisse en lui le Royaume, de son activité ensuite, pour que le Royaume s’étende autour de lui. Ou pourraient être posés, sur la terre, les premiers fondements de la nouvelle société sinon dans le cœur des croyants, et comment pourraient-ils l’être autrement qu’avec la libre acceptation de la personne? Il en résulte que le royaume sera tout d’abord un état individuel, donc pure-

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