‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 95 sur 121 · Jean ni, 36; v, 24; vi, 40, 47; x, 28, etc · texte numérisé non relu

Jean ni, 36; v, 24; vi, 40, 47; x, 28, etc

Les exigences de Jésus sont encore justifiées par le fait qu’elles préparent au royaume des deux. Si le royaume est l’espérance des pauvres et des humbles1, c’est sa conquête qui suscite la véritable observation de la loi2, la persévérance jamais découragée dans le champ de travail du monde3, l’action unie à la foi et l’obéissance unie à la prière4, l’expérience que toutes les prétentions, tous les droits, tout l’orgueil sont autant d’insurmontables obstacles5.

Devenir les fils de Dieu, hériter la vie éternelle, entrer dans le royaume, ces trois locutions, le plus fréquemment employées sinon les seules, sont trois formes de la même pensée; elles expriment ce qu’est, ce que peut être plutôt l’avenir de la personne humaine.

Le milieu que suppose cette destinée diffère totalement du milieu ou évolue la vie actuelle. Le Père est parfait, la vie éternelle est la vie sainte, le royaume des deux a comme norme unique la volonté divine. Or Jésus constate que les hommes, tous les hommes sont mauvais. Il y a donc contradiction morale entre l’homme tel qu’il est et le milieu futur tel que Jésus le dépeint. Comme ce milieu ne saurait changer, comme la volonté de Dieu demeure la règle immuable du royaume, comme la vie sainte seule est la vie éternelle, comme le Père ne saurait cesser d’être parfait, il faut nécessairement, pour que la contradiction disparaisse, que ce soit l’homme qui change et s’adapte au milieu nouveau.

Ce changement, cette adaptation ont pris dans le langage religieux le nom de conversion, terme que les évangiles ignorent et que le Nouveau Testament tout

Page 1