Matth. xxni
lorsque celles-ci, simples théories humaines, contredisaient la loi divine; il a gardé le contact avec son peuple dans ses fêtes et ses cérémonies. Par égard pour la faiblesse de ses témoins et de ses interlocuteurs, il paie l’impôt du Temple, qui incombait à tout Israélite mâle à partir de sa vingtième année. Quelque peu fondée que fut la réclamation adressée au roi théocratique, au Messie venu de Dieu, il l’a acceptée « afin de ne pas scandaliser», dit-il1, afin de ne pas donner une idée fausse de sa personne et de son but.
Il ne s’élève point contre les habitants du bourg samaritain qui, englobant dans le même ostracisme tout ce qui touche à Jérusalem, refusent de le recevoir parce qu’il se dirige vers la capitale; il blâme ses disciples irrités qui proposent de châtier ces impies2. Il veut, au contraire, que Ton traite avec douceur et discernement ceux qui sont victimes de leurs préjugés; ce n’est pas le Messie que les Samaritains repoussent, c’est le cortège juif montant vers la ville abhorrée.
Adhérent dissident qu’une expérience suffisante n’a pas encore éclairé, ou exorciste juif témoin du pouvoir de Jésus et usant de son nom comme d’une nouvelle formule magique, les apôtres ont vu un homme qui chassait les démons en invoquant le Maître, et, parce qu’il ne marchait pas avec eux, ils l’en ont empêché3. Ils l’en ont empêché plusieurs fois sans doute4, et plusieurs fois aussi, par contre, le thaumaturge a refusé de se joindre à eux. Il y aurait donc chez lui une volonté nette de ne pas être un disciple direct. Et les apôtres posent l’alternative : être tel ou cesser d’avoir les mêmes