‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 89 sur 121 · Matth. x, 32-33; Luc xn · texte numérisé non relu

Matth. x, 32-33; Luc xn

maître de son présent, qui détermine son avenir, est aussi, en réalité, son propre juge. Ses décisions, ses actes constituent le verdict secret prononcé sur sa destinée, et que tantôt Dieu, tantôt le Christ formulent au plein jour. Quelles que soient l’heure assignée au retour du Fils de l’homme et la manière dont on se représente cet événement, le Fils de l’homme « rend à chacun selon ses œuvres1 ». Avant l’instant solennel ou l’ensemble de l’existence est manifesté, chaque action particulière de l’homme éveille en retour dans le cœur de Dieu une résonnance harmonique. Ceux qui font l’aumône pour être honorés ont leur récompense; Dieu voit l’aumône secrète et il accorde sa faveur à celui dont la main gauche ignore ce qu’a fait sa main droite2.

Non seulement Dieu, pour juger la personne, dégage simplement la résultante des pensées et des sentiments de cette personne, mais il se peut que le jugement luimême n’intervienne pas; tel est le cas lorsque l’homme, ayant trouvé le Christ, se donne à lui par la foi. Le quatrième évangile souligne cet effet de l’union du croyant avec le Sauveur. Juger c’est examiner l’état moral de l’homme, constater si, en lui, le bien l’emporte ou le mal. Or ce jugement est inutile pour l’être qui, ouvrant son cœur au Maître, laisse le Maître agir en lui. Quel qu’il soit au moment où il se tourne vers Jésus, parce qu’il veut accepter le secours et la loi du Sauveur, il choisit par cela même la voie de la sainteté; ses efforts, ses désirs, sa vie tendent à l’imitation de Jésus; par la grâce du Père il atteindra le but, il veut être ce que Dieu veut qu’il soit, il est virtuellement saint. Mais comme cette virtualité n’est pas la réalité même, comme

Page 1