Matth. v
du royaume1 2, tout comme le seront « les fils du malin â ». Tous les êtres humains sont appelés à posséder le royaume, mais ni ceux qui méprisent cet appel, ni ceux qui l’acceptent sans vivre selon la justice ne le posséderont3.
Les images par lesquelles est décrite l’existence nouvelle de la personne pourraient faire illusion; mais il faut arracher à leur contexte les paroles des évangiles, les interpréter à contre-sens, pour que l’illusion persiste, pour croire que le Christ impose une servitude. Sans doute le Maître veut que ses disciples, et parmi eux ceux qui ambitionnent d’être les plus grands, soient des serviteurs4, estiment qu’ils sont les derniers5, les plus petits6, choisissent les places dédaignées7, soient humbles comme des enfants8; il faut qu’ils aiment de toute leur âme jusqu’à leurs ennemis, qu’ils se donnent sans espoir de retour à ceux qui les repoussent9; et nul ne saurait ainsi se donner, ainsi aimer si tout d’abord il ne renonçait à lui-même. C’est bien ce renoncement qui est exigé du disciple10, non point un abandon découragé, une résignation passive, mais un sacrifice résolu et fécond qui ne recule devant aucune difficulté et aucune douleûr, qui s’appelle aussi : prendre et porter sa croix11.