Mattli. xvi
2. Matth. vi, 2-4. Avec NBD il faut laisser tomber èv 7(7) ©avçp (7). Il est question dans le texte ou dans le contexte d’une faveur de Dieu accordée au jour de la parousie (W. Meyer, op. cit.).
l’homme peut toujours interrompre son ascension et déchoir, comme il ne saurait, livré à lui-même, par sa seule puissance, se vaincre et vaincre à jamais le mal, Jésus devient pour la personne humaine un appui nécessaire, pour Dieu un garant moral. C’est parce que le croyant est un avec Jésus, Jésus qui est la sainteté parfaite, que Dieu estime à l’égal d’une réalité la virtualité, et que l’homme peut transformer progressivement la virtualité en réalité.
Aussi croire en Jésus, être en Jésus, c’est, pour le quatrième évangile, non plus la condition du salut, mais ce salut même, possédé, réalisé, immuable. « Dieu n’a point envoyé son Fils dans le monde pour juger' le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est point jugé1 2. » Par la foi en Christ le croyant accepte la volonté de Dieu, se conforme au plan de Dieu, il n’a plus qu’à rester fidèle. Inversement et nécessairement, «celui qui ne croit pas est déjà jugé » ; il est bien inutile qu’un examen futur intervienne, le non-croyant ne possédant pas en lui-même le pouvoir de satisfaire à la loi de Dieu et refusant, en même temps, la possibilité qui lui est offerte d’y satisfaire en Christ et par Christ.
Jésus précise devant les Juifs ce qu’il affirme à Nicodème. Le Fils est l’envoyé du Père; Jésus ne fait que ce que le Père lui montre; en vertu de cette unité morale le Père a remis le jugement au Fils. Celui qui écoute la parole du Fils, celui qui croit au Père. — et ce sont là les deux aspects d’une même attitude — celui-là, déclare Jésus, ne vient pas en jugement. La raison, la justification de ce privilège, c’est que le croyant a la vie éter-
1. ‘/.OIVE'.V n’est pas la condamnation, mais la décision par laquelle le juge indique la nature morale de l’individu, si l’individu est digne du salut ou n’en est pas digne.