Jean ni
nelle, c’est qu’il est passé de la mort à la vie1. Ayant déjà la vie éternelle2, étant passé déjà de la mort à la vie, la personne est soustraite par là au jugement qui déciderait si elle peut hériter cette vie. D’autre part, la sentence prononcée contre les non-croyants ne surprendra pas ceux-ci; la parole qu’ils entendent, que Jésus annonce de la part de Dieu, sera le critère; il y aura moins jugement que confirmation, confirmation de leur volonté de ne pas venir à la lumière, de ne pas accepter la vie3.
En face de ce pouvoir de l’homme, opposé si souvent à son dessein, rendant si souvent infertile son effort, Jésus ne connaît — sauf en ce qui concerne les pécheurs volontaires et conscients — d’autre sentiment qu’une inépuisable charité. S’il a donné l’exemple de ce que l’amour peut faire, il a pareillement donné l’exemple de ce que l’amour peut supporter; sa tolérance est une partie de sa miséricorde.
Tolérance sans aveuglement; les reproches les plus véhéments s’adressent aux scribes et aux pharisiens; avec une audacieuse sévérité Jésus a flétri le formalisme dont ils se glorifiaient, f’égoïsme que voilait mal leur hypocrisie. Mais il a su, en juste juge, discerner ce qu’il y avait de fondé dans leurs prétentions, ce qu’il y avait de vrai dans leurs enseignements; loin de condamner en bloc leur doctrine, il a rendu hommage à leur attachement à la loi. « Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse; faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent4.»
Il n’a rompu avec les traditions des anciens que