‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 82 sur 121 · Matth. v · texte numérisé non relu

Matth. v

dans le judaïsme; dans le judaïsme, il est plus lointain que dans le royaume. En révélant que le royaume s’est approché, Jésus n’annonce pas seulement qu’un changement radical est nécessaire chez l’homme; il laisse entendre aussi qu’un changement profond s’est produit dans la manière d’être de Dieu : Dieu est devenu pour l’homme, pour chaque individu, quelque chose d’autre, quelque chose de nouveau, un Père1.

De cette valeur unique et infinie conférée à la personne, de ce que dans la personne autonome, seule réalité que l’homme comprenne2 et seule réalité que Dieu compte, cette valeur ne dépend pas des choses qui en apparence différencient les êtres, il résulte que toutes les personnes ont des droits égaux, que toutes, au même titre, sont inviolables.

Ce qui a été dit à propos des divers milieux de la vie humaine résout en partie déjà la question de l’égalité.

Que les pauvres soient traités comme les riches, de multiples paragraphes l’attestent, dont le recueil pourrait porter en épigraphe la première béatitude de Luc : « Heureux les pauvres! » Bon nombre d’exégètes ont prétendu qu’ils étaient beaucoup mieux traités. Que les humbles et les petits soient accueillis comme les grands, la chose est évidente; bon nombre de juges à courte vue ont prétendu qu’ils étaient seuls appelés ou seuls qualifiés pour répondre. Que les évangiles soient opposés

à toute aristocratie spirituelle ou matérielle, que ceux

qui détiennent une part de la puissance terrestre, puis-

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