‹ La peste de marseilleChapitre 11 sur 25 · LA CONCIERGERIE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

LA CONCIERGERIE DE TOULOUSE

Il était nuit close lorsque la voiture où se trouvait Georges en téte-à-lête avec l'exempt de la maréchaussée entra dans la capitale du Languedoc. Le grincement du fer des roues contre !es cailloux anguleux qui forment depuis un temps immémorial le pavé de Toulouse, et les soubresauts occasionnés par les ruisseaux des « ayeros » (éviers), dont la rue était coupée à chaque pas, en avertissant le prisonnier du parlement de l'arrivée l'arrachèrent à l'espèce d'abattement qu'on voit succéder toujours aux résolutions énergiques, mais pour le rendre à la réalité non moins triste et non moins poignante. Le lourd carrosse,- escorté par les archers , roulait bruyamment dans ces rues étroites et ombreuses. Çà et là quelques passants attardés se collaient au mur par mesure de précaution^ et le suivaient d'un regard effrayé; on entendait de loin en loin s'ouvrir quelques fenêtres ; mais, à la vue des plumets et des manteaux bleus des archers, elles se refermaient précipitamment, et les

femmes mêmes laissaient passer sans dire mot la proie des robes rouges.

Oppressé par ce silence glacial, qui pesait sur son cœur t comme un mauvais présage , Georges adressa, pour la première fois, la parole à l'exempt, et demanda où on le conduisait.

— A la conciergerie, répondit laconiquement le ba^ TL^ier de la maréchaussée.

— Arriverons-nous bientôt?

— Le Capitole est après la place que vous verriez là-bas s'il faisait jour.

Georges se pencha vers la glace du devant, et se retira pres^ que aussitôt avec un tressaillement involontaire. Il venait d'apercevoir l'ombre sinistre du gibet se projetant au milieu de la place que lui montrait l'exempt. Celui-ci se hâta de le rassurer à sa manière.

— Ce que vous voyez là sur le palais, dit-il en faisant un mouvement d'épaules, n'est que l'emblème de la haute justice du parlement. Les exécutions capitales ont lieu sur la place Sajnt-Georges.

— Singulier rapprochement, murmura notre prisonnier se parlant à lui-même: serait-ce encore un jeu de la destinée?...

— Non, monsieur; du courage, reprit d'un ton paterne le Dravé exempt, se méprenant au sens de ces paroles, et mù par le besoin de prodiguer des consolations aux captifs ; vous n'y êtes pas encore, grâce à Dieu ! et, quoique le chemin ne soit que trop battu, il y a peut-être loin du lieu où vous allez à la place Saint- Georges. Le parlement de Toulouse est renommé, j'en conviens, pour sa sévérité, et ceux q û passent par la chambre de la Tournelle en savent quelque chose ; mais on y regarde à deux fois avant de condamner des gens de votre qualité. Puis il y a le recours en grâce ; aussi, à votre place, moi , j'espérerais , mordieu ! jusqu'au dernier moment ! Au surplus, ajouta-t-il en forme de péroraison, vous allez vous reposer de la fatigue et des ennuis de ce voyage ; nous voici arrivés.

il2 LA PESTE DE MARSEILLE

La voiture s'arrêtait en effet devant un édifice massif et sombre, flanqué de deux tours en briques, dont les créneaux dominaient les maisons voisines. Huit heures sonnèrent lentement à l'horloge de l'une de ces tours, tandis que la grille fouillée de la grande porte criait sur ses gonds, et que l'exempt descendait avec son captif, suivi des trois archers qui avaient mis pied à terre devant le portail. Le commandant de la maréchaussée conduisit Georges dans la seconde cour du Capitole, non sans lui avoir fait remarquer, comme une agréable distraction, en traversant la première, l'endroit où fut décapité Montmorency. A deux pas de l'escalier voûté de l'arsenal s'ouvrait, à gauche , une porte basse menant, par une rampe de pierre, à la conciergerie. Un garde de l'hôtel de ville passa devant eux, et, guidés par les lueurs tremblotantes de sa lanterne, ils arrivèrent dans une sorte de vestibule noir enfumé et plein des vapeurs de la lampe qui l'éclairait seule jour et nuit.

Le geôlier, gardien et unique habitant de cette pièce sinistre, était un homme de haute taille, dont la tenue roide et martiale trahissait l'ancien mihtaire. Il portait une longue queue, un sabre sur le baudrier duquel étaient plaquées en cuivre les armes de Toulouse, et un trousseau de grosses clefs passé dans sa ceinture. Il reçut le prisonnier avec les formalités d'usage ; et après avoir inscrit la mention de son arrivée, mais point son nom, le décret du conseiller de la cour souveraine le défendait, sur le registre d'écrou, il se mit en devoir de procéder à l'incarcération. Le précédant en silence, cet homme lui fit d'abord traverser deux salles pleines encore de cette vapeur nauséabonde que laisse la foule, et qui puaient, en outre, le tabac et le vin à soulever le cœur; puis, après avoir suivi des corridors d'où s'échappait au bruit de leurs pas, 2omme une bouffée d'orage, un sourd murmure de voix mêlé au cliquetis des chaînes, il le conduisit dans une pièce assez vaste mais affreusement délabrée du troisième élage, ec se disposait à se relirer en l'y enfermant à double tour, quand Georges l'arrêta d'un signe.

— Voulez-vous quelque chose, monsieur? demanda le geô lier en élevant sa lampe.

— De l'eau, de l'eau, au nom de Dieu! car la soif me dévore!

— Du vin vous ferait plus de bien, et je ne le vends pas chCT, marmotta le geôlier sans cacher sa mauvaise humeur.

Un écu de six livres, que Georges lui mit dans la main, le dérida subitement; il partit au pas militaire, et revint bientôt chargé comme une vivandière : il portait une de ces cruches vernies en vert, que savaient seuls élaborer alors les artistes de Saint-Papoul, une fouace, une bouteille de Villaudry, qu'il posa discrètement dans un coin , un manteau et une couverture sous un bras, et sous l'autre une chaise. La chambre ainsi meublée et approvisionnée en un clin d'œil, sans contravention à l'ordonnance, le geôlier sortit en faisant le salut militaire, et ferma aussi doucement que possible la porte à double tour.

Georges n'avait pas attendu son départ pour apaiser la soif fiévreuse qui desséchait ses lèvres^ et lui ôtait presque la parole. Quand il eut bu à longs traits, et jusqu'à perdre haleine, cette eau fraîche et limpide, il lui sembla qu'un baume délicieux coulait dans ses veines, et qu'il renaissait à la vie ; mais ce momentfut court,hélas! la douleur physique calmée à peine, la douleur morale se réveilla et le mordit au cœur. En se trouvant seul, il revint aussitôt à la Maison-Blanche. Quel coup de foudre dans sa vie! quel changement dans sa destinée depuis le matin ! A l'heure où il aurait dû signer son contrat de ma-

, riage, dans le salon de madame de Saint-Cyr, il était décrété de prise de corps, accusé d'un crime emportant la peine capitale, et sous les verrous du parlement! Le silence, les ténèbres, les rumeurs confuses qui montaient par moment des cours de l'hôtel de ville, augmentaient l'horreur de ses réflexions, et,

• quelque vigoureusement trempé que fût son caractère, il ne put trouver de repos sur le lit luxueux, pour la maison, que lui avait improvisé la reconnaissance du geôlier. La nature épuisée ne reprit ses droits que vers le matin. Un peu avant

l'aube, ses yeux se fermèrent ; il dormit deux heures du bon sommeil de la jeunesse, et s'éveilla tont à coup en sursaut lorsque le soleil emplissait la chambre de ses rayons vermeils.

Aussitôt debout qu'éveillé, car il n'avait pas quitté ses habits, Georges courut à la fenêtre de sa prison, et, se penchant vers l'épais grillage, écouta avec attention. Au bout de quelques instants, les sons d'une flûte de Pan bien connue retentirent dans la rue du Petit-Versailles, au pied de la prison. Il ne s'était pas trompé dans son rêve, Michel, l'ami fidèle, lui annonçait sa présence, Georges tordit un de ses gants et parvint à le faire passer à travers les barres rouillées du grillage. Les sons pressés et joyeux cette fois de la flûte des montagnes, et les aboiements de Pastour lui apprirent que le message était arrivé à son adresse.

Comme il songeait aux moyens de se mettre en communication avec le brave chevrier, le geôlier des capitouls se présenta. Il venait faire sa ronde du matin. Après les questions d'usage adressées au prisonnier :

— Monsieur, dit-il en hésitant, une main au sabre et l'autre sur la plus grosse de ses clefs, permettez-moi de vous demander si vous êtes médecin?

— Et chirurgien aussi, de par lîi Faculté, répondit Georges assez gaiement.

— J'aurais parié contre un toulza * mes cent livres de gages que vous étiez gentilhomme.

— Et vous auriez gagné, mon brave ; je suis le baron de Durfort

— J'en étais sûr ! le parlement ne recommande que les nobles ! Mais vous êtes baron et vous savez la médecine?

— Et tous les arts qui en dépendent. Maintenant, mon brave homme, pourquoi cette question?

— Je vais vous le dire, monsieur; il y a sous nos pieds uu (quidam qui voudrait vous parler.

i Ancirr.iio i.ioiiDaîc loiiloiisainc, un soii.%»

— Tout malade a le droit de réclamer mon assistance — Ainsi, monsieur, vous consentez à le recevoir?

— Oui ; qu'il vienne sur l'heure !

— Je vais vous le chercher.

Au bout d'un quart d'heure, en effet, le geôlier revint avec la personne annoncée ; mais qu'on juge de la surprise de Durfort, qui attendait Michel, en voyant entrer Jafifard dans sa cnambre. La justice, qu'il était dans l'habitude de traiter sans façon, avait pris ses précautions pour qu'il ne pût trop brusquement lui fausser compagnie. 11 avait les fers aux pieds, et une menotte, rattachée par une longue chaîne à la ceinture, serrait sa main valide. L'autre était si prodigieusement enflée qu'il n'avait pas été possible de lui passer le bracelet de fer. Au signe imperceptible qu'il lui fit en entrant, Georges comprit qu'il ne devait pas le reconnaître et se tut. Jaffard alors, s'approchant humblement, le pria de panser sa plaie.

Georges ouvrit sa trousse sans rien dire, la posa sur la chaise ; puis, s' adressant au geôlier, il lui demanda une cuvette et des chiffons.

— Je vais vous chercher tout cela, monsieur le baron, quoique, par la mordieu ! ce gueux-là ne mérite point l'honneur que vous lui faites !

Le geôlier sorti; Georges demanda rapidement à Jaiiara comment il avait su qu'il se trouvait dans la prison.

— J'ai entendu le chevrier, répondit celui-ci.

— Et tu as pensé qu'il n'était pas venu à Toulouse seulement pour vendre son lait. Mais la maréchaussée a donc découvert ton asile, que tu es prisonnier?

— Non je me suis rendu hier quand j'eus appris votre arrestation, pour vous payer quelques sous de ma dette, chirurgien ! mais ne perdez pas de temps ; il faut savoir ce que veut le chevrier avant le retour de ce coquin de porte-sabre!

— Savoir ce qu'il me veut, dis-tu? c'est impossible!

Le forçat sourit d'un air de supériorité, et reprit en levant le bras droit;

— Cherchez sous mon aisselle : ne voyez-vous pas une poche?

Georges plongea la main dans l'un des plis formés par les haillons multicolores dont se composait l'habillement de Jaffard, et en retira une longue corde au bout de laquelle pendait un petit sac de toile.

— Bien! dit le forçat; attendez maintenant que j'avertisse le chevrierl

Se collant aux barreaux, Jaffard siffla deux ou trois notes aiguës de ces airs que chantent les pâtres sur les crêtes pyrénéennes. La flûte de Pan de Michel répondit aussitôt.

— Yite, monsieur! dit le forçat, dépêchez-vous. Nous tendons ce petit sac aux passants pour demander l'aumône; faites-le descendre aux pieds du chevrier.

Georges s'empressa d'exécuter cette manœuvre; bientôt la corde se tendit et on lui imprima d'en bas une secousse.

— Remontez-la, remontez-la vite, monsieur! j'entends le geôlier qui revient !

En un clin d'oeil, tant il y mettait de hâte, la corde fut ramenée; Georges saisit le petit sac, le palpa avec un vif battement de cœur, et des pleurs de joie mouillèrent ses paupières : il contenait une lettre... une lettre deSylvine!

Il avait à peine eu le temps de cacher la lettre et la corde lorsque le geôlier rentra avec ce qu'on lui avait demandé. Maîtrisant son émotion, Georges pansa le blessé, pria le geôlier de lui apporter son déjeuner dans une heure et se vit seul enfin avec un immense et inexprimable bonheur. Pour se figurer ce qu'il sentait, il faut se reporter à ces jours de délicieux souvenir qui brillent une fois au moins dans la vie, où tenant dans sa main et dévorant des yeux la lettre de celle qu'on aime, on fuit, on cherche le coin le plus reculé pour s'y cacher et lire avidement, puis relire encore ces caractères tracés par une main chérie. Plaeé dans l'angle le plus profond de la fenêtre toute radieuse de soleil, Georges ouvrit lentement ce papier dont l'élégante écriture lui rappelait sans cesse les doigts effilés

et la taille svelte de Sylvine. Malgré le trouble que révélait chaque ligne, il vit dans cette lettre qu'elle avait deviné et pressenti quelque noble sacrifice. Quand une femme aime sincèrement, elle épanche toute son âme, et comme l'amour est le délire de l'égoïsme, elle souffre avec peine tout sentiment qui ne lui est pas personnel. En louant son courage, le dévouement qu'il se disposait sans doute à montrer, elle se mettait, à son insu peut-être, devant ses projets et le rappelait à elle detoutes les forces de son âme. Puis son désespoir de cette séparation si brusque et si poignante éclatait à la fin avec tant de véhémence, les angoisses qu'elle laissait voir étaient si vives qu'il fallut toute l'énergique résolution de Georges pour ne pas en être brisé.

En lui apportant son déjeuner, qui ne ressemblait guère à l'ordinaire des prisons, le geôlier le trouva tout pâle; il en fut si contrarié, mordieu ! qu'il se mit à frapper du pied et à secouer la tête en imprimant un mouvement de va-et-vient à sa longue queue, pendant qu'il rangeait des plats sur un guéridon à pied tordu. Sa besogne finie, il ôta son tricorne et, la maia gauche au sabre, dit solennellement :

— Monsieur le baron est servi l

— Merci, mon brave homme! je mangerai plus tard, répondit Georges avec effort.

— Monsieur le baron me pardonnera si j'insiste, mais il convient qu'il mange maintenant et qu'il prenne des forces ; il en aura besoin bientôt.

— Ah 1 pourquoi donc ? demanda Georges qui tressaillit comme le bon cheval de guerre au souffle du péril.

— Dans une heure ou deux, peut-être avant, on viendra chercher monsieur le baron pour l'interrogatoire.

— Puisqu'il en est ainsi, à table et que notre corps affaibli ne se dérobe pas sous l'âme !

L'avis du geôlier était bon ; Georges achevait son déjeuner à peine, que l'exempt qui l'avait amené à Toulouse venait le prendre dans une voiture fermée, et ne le quittait qu'après l'a-

voir conduit au palais et mis en face du conseiller chargé de l'enquête et de l'information. Ce magistrat, un peu plus jeune mais d'une gravité plus sombre que M. d'Aigues-Yives, était assis au fond d'une petite salie à voûte basse et poudreuse, derrière une table chargée de papiers ; il portait la robe rouge et le mortier a galon d'or, et son grefBer, une robe noire barrée alternativement de bandes d'écarlate et d'hermine. Un Christ au-dessus de la tète du magistrat et «ne sellette devant la table, voilà les seuls meubles de cette salle aux murailles froides et nues.

L'exempt se retira après avoir introduit son prisonnier, et le conseiller, montrant d'un geste la sellette, commença l'interrogatoire. Georges dut prêter serment, déchnerses nom, prénoms, âge, demeure et quahtés, et répondre article par article, sur les feàts de l'information. Le conseiller, suivant la marche torhieuse de la justice de l'ancien régime qui ne visait jamais qu'à embarrasser l'accusé, soit pour surprendre la vérité en le mettant hors de garde, soit pour arracher à son trouble l'aveu du crime, lui demanda d'abord s'il était à sa connaissance qu'une bande de faux monnayeurs fut établie dans la montagne Noire.

Georges répondit affirmativement. Interrogé ensuite sur le nombre d'individus dont elle se composait, il déclara l'ignorer.

— Cependant, dit le magistrat, leur repaire vous était connu, puisque à votre arrivée vous vous êtes empressé d'y descendre.

Georges répondit simplement en feisant connaître les motifs qui l'y avaient amené. A sa grande surprise, cette explication si naturelle parut produire le plus mauvais effet sur le magistrat; il secoua la tête et dit d'un ton silencieux :

— Toute cette histoire, monsieur, choque trop le bon sens et la saine logique pour être acceptée par la justice. La conduite que vous auriez tenue serait assurément fort belle, mais à qui ferez-vous croire que le scélérat bien connu par lequel vous avez failli être assassiné, non-seulement vous rend une valise contenant vingt-quatre raille livr^, c-e qui est impossible.

mais pousse le dévouement jusqu'à venir se livrer lui-même au parlement pour témoigner en votre faveur et confirmer vos dires !

— L'homme dont vous parlez, répondit Georges doucement, me doit la vie.

— Vous le connaissez donc ! glfipit le magistrat de sa voix aigre.

— Je l'ai soigné et guéri de la peste, quand j'étais chirurgien-major sur les vaisseaux du roi.

— Hum! murmura le conseiller en fronçant le sourcil, voilà un singulier état pour un homme de votre rang, et il vou? ? procuré de bien mauvaises connaissances. Tenez, monsieur de Durfort, ajouta-t-il d'un air sévère, laissez ces subterfuges et répondez dans l'intérêt de votre cause fortement compromise par le témoignage du forçat. Connaissez-vous, oui ou non, le chef de cette bande?

— Je le connais, répondit Georges.

— Et vous avez refusé de le désigner dans l'enquête?

— Comme je le refuse maintenant, monsieur, car l'honneur me fait un devoir de taire son nom.

, Sommé à plusieurs reprises de changer de système, Georges garda le silence; alors le magistrat déclara froidement l'interrogatoire clos et renvoya le prisonnier en lui disant d'une voix menaçante de réfléchir et de prendre conseil de la nuit, car il comparaîtrait le lendemain devant la grand' chambre pour le dernier interrogatoire, la confrontation et le jugement.

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